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 Quand liberté rime avec désillusion

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Hypnos
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MessageSujet: Quand liberté rime avec désillusion   Dim 9 Nov - 14:48

Arrow Ma reine et moi venons d'ici

Quitter la détestable compagnie toujours ambiguë de ma demi-sœur avec la reine de mon cœur fut pour moi comme une nouvelle libération. Sentant enfin mon royaume se revigorer à mon arrivée, l’ensemble du Rêve frémis alors que je rentrais à la maison.

"A moi aussi vous avez manqués mes enfants."

Des centaines de formes du rêve me saluèrent à l’unisson tandis que sous la forme d’un nuage de poussière d’or, ma reine et moi traversâmes les infinités dorés qui composaient le royaume onirique, des centaines, mais pourtant, certains manquèrent à l’appel, les plus grands d’entre tous.

*Etranges, où sont-ils donc passés ? Sont-ils trop occupé pour venir me saluer ?*

Ma disparition avait dû leur donner plus qu’une surcharge de travail, aussi sur le coup je ne m’inquiétai pas outre mesure et me contentait de leur envoyer un message télépathique les informant de mon retour, sain et sauf.

Mais lorsque je parvins aux abords d’Arcadia, monde jardin et joyaux de mon royaume, ce rêve que nous avions créé ma reine et moi il y a des siècles, et qui à présent semblait avoir été ravagé par la Guerre elle-même, je compris que quelque chose n’allait pas.

*Par tous les feux du sombre empire !*

D’un vert émeraude parsemé d’étendue turquoise, Arcadia était devenu un monde rouge comme le sang, luisant d’une lumière maladive rajoutant encore si besoin à l’aspect dégénéré qui s’en dégageait. Que s’était-il passé ?

"Prépare-toi Thalie, nous allons nous poser."

En m’approchant des miasmes de corruptions qu’émettait à présent Arcadia, je compris alors pourquoi certains de mes enfants n’étaient pas venus me saluer. Au sein des tempêtes de souffre et de sang qui recouvraient le monde jardin, je ressentis leur cosmos se débattre, luttant au sein d’un monde que ma reine et moi avions voulu hors de leur champ d’action, et dans lequel ils étaient maintenant piégés.

"Tenez bon mes enfants, je suis là."

Même si ce monde avait été jadis le rêve de ma reine avant que je ne lui donne une forme, je n’en demeurai pas moins le maitre du Rêve et du royaume onirique.

*Assez !*

Faisant exploser mon pouvoir sous la forme d’immenses vagues de poussière d’or s’élevant autour de moi comme autant d’immense ruban d’or, j’apaisais alors la tempête sévissant sur Arcadia d’une pensée tandis qu’à chaque seconde qui passait, je révélais d’avantage l’état du carnage.

Des vergers fruitiers, des sentiers forestiers, des estrades, des théâtres et des lacs d’eau pure, il ne restait que des cendres et des ruines. Quoi qui s’était passé dans ce monde onirique, cela l’avait entièrement dévasté, au point de le rendre entièrement différent, fondamentalement différent.

*Presque diamétralement opposé…*

La tempête essoufflée, mes plus grands enfants accoururent alors vers moi, épuisés, mais au comble du bonheur de me revoir.

« Morphée, Phantasos, Icelos, quelle joie de vous revoir !

Père !

Tu es libre !

Nous avons eu si peur de ne plus jamais te revoir… »


Une tendre étreinte entre un père et ses enfants plus tard, des larmes de joie plein les yeux, mes enfants parvinrent à calmer leur sanglot et reprendre contenance.

« Père, il faut qu’on te dise, Eris, elle est…

De retour… Oui je sais, je lui dois la liberté, ainsi qu’à Thalie. »


Me retournant alors pour poser des yeux plein d’amour et de reconnaissance sur la reine de mon cœur, je remarquais alors à la lumière de mon cosmos un étrange éclat pourpre dans ses yeux couleur turquoise, et bien qu’encore blond comme les miens, ses cheveux semblaient alors avoir des reflets roux vifs des plus vibrants.

