Forum RPG dans l'univers de Saint Seiya (Les chevaliers du Zodiaque)
 
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 A la croisée des chemins

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Minos
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MessageSujet: A la croisée des chemins   Lun 16 Sep - 23:33

Arrow Je viens d'ici

La boucle était presque bouclée. Chaque secondes qui passait me rapprochaient d’avantage de mon éveil complet. Déjà mes yeux et mes cheveux avaient repris la couleur qui les avaient toujours caractérisés, le saphir et l’argent. Le temps était venu pour mon retour, et cette ville m’étais devenue inutile, inutile, tout comme le chevalier que je laissais derrière moi sans même lui adresser un regard.

Tout était fini en ce qui me concernait, bientôt plus rien ne me lierait à cet endroit désormais condamné où deux Olympiens s’affrontaient. Un combat d’un niveau totalement hors de ma portée, et de ce que me révélaient mes sens, rien, absolument rien aux environs ne pourrait venir endiguer leur puissance. Cette ville, et tout ce qu’elle contenait allait subir la fureur des immortels, mais alors je serais déjà loin.

*C’est navrant pour toutes les âmes de spectres s’étant fait amener ici, mais bon. Le temps nous les rendra, et nombre de potentiels chevaliers périront sous les coups des Olympiens, c’est un bon compromis.*

Froid et mécanique, implacable et méthodique, tel avait toujours été mon esprit, faisant de moi le plus grand des trois juge des enfers, le seul à même d’appliquer systématiquement la Loi des Enfers en toutes circonstances. Qu’importe le crime, qu’importe le criminel, qu’importe les suppliques ou les menaces, rien ne pouvait m’entraver dans l’accomplissement de ma tâche sacrée, celle pour laquelle j’existais à présent depuis si longtemps, si longtemps que ma mémoire ne remontait pas jusqu’alors.

*Plus de deux mille ans d’existence… Plus qu’aucun mortel n’a jamais vécu. Combien de temps encore vais-je devoir exister avant de pouvoir recevoir le repos ?*

Bondissant rapidement de toit en toit, je gagnais rapidement l’entrée de la ville, ne prenant même plus garde aux environs déjà insipides à mes yeux, je guettais l’arrivé d’un cosmos bien particulier, celui de la chasseresse infernal, celui de la rose des enfers, celui de Carminia.

*J’arrive, belle étoile des ténèbres, j’arrive.*

Elle venait pour moi, je le sentais, elle savait où j’étais et accourait à ma rencontre.

J’avais pour ma part déjà perdu bien trop d’années en ces lieux, tant de jour passés à m’enterrer parmi tous ces pécheurs… Et la voilà qui venait pour moi. Sa venue coïncident avec mon éveil ne pouvait pas etre un simple hasard, le temps pour notre grand retour était venu, les enfers ressusciteraient avec nous en ce jour béni.

*Près de quinze ans depuis ma dernière incarnation… Carminia, où étais-tu alors, rose des roses ? Où étais-tu ?*

La précédente guerre sainte nous avait laissés exsangues. Cinq chevaliers, il avait suffi de cinq misérables chevaliers de bronze, pourtant parmi les plus grands guerriers que leur ordre ai jamais compté, pour tracer un chemin sanglant jusqu’en Elysion où ils avaient affronté et vaincu jusqu’aux dieux jumeaux, jusqu’à notre Empereur…

J’avais mis des années à accepter cette vérité pourtant évidente. La Terre ne serait plus en l’état s’il e avait été autrement.

Nous avions donc subis une nouvelle défaite face aux forces de l’espoir, nos plus grands adversaires. Mais encore une fois, nous nous relèverons, encore une fois, nous les combattrons pour nos idéaux, encore et encore, jusqu’à la victoire finale.

*Une seule fois, il nous suffit d’une seule fois pour voir nos rêves devenir réalité.*

L’inévitable arriverait, malgré la force et le courage des chevaliers, nous avions l’éternité et la justice de notre côté, pouvaient-ils en dire autant ?

*Cette fois, cette fois sera encore un pas de plus vers la dernière des batailles. L’apocalypse attends depuis trop longtemps maintenant.*

Il fallait en finir, cette ronde perpétuelle, ce cycle sans fin de réincarnation et de guerre sainte devait prendre fin. Cette fois, nous vaincrons.

*Mais avant d’entrer en guerre, il nous faut nous regrouper, voir l’étendue de nos forces, et préparer notre plan d’action.*

Carminia saurait m’aider dans cette tâche, elle saurait m’aider sur bien des points, y compris sur les capacités de ma nouvelle incarnation.

*Si semblables à présent… Un signe du destin ?*

Je me remémorais alors notre passé commun, un passé remontant à plus de deux-cent ans, là où je la voyais aux côtés d’une misérable larve à l’apparence humaine, indigne de poser les yeux sur le surplis du vampire et encore plus indigne de porter nos couleurs. J’avais alors enragé jusqu’à en perdre la tête, puis le seigneur Hypnos était apparus et avait suivi un long sommeil de près de cinquante ans. Mais à mon réveil, le vampire n’était plus. Disparu, tout simplement introuvable, comme si son étoile s’était éteinte, ou plutôt, comme si son sommeil n’avait pas été défait comme les nôtres.

*Hypnos… Encore lui.*

Décidément le dieu du sommeil avait une manière bien suspicieuse d’administrer nos forces, mais même moi ne pouvait remettre en cause sa loyauté envers nos idéaux. Lui plus que tous autres marcheurs du ciel souhaitait voir notre utopie devenir réalité, bien qu’il le faisait pour ses propres raisons.