« Père… Thalie est… »

Reportant mes yeux sur mes enfants, je vis sur leur visage une expression mêlant la peur et la tristesse alors qu’il fixait intensément du regard celle qui au fil des siècles était peu à peu devenu comme une mère pour eux.

« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Lun 17 Nov - 20:39

Mon roi et moi venons d'ici

Si bon, si bon était le chemin nous ramenant en notre jardin monde. Cramponnée au corps d'Hypnos que je serrais de mes bras, mon souffle dans son cou, je savourais simplement notre retour imminent chez nous. Loin, enfin, nous étions loin de cette démente insatisfaite de tout ce que le reste du monde possédait sauf elle. Le bonheur de retrouver l'amour de ma vie éclipsait un instant le désir de réduire en lambeaux celle qui m'avait fait tant de mal et qui, paradoxalement, avait aussi précipité mon retour en surface. Le corps encore blessé, je n'avais pas la force de la combattre mais cela viendrait tout comme le jour où elle serait exilée loin de tous et de toutes avec elle pour seule compagnie.

L’Éternité dans une boîte avec ses cris pour toute compagnie.

L'idée me plaisait et ne serait de toute façon que le grand final qui la précipiterait dans les limbes éternelles. La voir réduite à néant serait une telle délectation mais je devais frapper juste et fort et non laisser les sentiments de haine prendre le pas sur la raison.

La raison au service du carnage...

Ce que cette idée me plaisait. Faire de mes dons de Divine Inspiration, ces talents en moi une arme tout en étouffant ce qui donnait tant de puissance à Éris. Ce serait possible et Arwen s'avérerait d'une aide précieuse. L'amour que lui portait le petit Ange de Lumière était immense et calmer son inquiétude sur ce plan m'aiderait déjà à la maintenir en léthargie. L'état qui était le sien lors de sa chute avait favorisé ma victoire mais en même temps, je ne pouvais nier que certaines de ses pensées me perturbaient et qu'il fallait aussi que cela cesse et lui offre un sommeil paisible d'où elle aurait moins de chance de s'échapper.

Et puis, la froideur scientifique. Oui, apprendre à me blinder et ne rien laisser transparaître de la haine que je ressentais contre elle...

Devenir aussi froide que la glace, aussi dénuée de sentiment que le granit et enfin aussi solide que le diamant le plus pur...


Ma résolution prise, mon regard flamboya soudain. Je n'avais pas la force d'affronter Éris en cet instant, pas avec la menace qui planait encore sur ma tête.

Hypnos... Mon roi, mon époux, le seul être capable de faire battre mon cœur à m'en rendre folle, à m'en faire brûler.



Puis, soudain les teintes du jardin-monde d'Arcadia apparurent. A cette idée, je me raidis contre mon cher amour et attendit la suite. En ma mémoire, j'allais graver ces instants. Ils me nourriraient et me donneraient la force qu'il me faudrait pour tenir aussi longtemps qu'il le faudrait...

Instants annonçant la fin de l'illusion lorsque les premiers rêves vinrent saluer leur père. Une vague d'or et de joie fut notre premier accueil avant que je ne sente le changement en mon cher et merveilleux Lucian.

Cela vient de commencer...

Une nouvelle fois, je me raidissais mais pas assez pour l'alarmer. Face aux changements qui s'étalaient en vagues chaotiques sous ses yeux d'or, mon roi ne pouvait que comprendre la vague maladive qui s'était abattue sur elle. Rougeoyante, éventrée par endroit, l'ancienne terre de délices apparaissait défigurée de la pire des façons. Même la lumière semblait atteinte...

Telle serait le visage qu’Éris a voulu poser sur moi, son propre visage de mal et de haine...

Même ici, elle avait laissé une telle empreinte. J'étais la Muse Sanglante et non l'espèce de pantin dégénéré qu'elle aurait voulu faire de moi. Je n'étais pas Biarée et il en faudrait plus que ses venins pour me faire rendre totalement docile ou soumise à tes plans déments. Je ne souhaite nullement suivre ta danse. Jamais, tu ne seras mon chef d'orchestre, pas plus qu'Apollon. Qu'il poursuive dont son errance ou son sommeil, je n'ai plus rien d'une faire valoir.

Me libérer de la tutelle de ce sale efféminé aussi fourbe que cruel. Lui qui n'avait de beau que l'apparence...

M'émanciper, je voulais m'émanciper de tous et de toutes. L'Olympe avait fait mon malheur et failli précipiter ma fin au travers celle de l'Ange de Lumière. Au fond de mon esprit, j'entendais encore les paroles de Zeus, les mots si merveilleux qu'il avait soufflé à l'oreille de sa fille agonisante, occultant soigneusement impossibilité de ce futur bonheur...

Jamais, il n'aurait pu me rendre Hypnos tel qu'il était face à moi, tant de siècles de torture entre les mains des Érinyes...

Et comme pour m'arracher d'un souvenir faisant monter la rage en moi, la voix de mon amour s'éleva. Le regard qu'il portait à ce monde était si révélateur. Un autre coup de cette peste pour me meurtrir mais cela ne se passerait pas ainsi. J'avais l'amour de mon roi et je l'aimais, personne ne pourrait plus nous séparer. Le tout était de savoir comment lui annoncer cela...

Enfin, le temps même imminent n'était pas encore venu et sans attendre, je lui répondis.

- Oui, mon amour, ne perdons pas de temps...

Et me laissant descendre sur le sol sans le moindre heurt, je ne pouvais qu'assister à ce qui mènerait à la révélation qui ne saurait plus être retardée. Pour ma plus grande crainte, c'était devenu imminent...

- Et sauvez-les, mon roi...

Ma voix était quasi la même, je sentais l'inquiétude en lui. Cela était une plaie de plus que la Discorde fourbe aurait à payer de tout son ichor.

Maître du Sommeil, père des Rêves quelle ne fut la facilité avec laquelle, il se débarrassa de la tempête, laissant apparaître le nouveau visage du jardin-monde d'Arcadia.

Ce que cela doit te changer mon amour ? Te souviens-tu de ce monde ? De ce que ce décor renferme d'ancien en lui ? Rappelle-toi la France du XVIII siècle.

Sans un mot, je me gorgeais de ce que dégageait cet endroit, de ce qu'il rappelait en moi. J'étais debout, immobile près de lui, près de mon époux étalant de plus en plus son pouvoir sur le monde onirique avant qu'en émergent enfin ses enfants les plus puissants. Vision terrible qui sembla l'éloigner de moi. Je les contemplais tous les trois, tous trois se jetant contre lui, l'étreignant comme les enfants apeurés qu'ils étaient redevenus l'espace d'un instants. Des enfants dont le père venait de surgir et de repousser au loin l'ennemi. Tant d'embrassades et de cris de joie que j'écoutais sans fléchir, prenant le temps de me préparer. Et les premières paroles fusèrent...

- Hypnos...

Je n'avais fait qu'étendre les bras avant d'invoquer le don qui était le mien et de faire apparaître de quoi le faire asseoir...

- Hypnos... C'est moi, c'est moi, j'ai toujours été là...

Un regard vers les enfants d'Hypnos, ceux qui avaient si bien connue ma facette de lumière, l'aimant presque comme une mère et je pus y lire l'effroi et la tristesse. Aussi, je pris la décision de laisser apparaître la plaie...

Une marque au niveau de mon ventre, illusion de plus mais si lourde de sens...

- C'est moi...

D'un geste tendre, j'avançais les bras avant de poser mes paumes sur ses épaules, le faisant reculer pas à pas jusqu'à ce qu'il s'asseye devant moi. Son visage quasi au niveau de mon ventre. Blanc, lisse aussi doux que de la soie, il se para soudain d'une marque, rappelant un trou béant, une ouverture due à l'entrée d'une arme en elle qui l'avait comme traversée...