Retombant tout en douceur aux portes d’entrées de la ville tout auréolé d’améthyste, je ne répondis nullement aux salutations des gardes assurant fidèlement leur poste, sans le savoir jusqu’à ce que la mort ne vienne les prendre. Fixant alors le monde des Hommes s’offrant à moi, je sentais en cet instant comme le dernier lien me retenant à Sparte s’effilocher, je fis un pas en dehors des murs d’enceinte, puis un autre, puis encore un autre…

« Je suis là Carminia, viens à moi spectre du vampire, viens à moi rose de toutes les roses. »
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Alicia
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   Sam 21 Sep - 15:57

==> L'Ange des Ténèbres vient d'ici

Allégresse, tout n'était qu'allégresse. Depuis son départ de White Rose, elle ne pouvait que ressentir au mieux la signification de ce mot. Allégresse, joie immense qui l'inondait, la faisant presque chanter alors que ses lèvres si douces demeuraient closes. Allégresse à laquelle s'ajoutait l'ivresse. Ivresse du vol, de la liberté et de sa renaissance tout en flammes et en sang, ivresse de la soif de vivre et des courants glissant sous ses ailes d'ambres et d'onyx. C'était si grisant de se laisser ainsi portée par les vents, entourée de ses compagnes, chantant tout en choeur. Si beau si magique que cela faisant remonter une foule de souvenirs. Entourée d'Etoiles aux innombrables lueurs, elle se rappelait de ces soirs où elle chantait accompagnée de la harpe de la sombre Pandora. C'était de ces nuit uniques où la fête battait son plein aux Enfers ou au fil des couloirs d'Heinstein. Tous les arts s'y retrouvaient en un éclat à la fois sombre et envoûtant. Souvent, elle offrait des teintes spéciales à ses petites compagnes allant jusqu'à les rendre phosphorescentes. De tels artifices semblaient plus que superflus mais l'effet lui était si magique accompagné de celui des papillons du spectre du même nom et autres que nul ne pouvait rester de marbre devant ce tableau plus que grandiose. Pas même toi, mon cher Minos...

Cher ?


Elle s'était surprise du qualificatif employé. Cher, cher à son coeur...

Un sourire s'épanouit soudain sur ses lèvres redevenues roses. Ce qu'elle paraissait douce et rêveuse en cet instant. Si seulement, elle avait pu se contempler, Calia ne se serait pas reconnue. Elle si belle et si passionnée en était encore davantage sublimée. Tant de douceur en elle quand elle se remémora un combat entre eux.

Pourquoi dresser les spectres les uns contre les autres ? C'était un non-sens pour elle, la plus somptueuse de toutes les Célestes. Le charme et le Mystère s'attachaient à ses pas. Tout se trouvait en partie caché, jamais, elle ne s'exhiberait comme une Succube ou pire une de ces vulgaires sirènes de Poséidon se complaisant dans son rôle de potiche ou pire. Ses souvenirs des Marinas n'étaient pas bons mais moins pires que ceux des Guerriers d'Asgard lorsque le perfide Loki avait trouvé de l'aide au sein de leur élite et de leur dragon. Cet homme, ce monstre au visage d'homme avait souillé le nom de l'Alpha en la torturant pour son seul plaisir sadique et celui d'Héphaïstos. Etait-ce ainsi que tous deux passaient leur rage de ne point être aimés, pas même d'une chienne galeuse ? Au fond, on n'avait que ce que l'on méritait, ces Ases indignes de leurs divinités et l'affreux boiteux amer qu'elle avait autrefois croisés n'avaient pas fait le poids face au jugement des Moires ou des Nornes, ils s'étaient effacés, noyés dans le temps alors qu'elle, elle avait retrouvé les siens encore plus auréolée de beauté et d'espoir qu'auparavant.

La Bête, la Bête en elle s'était éveillée sous les yeux de Minos, le juge du Griffon. Cela l'avait plongée dans un état si horrible qu'elle en était encore tremblante de honte mais le spectre Céleste, le plus puissant des trois juges, lui, l'avait ramenée. Il l'avait ramenée et ne l'avait point jugée. Mieux encore une lueur de fierté s'était dessinée sur ses traits. Ce que cela l'avait enchantée et emplie de fierté.

Un autre sourire sur son visage qui n'avait de cesse de s'adoucir.

La fin de leur combat, la douceur de sa poitrine nue contre la peau brûlante du juge. Son regard et son expression heureuse quand elle avait percé sa peau et pris son sang. Elle se souvenait des bras puissants du juge autour d'elle, de leur contact si intime. Ce torse imberbe mais si viril qui l'avait embrasée à son seul contact...

Une lueur rêveuse en son regard de rubis. Son cognait avec tant de force sous son sein. Puissant et passionné tout comme elle, il reflétait sa nature secrète. Sa nature aimante et capable de tout donner pour ceux qu'elle choisissait. Une telle pureté était unique dans le monde des spectres mais pas inattendue. Après tout, les Etoiles du seigneurs jugeaient les âmes des défunts alors comment pourraient-ils le faire s'ils étaient encore plus pourris que ceux qu'ils condamnaient aux prisons ? Non, il fallait être irréprochables selon la loi des Enfers et montrer que la noblesse n'était pas que l'apanage des saints. Et parlant de noblesse, Calia leva à nouveau les yeux vers le ciel. Au firmament, brillait l'Etoile des Ténèbres, si délicate qu'elle échappait aux regards des hommes mais aussi à ceux de pas mal de chevalier. Contempler la spectre à la chevelure de feu et au teint d'albâtre nacré était une privilège et à ce titre, il en était de même pour son Etoile. Sa lumineuse Etoile capable de s'entourer d'un voile s'étendant comme dans un rêve merveilleux avant de tout recouvrir, tout aspirer. Telle était la Vampire, dévoreuse de vie mais si enchanteresse que bien des vies ne demandaient qu'à s'éteindre entre ses bras si doux. Douceur et chaleur, pour les élus et élus, promis et promises à la plus tendre des spectres. Splendide mais seule depuis la perte de Minos...