- Ce n'était qu'une attaque cosmique... Mais si puissante... Je suis restée vivante... Vivante malgré tout...

Le rouge s'écoula soudain alors que je maintenais de mes mains le visage d'Hypnos à hauteur de la blessure que m'avait infligée Hazama. Lui donner une apparence physique aiderait tellement.

- Elle m'a torturée mais je suis encore là...

Le rouge augmenta soudain alors que mon masque tomber.

- Elle m'a empoisonnée mais je suis encore en vie, encore en viiieeeeee... Tout comme les Gémeaux, je suis en vieeee...

J'avais mesuré le moindre de mes mots alors que mon apparence était redevenue celle de la Muse Sanglante. Baissant la tête, je contemplais Hypnos assis devant moi, examinant encore la plaie que j'avais reçue.


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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Mar 18 Nov - 13:48

« Morphée, qu’y a-t-il ? Dit moi ? »

Je connaissais ce regard, c’était celui de quelqu’un ne sachant pas comment dire à un être aimé une vérité impossible à faire paraitre au moins non douloureuse. Mais si en cet instant, le monde calciné et dévasté d’Arcadia était le témoignage vivant de ce qui s’était passé dans l’esprit de ma reine entre mon jugement et nos retrouvailles, ce n’était pas ce qui causait les mines dévastées de mes enfants.

Fixant alors la reine de mon cœur avec une inquiétude à chaque seconde grandissante, je réfutai d’abords ce que mes sens commencèrent à me faire sentir. Puis, ce furent ma mémoire et ma logique qui à l’unisson me scandèrent l’affreuse vérité alors que celles qui me faisait face maintenant me faisait reculer par les épaules avec douceur.

« Non… C’est impossible… Tu as été détruite il y a deux cent ans. Réduite à néant de nos mains. »

Inquiets et affaiblis par la tourmente qui avait ravagé ce monde, mes enfants se massèrent dans mon dos comme pour faire barrage aux intentions de celle qui avait usurpé jusqu’à l’amour de Thalie.

« Non ne lui faite rien, c’est encore le corps de Thalie ! »

J’étais à présent revenu comme il y a deux cents ans, face à un monstre à l’apparence de celle que j’aimais le plus au monde, et qui pour mon plus grand malheur, en partageait le corps.

« Maintenant je comprends pourquoi Arcadia ressemble à un désert de sang et de cendre. Tu peux te voiler de mille manières Bloody, celle que tu es au fond de toi, je n’ai qu’à regarder autour de moi pour la voir. »

Serrant les poings et les dents alors qu’elle me faisait lentement m’asseoir, m’amenant toujours plus près de ce corps si superbe qui n’était pas le sien, je prenais la pleine mesure du génie démoniaque de ma très chère demi-sœur et de son plan.

« Elle t’as recrée… J’aurai dut le comprendre quand je t’ai vu massacrer de tes mains Tisiphone. Dire que j’ai cru à une hallucination... »

La joie de retrouver la lumière de mes jours m’avait rendu encore plus aveugle que la plus myope des taupes. En vérité je n’avais simplement pas voulu voir. Je croyais l’avoir retrouvé, et cela m’avait amplement suffit.

Et alors que mon visage s’approchait doucement du ventre d’albâtre de celle que j’avais tant de fois parcouru de mes doigts, une plaie à peine cicatrisée y apparut, comme la marque faite avec une arme à ce trésor de beauté et de perfection.

Je voulais alors y remédier, le soigner du mieux que je pouvais, mais ma main s’arrêta en plein mouvement. Je n’avais plus ma reine de lumière devant moi, seulement un parasite ayant investi son corps. Mais alors pourquoi feindre l’amour ? Pourquoi avoir feint de vouloir se suicider devant moi ?

Je devais résister à ses tentatives évidentes de séduction, je n’étais pas une bête esclave de son désir, et celle que j’avais devant moi n’était pas moins méprisable que celle à qui elle devait jusqu’à son existence. Un pantin d’Eris, un héraut de la Discorde visant à détruire ce que j’avais de plus précieux dans toute la création.