Minos... Et le Démon, l'autre, l'homme qui les avait séparés avec l'aide d'une usurpatrice souillant à jamais le nom de sa reine vénérée. A ce souvenir de Lydia, une larme se mit à briller au coin de ses paupières. Douloureuse si douloureuse comme le contact d'un fer porté au rouge. Pourquoi cela lui faisait-il si mal même encore maintenant ? Etait-ce un souvenir douloureux que Lydia s'était efforcée d'effacer ou plutôt nom de lui conserver pour qu'elle sache, qu'elle ne se laisse plus prendre à ce genre de piège. Celui qu'elle avait autrefois aimée et dont elle pensait être tant aimée l'avait trahie et cela avait été si fort qu'elle en souffrait encore maintenant. Tant que Lydia ne serait pas apaisée, Calia porterait son héritage en elle mais en même temps, elle ne pouvait que la remercier. Sa mère Céleste lui avait offert cette souffrance mais aussi un espoir qui valait plus que tout qui balaierait toute cette fange à jamais...

Un amour, un véritable amour m'est promis. Si proche qu'il aurait pu se révéler dans toute sa splendeur sans la cruauté de ceux qui nous envient tellement.

Cette pensée si pleine de promesses sous son auréole de mélancolie suffisait à lui offrir le réconfort auquel elle aspirait tellement. Soudain, elle aperçut les âmes se dirigeant vers le sombre royaume encore en sommeil. Calia était la première à s'être éveillée. Son regard ne pouvait que reconnaître les spectres en devenir morts bien trop tôt. L'oeuvre de deux futures divinités. Son poing se serra soudain avant qu'elle ne sente la Bête battre en son sein, tourner en rond dans la cage qu'était le corps de la Belle. Calia si désirable en cette nuit où elle n'était encore qu'un simple bourgeon, cherchant son soleil pour s'épanouir et s'ouvrir enfin. Belle si Belle, elle lui offrirait la danse de la Vampire, la danse de l'Etoile des Ténèbres et son Etreinte. Elle sentit soudain son coeur battre à nouveau. Tant de détresse en lui, tant de détresse en l'âme de Minos lors de leur ultime rencontre alors que les seigneurs Hypnos et Thanatos luttaient tous deux contre une énième invasion. Elle se rappelait son regard lorsque l'autre l'avait enlevée alors qu'elle gisait telle une âme en peine le coeur brisé par un chevalier...

C'était cela, un être s'était dressé entre eux qui étaient promis l'un à l'autre depuis tant et tant de siècles et, avec l'aide d'une affreuse usurpatrice, avait enlevé la jeune Vampire qu'était Lydia Lucrézia Carminia en cette lointaine époque.

Plus maintenant...

Calia ne savait pourquoi mais Hypnos l'avait maintenue en sommeil bien plus longtemps que les autres avant de lui permettre de revenir en ce monde et reprendre ce qui lui revenait de droit. Pourquoi, elle ne le savait point mais l'occasion de manquerait pas de l'apprendre. Le diadème d'or pur brilla un instant comme pour approuver la spectre. La rose des Enfers était liée à ses dieux qui l'avait comblée en remerciement de son dévouement. Calia le savait. La chasseresse n'avait point oublié et enfin, elle aperçut l'entrée de Sparte. Et lui, lui, le futur Griffon se tenait debout sous le ciel.

- Tu m'attends, Minos, et je viens vers toi. Je viens vers toi.

Ainsi, elle décrivit de longs cercles tout en se laissant descendre. Et tandis qu'au loin, les échos du combat entre les deux dieux en devenir se faisaient si durs, elle, elle se sentait en paix. Son chant ne tarda pas à s'élever tandis que le brouillard de la lune l'entourait. Un voile de Mystère s'abattit soudain sur l'entièreté de l'entrée. De calme et bleu, le ciel sembla se parer de rouge. Un spectacle unique et grandiose pour celui qu'elle rejoignait en ces lieux. Son ami, son supérieur, le juge du Griffon qu'elle tenait en haut estime et sans nul doute bien plus encore que cela. Lentement, elle s'était mise à sa hauteur avant de se poser tout en grâce. Tout d'abord, ce fut son pied tout en finesse sous son écrin d'orichalque sombre qui toucha le sol en un pas de danse tout en charme avant qu'elle ne se pose et ne s'agenouille devant lui en une révérence digne de plus magnifiques courtisanes de la lointaine cour de Versailles. De part et d'autre, les pans de sa robe aussi soyeuse que seyante s'étaient déposés en une corolle sublime sur le sol, accompagné par les flammes roux doré de sa chevelure subtilement parfumée. Elle était comme un rêve surgit des plus doux des songes du juge.

Puis, enfin, elle fit glisser ses bancs de brumes ainsi que sa cape avant de se relever et de s'avancer vers le Préfet de la Maison d'Hadès.

- Mon coeur s'emplit de joie à te retrouver, Minos, maître de la Tolomea et juge du Griffon. Cela faisait tant d'années que je t'attendais et maintenant nous voici face à face.

Puis, étendant doucement sa main vers lui, en un geste porteur de promesse, elle ajouta de sa voix au timbre si chantant.

- Mais avant toute chose, te souviens-tu de moi ? De nous, de cette nature qui est la nôtre et que tu t'es tant efforcée de cacher à ceux qui évoluaient auprès de toi en ces murs désormais briser.

Puis, son regard s'attardant sur la nuque qu'elle avait embrassée et percée de ces crocs, elle acheva.

- Te souviens-tu de nous ? De nos noms en cette époque, de ces noms qui restent les nôtres même si nous en avons des nouveaux qui ne sont aussi qu'à nous. Des noms que je souhaite avec tant d'ardeur que nous partagions...

Une invitation plus qu'explicite pour l'Ange des Ténèbres, Lady Carminia s'adressant à celui qui se nommerait désormais Raziel du Griffon.
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Minos
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 22 Sep - 17:08

Elle arrivait, portée par ses ailes d’ambre et d’onyx, je sentais la chasseresse infernale filer vers moi alors que le vent me portait déjà son parfum. Au loin et s'approchant à grande vitesse, mes yeux percevait la forme caractéristique du nuage de familier qui jamais ne manquait de l’accompagner, elle reine parmi les siens.

« Carminia… »

Tant son cosmos que son odeur enflaient à présent à mesure qu’elle approchait. Une sensation emplie de nostalgie qui déjà me replongeait à la sombre époque de la grande débâcle, l’époque des impostures où le couple infernal avait échoué, échoué à tous les niveaux et manqué à tous ses devoirs. Une trahison que je n'avais jamais pu leur pardonner.

*Tant d'années à cacher ma rancœur, tant d'année à feindre le pardon et la fidélité aveugle...*

« Viens ma rose, vient à moi. »

Avançant alors vers elle, j’oubliais Sparte, j’oubliais les deux divinités alors en plein éveil se trouvant à seulement quelques kilomètres de nous, j’oubliais tout, ne restait qu'elle, qu'elle et moi dans toute la création.

La voyant décrire des cercles au-dessus de moi, je fermais les yeux pour m’enivrer d’avantage de son parfum si envoûtant, propre à ceux de son espèce.

*Mon espèce désormais.*

« No-life queen, toi qui marche libre sous la lune… »

Et son pied enveloppé de surplis se posa gracieusement sur le sol, suivit bientôt de sa robe et de son genoux. Elle fidèle parmi les fidèles, la seule à avoir échappée aux deux derniers siècles de déchéance du sombre empire.

« Relevez-vous rose des roses, relevez-vous je vous en prie, ce n’est pas à vous de vous incliner devant moi. »

Elle seule parmi les spectres méritaient de rester droite en ma présence. Elle seule se voyait digne de moi, la plus belle et la plus noble de toute.

Prenant sa main avec douceur, le contact avec sa chair si douce me procura comme un frisson alors que la brume nous entourait, comme pour nous dissimuler aux yeux du reste du monde.

« Comment aurais-je put t’oublier, toi qui hante mes songes depuis maintenant plus de deux-cent ans… ? »

Je l’avais tant cherché, tant de fois j’avais souhaité interroger le sombre monarque sur la disparition de l’étoile des ténèbres, et tant de fois j’avais été éconduit. C’était alors que j’avais réalisé l’amère vérité. Il n’avait que faire de ses soldats, il n’avait que mépris pour nous, nous qui sans hésiter lui offrions nos vies. Sans Perséphone pour le bonifier, il ne valait pas mieux que les monstres que nous affrontions. Avions-nous ainsi été trompés durant toutes ces années ? Avions-nous suivit aveuglément un incapable orgueilleux et aigris dissimulant ses vices dans un linceul de droiture ?

« Je t’ai tant cherché Carminia… Tant de fois j’ai murmuré ton nom dans les ténèbres… J’ai été si seul depuis ta disparition, seul dans le froid de la Tolomea, seul sur le front, seul dans la non-mort… »

Déjà mes mains avaient glissé le long des bras cuirassés du spectre du vampire pour venir enserrer sa taille délicate avec une infinie douceur.

« Carminia… Lydia… »

Découvrant alors le diadème étincelant qu’elle portait sur son front noble et pur, je ne mis pas longtemps à comprendre sa provenance.

« Au moins il en est certain pour t’honorer à ta juste valeur. Certain méritant leur statut d’immortel. »

Pourrais-je un jour oublier les exactions des précédentes incarnations du couple impérial ? Pourrais-je jamais leur pardonner leur médiocrité affligeante ? Eux qui même aujourd’hui venaient gâcher mes retrouvailles avec Carminia ? Peut-être. Oui peut-être pourrais un jour leur pardonner, mais à jamais mon regard sur eux s'en verrait transformer. Pour moi, l'image mensongère d'être transcendant et parfait était à jamais brisé, et en cet instant, leur simple souvenir me donnait la nausée.

*Non, vous ne détruirez pas le bonheur de cet instant, je ne vous laisserez pas faire !*

Les chasser de mon esprit, les chasser loin de cet instant, cet instant qui ne devait rester dans ma mémoire que ravissement.

Me concentrant un bref instant sur le visage d’ange de Carminia, je plongeais mes yeux bleus dans les siens si rouges et oubliai alors tout le reste.

« Tu m’as tellement manquée, rose des roses. »

Resserrant mon corps contre le sien, je percevais déjà son souffle contre ma nuque, son pouls s’accélérant et sa chair se parant de vermeille.

« Lydia… »

Plongeant mon visage dans sa chevelure de feu, j'y fit glisser mon nez jusqu'à parvenir à sa nuque si blanche dont je percevais distinctement les veines seyantes. Si tentant, si tentante était cette gorge offerte à mes canines.

Etait-elle prête pour cela, ne me laissais-je pas emporter par l'émotion que me procurait nos retrouvailles ?
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Alicia
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 29 Sep - 12:35

Si grave et si tendre était sa voix. Elle n'avait point oublié. Jamais, Calia n'avait pu oublier cette Etoile de la Noblesse si proche de la sienne. Cet astre qui ne cessait de la suivre et la protéger. Le Griffon avait ses trésors et le plus beau, le plus précieux en son coeur était une autre étoile, une rose parmi les roses qu'il avait si souvent chérie sans pouvoir l'atteindre. C'était cela le drame des âmes soeurs, être séparées par la rancoeur, l'envie, la jalousie, la vile vengeance d'être incapables d'inspirer autre chose que le dégoût ou la colère.

A ce contact, Calia sentit son coeur faire un bond en sa poitrine, encore si juvénile, si douce. Blanche et rose comme une rose éclosant sous les premiers rayons de la lune. Douce, chaude et tendre sous son surplis et l'ensemble des tissus était la chair de la Rose Infernale. Si brûlante en cet instant qu'elle aurait pu balayer toutes les légendes sur la froideur légendaires des Vampires.

Mais qui nous connaît réellement ? Qui sait ce qui se cache au plus profond de ce coeur que nous ne sommes même pas sensé posséder ?

Un autre attendrissement, une nouvelle vague de chaleur en le découvrant debout, face à elle. Si tentant, cela avait été si tentant de simplement lui tendre les bras. De l'inviter à la saisir avec délicatesse, l'attirer tout contre lui. Cette odeur qu'il dégageait était bien celle des enfants de le Nuit, des êtres, tout comme elle, baignés de la grâce des Non-vivants.

- No-life Queen... Avait-elle répété, pensive, séduite par ces seuls mots la décrivant si justement.

Reine, elle était, effectivement. Reine d'un monde que si peu pouvaient toucher ou simplement effleurer du bout des doigts. Si douce, si belle, Calia ne pouvait détacher son regard brûlant de lui, Raziel le Vampire, Raziel, la nouvelle incarnation de Minos du Griffon. Un autre sourire et sa voix si chaude, porteuse de tout le trouble l'agitant s'éleva enfin. Claire et délicieuse...

- Est-ce cela le cadeau de nos maîtres, Raziel du Griffon ? T'offrir la chair immortelle et si convoitée des Vampires millénaires ? T'offrir la vie du Roi des Vampires et par là-même accepter de t'accorder ma...

Submergée soudain par l'intensité de ses propres paroles, elle ne put achever. Une telle vague de chaleur l'avait envahie qu'elle avait atteint la Bête sommeillant en elle depuis son éveil. Si puissante était cette face d'elle-même qu'elle en était irrépressible. A chaque seconde maintenant, Calia la sentait ruer en elle. Tous ces flux de pensées et d'émotions ne cessaient de la nourrir, de la faire enfler. Si puissante était la Bête que viendrait l'instant où sa force prendrait le pas sur la majesté de la spectre couronnée.

Si peur, si peur de moi, de cette face de moi. De cet instinct millénaire encore en sommeil au plus profond de mon propre corps, de cet instinct lié au sang et au carnage. La Guerre des Sangs ? Es-tu prêt à l'affronter ? A la mener, à en payer le prix pour pouvoir me retrouver...

Me retrouver et m'aimer...


Si intense était cet espoir. De tout son coeur, Calia Carminia espérait que ces sentiments fussent partagés. Partagés et sincères. Tout comme les autres Vampires, elle était capable d'aimer, entièrement sans mensonge sans tricherie. L'Amour chez les Vampires était sincère et entier, aussi puissant que leur Soif de Sang, plus encore même...

Calia sentait le sien s'éveiller à la lumière de l'Etoile du Griffon. Un autre choc, telle une décharge électrique, la parcourut quand il la toucha. C'était tellement intense pour la Vampire à la chevelure de feu. Tellement fort, aussi puissant que ce lien qui s'établissait entre eux à ce simple contact. La main de Raziel saisissant la sienne gantée d'orichalque. Si chaude qu'elle lui procurait tant et tant de frissons. Si intime était déjà ce premier échange. Ainsi, Calia se sentait comme emportée par un véritable déluge de sentiments, n'ayant que la main du Juge pour se raccrocher.

Est-ce cela le coup de Foudre que se plaisent tant à décrire les humains ? Les retrouvailles des âmes soeurs après des siècles de séparation ?

Troublée, elle l'était, intensément, si intensément tant était puissant ce sentiment qui ne cessait de croître en elle. Et si nouveau à la fois, depuis qu'elle avait bu à la source même des Vampires, jamais, elle n'avait rien ressenti de tel.

Le Sang ancestral des Carminia. Le Sang de la Vampire Couronnée, de la Reine des Jaguars, de la Rose Blanche et Ecarlate liée au Scorpion...

Tout cela renaissait et se fondait en elle. La Bête de nouveau rua. Sa force ne demandait qu'à tâter celle de ce Griffon qui se prétendait digne d'elle, digne de celle qui la renfermait si solidement en elle, au plus profond de soin âme, enchaînée et maîtrisée. Puis, de nouveau, ce fut sa voix qui l'attira, rejetant l'influence de l'autre aux tréfonds de son essence, de son sang sombre et sacré. Il lui parlait d'elle, de son absence qui lui avait tant peser. De sa recherche éperdue à travers les mondes pour la rejoindre enfin. C'était si touchant qu'elle ne put dissimuler davantage ses propres sentiments.

- Moi aussi, jamais, je n'aurais pu t'oublier, mon cher et noble Griffon. Toi dont les ailes me couvrent avec tant chaleur après m'avoir tant blessée. Car oui, tu m'as blessée alors ton âme que ton coeur aspirer ardemment à vouloir me sauver. En cette époque si lointaine où la folie a soufflé avec tant de force, le destin a fini par nous séparer avec une rare cruauté.

Carminia, je suis... Carminia, je n'ai cessé d'être... Carminia, je demeurerai.


Et saisissant sa main, elle la plaqua contre son surplis. Si proche d'elle qu'il semblait battre en harmonie avec son propre coeur, le surplis ne pouvait que refléter l'intensité de cette force qui ne cessait de croître en elle.

Ainsi est le Surplis Sanglant des Vampires, avide de sang et aussi magnifique que nous, aussi chaud et passionnée que nous, les Vampires Couronnée. Et elle reprit

- Raziel, Minos... Seule, moi aussi, j'ai erré. Seule, je me suis perdue dans la profondeurs de mes rêves. Loin de tous, j'ai entamé une longue guérison. Si longue fut ma convalescence. Seul notre seigneur Hypnos possède la réponse à toutes nos questions mais cela attendra. Seules nos retrouvailles comptent en cet instant.

Si lointaine m'a semblé la Toloméa. Si lointaine m'a semblé cette terre où nous nous sommes croisés. Cette terre que nous avions si souvent partagée et préservée. Tel un oasis au coeur des Enfers, elle était notre refuge et notre monde secret. Minos... Tu n'as pas oublié

Si heureuse, si heureuse. Rien ne pouvait me rendre plus heureuse que d'apprendre que tout est pardonné...


Une nouvelle vague d'émotions et de souvenirs la saisit lorsqu'elle sentit cette fois la hardiesse du spectre. Le juge avait, de tout temps, été un exemple de grandeur et de fierté. Un spectre que tous admiraient. L'un des trois plus puissants au sein de l'armée des sombres monarques. Sa hardiesse si soudaine plaisait à la chasseresse au teint d'albâtre mais il lui faudrait avant toute chose livrer la plus intense des batailles pour reprendre sa place à ses côtés, être de nouveau digne de l'Etoile des Ténèbres et effacer à jamais les souillures du passé.

Oui, se retrouver côte à côte à la source sacrée et enfin achever le passé, le détruire pour renaître en cette nouvelle époque qui serait la leur...

En elle, l'espoir renaissait, nourri par les sentiments que lui portait le spectre du Griffon. c'était ainsi que tout recommencerait. Elle le sentait tout contre elle et cela l'embrasait de plus en plus. S'abandonner à son contact entre ses bras était si tentant mais c'était trop tôt. Calia savait qu'elle n'en avait pas le droit, pas dans l'immédiat. Soudain, elle sentit ses mains dans ses cheveux et le diadème s'échauffer. Les mots qu'eut Minos à cet instant eurent le mérite de la ramener à la réalité avant que d'un simple souffle cosmique, elle ne fasse briller l'étoile apposée sur son front.

- Oui, et il n'est point le seul. Les dieux jumeaux ont veillé tous les deux sur moi. J'ai été reconnue par eux à ma juste valeur comme tu le dis si bien...

Le passé était-il aussi douloureux pour lui ? En cet instant précis, Calia sentit la tristesse du juge, la profonde déception du plus puissant des spectres. Qu'avait-il pu se passer durant son absence pour autant le marquer. Cette faiblesse, elle était la seule à la voir et en était tellement touchée. De nouveau, elle fut tentée de se donner à lui, entièrement mais il était trop tôt, bien trop tôt. Leurs regards ne tardèrent plus à se croiser à plonger l'un dans l'autre avant qu'elle ne l'entende de nouveau parler, de nouveau la nommer sous d'autres de ses noms.

- Oui, toi aussi, tu m'as manqué. Je suis Carminia, Lydia, Calia... Calia est mon nom est cette ère. Je suis elle, elle est moi. Tout comme tu es Raziel et Minos est toi. Ne crains pas ton éveil, il ne te détruira pas, tu continueras ta Non-Vie sans te perdre dans les méandres des souvenirs.

Lentement, elle sentit son souffle descendre le long de sa nuque tout comme ses mains soulevant sa chevelure. Souhaitait-il déjà la prendre pour épouse ? C'était cela qu'il se passerait s'il prenait son sang. Tous deux venaient de se retrouver en cet instant comme au lendemain d'un sommeil trop long mais était-il prêt ?

D'un geste délicat, elle le saisit avant de placer son visage face au sien et avant qu'il ne puisse réagir ses lèvres se posèrent sur les siennes. Lentement, Calia lui offrait le Baiser de la Vampire, intense et mortel pour autre que lui. Avec force, elle lui entendre les battements de son coeur, lui fit sentir la puissance de ses sentiments et enfin la rage absolue de la Bête qu'il aurait à affronter pour pouvoir enfin prétendre à elle.

La Guerre des Sangs ne tarderait pas à commencer mais son amour pour elle serait-il assez fort pour qu'il mette l'entièreté de sa Non-Vie dans la Balance ?

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Minos
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 29 Sep - 23:57

Le visage tout contre la gorge opaline du spectre du vampire, j’y discernais en cet instant l’intégralité du réseau sanguin transparaissant sous l’effet du feu qui nous embrasait. Devant la vision de tout ce sang brûlant et d’une incroyable puissance, le désir d’y plonger mes crocs devint si fort que ma bouche s’ouvrit d’elle-même tandis que sans un bruit s’allongeaient mes canines.

Mon souffle chaud me revenant au visage, j’entendais alors battre à l’unisson ces cœurs que l’on disait figés, abandonnés des dieux ; eux qui aujourd’hui rythmaient de leurs pulsions le moindre de nos gestes, le moindre de nos souffles…

« Lydia… »

Je repris mes esprits lorsque de mes dents, j’effleurais sans douleur la chair soyeuse de celle que j’aspirais tellement à faire mienne. Celle qui depuis plus de deux cents ans hantait le moindre de mes songes, celle que je désirais secrètement jusqu’aux tréfonds de mon etre depuis le jour où j’avais posé mes yeux sur elle. Elle qui avait révélé en moi ce que je croyais avoir détruit depuis si longtemps.

Refreinant alors tant bien que mal ces pulsions primaires qui menaçaient de prendre le dessus malgré mes sentiments les plus nobles, je me résolu à serrer les dents pour m’empêcher désormais de céder à cette envie irrésistible, cette envie de sang, l’envie de son sang à elle.

Me détachant alors du creux de son cou parfumé, nos yeux se croisèrent un bref instant avant que sa bouche ne vienne sceller la mienne dans un baiser qui me paralysa de son intensité. A travers les lèvres fines et délicates de la reine des vampires, tant de sentiments, tant de rage se voyaient déversés…

*Son cœur, son âme, et la bête en elle, la bête que je connais si bien, celle que tout vampire côtoie depuis sa naissance au monde de la nuit…*

Cette bête qui ne demandait que massacre et orgie sanglante, elle qui souhaitait voir des océans de sang versés en son nom. Cette volonté puissante, ivre de carnage et de destruction que tous, nous devions apprendre à contrôler sous peine de devenir des monstres, des bêtes sans âmes et sans cœur.

*Ce cœur qui t’a déjà tant couté…*

Un cœur qu’elle avait de tout temps suivit fidèlement, un cœur qui l’avait conduit à frôler la trahison au temps de la grande débâcle. Une trahison envers ses frères comme envers ses dieux qui aurait dut lui valoir la damnation éternelle dans les glaces du Cocyte. Un châtiment que je m’étais refusé d’exécuter, sachant la pureté de ses sentiments et préférant alors lui laisser une chance de rédemption. Un geste qu’aujourd’hui encore je ne regrettais aucunement. Carminia, elle valait plus que cent de ces serments insipides que tant faisaient pour mieux les trahir par la suite. Elle et son âme immaculée avaient plus de valeur à mes yeux que l’intégralité du sombre empire, désormais corrompu par la paresse, la lâcheté et la méchanceté, un empire de décadence à mille lieux de ce qu’il avait été jadis, au temps de ma nomination.

*Oh Carminia…*

Resserrant ma prise autour de sa taille, je fis se rencontrer nos deux corps pour la première fois en plus de deux siècles. Au travers de nos vêtements, au travers de son surplis, fort peu de choses pouvaient transparaitre, mais ce simple contact, ma seule proximité avec la rose des roses suffit à me combler de bonheur alors que de mes mains, je caressais les rares zones que son surplis ne couvrait pas.

En cet instant je sentais ses mains délicates se déplacer le long de mon dos et glisser le long de ma colonne vertébrale avec une dextérité propre à la reine des nosferatu. De ses griffes aigues, elle soulignait une à une les lignes de mon corps, et tout en variant leurs pressions sur moi, elle déclenchait au passage d’involontaires frissons de plaisir.

Par tous les feux du sombre empire, ce que je pouvais la désirer en cet instant. Que n’aurais-je pas donné pour avoir le temps et le lieu adéquat de lui retirer pièce par pièce son surplis avant de faire tomber ses vêtements, toutes ces protections me masquant sa gloire quasi-divine et se dressant entre nous.

*J’aurai tellement voulu que cet instant dure à jamais… Pardonne-moi Carminia.*

Avec une infinie douceur, je mis un terme à ce baiser. Avec mille et mille regrets je fis se séparer nos lèvres et achevai cet instant magique où la création toute entière s’était évaporée pour nous laisser seuls, seuls et enlacés dans cette brume nous dissimulant aux yeux de tous.

« Tes souffrances touchent à leur fin Carminia. Ce cœur d’or que ta poitrine dissimule, je le protégerai comme mon plus précieux trésor. Toi la rose des roses, toi la chasseresse des enfers. Ne te dissimule plus sous les mensonges d’autrui, sous l’apparence qu’ils voudraient que tu aies. Auprès de moi tu seras celle que tu aurais toujours dut être, tu seras la reine, ma reine et nos nuits n’auront plus de fin. »

Une nouvelle explosion cosmique d’une violence inouïe secoua la terre sous nos pieds, il était temps de partir.

« Quittons ce lieu que le seigneur Thanatos fauche de sa lame, nous n’avons plus rien à y faire. Partons ensemble, toi et moi, la rose et le griffon ensemble à jamais. »

Il n’y aurait plus d’errance, plus de recherches mêlées de doutes et de regrets. Je l’avais retrouvée, et à présent plus rien ne nous séparerait. Nos mains entrecroisées ne se quitteraient plus et lorsque la brume se lèverait, nous serions déjà loin.
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Alicia
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   Sam 5 Oct - 21:36

Soudain, un séisme se fit ressentir avec une rare violence, repoussant encore davantage la somptueuse spectre entre les bras de Raziel. Si loin se déroulait la rencontre à l'origine de cette secousse si opportune. Et pourtant, si puissante fut-elle, elle ne pouvait détacher les deux Vampires l'un de l'autre. Tout comme sa clameur ne pouvait surpasser les battements des deux coeurs se retrouvant. Calia et Raziel étaient tant préoccupés d'eux-mêmes que rien ne pourrait les séparer en cette nuit unique. Pas même le choc effroyable de la rencontre entre la Guerre et la Nature Sauvage.

Pas même eux...

Un sourire se dessina sur les lèvres de la Belle. Liesse que le Griffon pouvait ressentir au contact de sa chair si tendre à défaut de la voir avant d'y répondre avec le même enthousiasme. Tant de choses, tant d'émotions passaient en ce simple baiser au goût de sang et de souffre... Si fort, brûlant comme la flamme de la passion qui ne cessait de croître alors que leurs liens se recréaient, les enchaînant plus intensément à chaque nouvelle seconde qui s'écoulait sans qu'aucun d'eux ne cherche à s'en libérer. C'était cela la flamme de l'Amour, la plus grande de toutes les puissances capables de tout emporter sur son chemin. Tant de liens entre eux, sanglants et soyeux, liens de soie, de sang et de cosmos. Une toile unique à en faire rougir d'envie Arachnée elle-même et de là la glaciale Athéna. Que pouvait-elle y connaître à l'Amour Véritable, elle, la déesse sans coeur, sans entrailles, sans amant...

Huuuuuuuuuuummm

Un soupir d'aise lui échappa alors que tant de frissons les parcouraient encore. Tant de bouleversements et rafales en eux avant que le Souffle de l'émotion ne se fasse brise et que la chaleur ne devienne plus douce, comme la caresse du plus tendre des amants.

Le temps s'écoulait ainsi alors que Calia ne pouvait se détacher de lui. Elle l'aimait, ardemment. D'un amour aussi pur que désintéressé. Tant de fois, les deux âmes soeurs s'étaient retrouvées, approchées, presque aimées aussi bien charnellement que sentimentalement avant que la cruauté du destin ne les repoussent au loin. Tant de visages à détester pour cela : l'infâme imposteur ayant osé prendre les traits de leur reine, le sinistre et répugnant sacrilège qu'elle, cette femelle, avait osé prendre comme incarnation d'Hadès, un monstrueux violeur digne de passer la plus grande éternité en chacune des prisons avant d'être jeté à jamais dans les abîmes du Tartare avec sa catin du grand Nord. Un couple à l'extrême opposé de ce qu'était les vrais seigneurs du monde souterrain. Un couple qui serait un présent de choix pour les Titans et dont les noms étaient devenus synonymes d'infamie et des pires horreurs. Jamais personne ne s'abaissait ou ne s'abaisserait à les nommer, jamais plus personne ne les contemplerait sinon au sanctuaire des infamies, lieu où était conservé à la vue de tous et toutes les noms des pires damnés, sacrilèges, usurpateurs et criminels ultimes ayant osé porter la main sur les dieux. Et parmi cette liste si honnie, un nom trônait à la meilleure des places mais auréolé du symbole du courage et de la folie des hommes, un nom forçant le respect en dépit de tous ces crimes. Ce nom était celui de Seiya, Tenma et tant d'autres avant lui. Ce nom était celui d'un héros poussant la témérité jusqu'à défier les dieux eux-même par dévotion ultime envers celle qu'il avait juré de servir à jamais ainsi que l'humanité. Pegasus...

Pegasus, celui qui ne leur avait que trop souvent échappé. Viendrait un jour où lui aussi rejoindrait la liste des condamnés à la peine ultime et de tenir si leurs maîtres ne lui offrait pas une certaine reconnaissance de ses qualités compagnie aux titans et autres dans les tréfonds du Tartare dont nul ne revenait. Pas même lui, l'étalon aux ailes immaculées.

Une autre explosion se faisait ressentir au loin, accompagnée de son cortège de cris et de gémissements. En cette nuit, la mort ferait une magnifique moisson d'âmes fortes et dévouées. Tant de futurs spectres rejoindraient leurs rangs une fois leur éveil accompli. Quant aux autres, ce serait la cerise sur le gâteau. Et parlant de gourmandise...

Cette nuque qui est la tienne.

Elle aussi était consumée du même désir de la même force. Toute cette masse d'émotions et de pulsions entremêlés, fusionnés, à un point tel qu'elle menaçait à chaque instant de prendre le dessus. Leurs corps s'appelaient aussi certainement que leurs coeurs et leurs sangs. Tant de liens entre eux, jusqu'à leurs Bêtes respectives qui ne demandaient qu'à laisser libre cours aux plus primaires de leurs instincts en une explosion tout autre mais si colorée. Aussi rouge que le sang, aussi brûlante que la lave des volcans...

La Bête en moi rue de plus en plus, attirant la tienne pour qu'elle la rejoigne dans la Guerre des Sangs. La plus grande et la plus mystérieuse de toutes les épreuves. Seuls les Vampires la connaissant, seuls les Vampires peuvent en réchapper et accéder au sang primordial, au plus puissant de tous les calices, la Source sanglante des Carminia.

Si inaccessible que bien rares sont ceux en à conserver encore le souvenir. Un Calice si antique que seules les Vampires Couronnés peuvent s'y abreuver, s'y baigner. Seul ou en compagnie de celui capable de livrer la Guerre des Sangs et de conquérir le coeur de la Reine Ecarlate.


Une nouvelle fois, la question lui revenait. Etait-il prêt à mettre sa Non-Vie dans la Balance ? Tant d'espoir tant de crainte alors que toutes ses défenses tombaient une à une. Lentement si lentement avant que la réponse allait enfin tomber. Comme au lendemain d'un rêve inachevé, la rousse chasseresse sentit leur étreinte si intime prendre fin. Lenteur et délicatesse tandis que les mains et les bras du jeune homme se desserraient. C'était doux et douloureux, la tristesse de se séparer d'une situation que tous deux savouraient puis enfin, la voix de Raziel se fit entendre, altérée par le désir tout comme le timbre tout en harmonie de Rose infernale. Tant de flammes en ses yeux, encore plus intense qu'en sa chevelure rehaussée d'or et elle ouvrit les yeux, l'écoutant sans un mot, savourant ces paroles si porteuses...

- Raziel, tu es prêt à défendre mon coeur, à prendre vie à mes côtés et ne plus jamais ne quitter. Pour toi, je suis prête. Prête à prendre mon véritable envol, prête à briller de mille feux tout comme mon Etoile. Moi, la Vampire Couronnée, la reine des Jaguars suis prête à me faire Ange des Ténèbres pour toi seul, pour toi, pour ton coeur, pour ton amour. Je suis tellement heureuse de te retrouver enfin, mon compagnon, mon seigneur de la Tolomea...

Tant de fois, je t'ai entendu m'appeler, tant de fois, j'ai rêvé ces retrouvailles alors que plongée en mon sommeil infernal, je tendais les bras vers toi. Toi, dont le coeur sera mien et vivra au plus profond de moi.  


Quelques mots, juste quelques mots pour une éternité. Qu'était le temps pour des Vampires sinon un mirage, un rêve d'une vie révolue et enterrée avec la douleur de leurs anciennes vies de mortels. Tant de douleur que Calia avait enfermé en elle tout comme Lydia avant elle. Plus rien ne subsisterait de cette ancienne vie hormis ce coeur empreint de pureté qui était et resterait le sien, à jamais...

- A jamais avec toi...

S'entendit-elle répondre avant de déployer ses ailes, à l'invitation du Griffon. Le temps de Sparte était révolu, de Raziel le Préfet de la Maison Noire ne resterait que le souvenir en certains de ces proches. Avec cette nuit, une autre âme quitterait à jamais Sparte mais non en damné.

Toi, tu seras la plus éclatante des Etoiles, la Noblesse...

Puis, sa voix s'éleva.

- Oui, il est plus que temps, laissons notre seigneur Thanatos prendre ce qui lui revient de droit et laissons le destin s'accomplir. En cette nuit, la Rose et le Griffon seront à la croisée des Chemins, main dans la main...

==> Ecosse, le Manoir des Carminia
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