*Eris…*

Sur le moment je ne pus m’empêcher de la maudire de toute la force de mon âme pour ce qu’elle m’infligeait. Malgré des millénaires à l’avoir côtoyé parfois de très près, malgré le fait que je savais pertinemment qu’en faisant cela je ne ferai que la nourrir, c’était plus fort que moi, plus fort que tout, ou presque.

*Tu es pitoyable. Notre amour sera toujours plus fort que tes manigances, tu pourras ressusciter ton pantin mille fois, mille fois nous le renverrons au néant.*

Du sang se mit alors à sortir de la plaie ventrale de Bloody, et sur le coup, je ne pus m’empêcher d’y porter la main pour stopper l’hémorragie. Ce fut alors que je réalisai qu’il ne s’agissait que d’une illusion, une de plus.

« Elle t’a torturée ? Empoisonnée ? Arrête de te faire passer pour ma reine, tu n’es pas elle ! Tu ne l’as jamais été et tu ne le seras jamais ! Tu lui ressemble trait pour trait mais tu ne lui arrives pas à la cheville ! Tu n’as pas d’âme ! Tu as son visage mais tu n’as pas sa flamme ! »

Comment ma reine avait-elle put encore tomber sous la domination de cette pathétique imitation ? Même avec tous les venins de la Terre, elle n’en demeurait pas moins une déesse, qui plus est porteuse d’un amour que je savais invincible. Jamais elle n’aurait ployée le genou face à Bloody, et cela même Eris n’y pourrait jamais rien changer.

Réfléchir, je devais réfléchir, faire le point. Comment devais-je agir à présent ? Sans le savoir, Bloody venait de me donner le pourquoi de son retour. Eris avait simplement réitéré ce qu’elle avait fait par le passé, sauf que cette fois c’était à une déesse qu’elle s’en était prise, et pas simplement à son incarnat humain. Qu’est-ce qui avait bien put donner à Bloody la force de surpasser en puissance ma reine ?

« Arrête… Arrête par pitié… »

Toujours plus près d’elle, je sentais ma raison défaillir devant le désir que j’avais pour celle à qui appartenait ce corps parfait. Même si à cet instant, c’était une autre qui en avait les commandes.

J’étais proche, si proche d’elle, et c’était bien ce qu’elle voulait. Mais pourquoi le voulait-elle ? Quel était ce désir qui lui brulait les entrailles et qui faisait briller ses yeux pourpres avec un tel éclat ?

*Est-ce…? Non c’est impossible !*

Pourtant c’était bien de l’amour que je devinais dans les yeux de celle qui selon moi ne pouvait qu’être soif de sang et folie furieuse. Eris avait-elle donc acquise tant de puissance qu’à présent elle sache même contrefaire les sentiments les plus nobles de ses victimes ?

« Tu ne peux pas m’aimer, tu ne peux savoir ce qu’est l’amour ! »


*Non, c’est un mensonge, une illusion de plus. Elle ne peut pas m’aimer, elle ne sait que détruire.*

Tout n’était que mensonge, manipulation. Tout jusque dans ses nouvelles manières à la fois audacieuses et sensuelles, tout jusque dans son ton vibrant d’un désir et d’une passion à peine contenue.

De ses mains délicates, me tenant par les cheveux, elle s’approchait toujours d’avantage, m’ôtant jusqu’à l’envie de m’évader au fur et à mesure que plus enivrant devenait son parfum, le parfum de ma reine.

*Non, aussi semblables qu’elles puissent devenir, Bloody est toujours Bloody. Elle ne sera jamais Thalie.*

Mais que pouvais-je faire alors ? La repousser ? La combattre ? Cela ne ferait que blesser le corps de ma reine. Seule Thalie pouvait renverser sa sanglante imitation, et elle ne pouvait le faire qu’à l’intérieur de son esprit. Je devais trouver un moyen de ramener ma reine à la surface, et de lui donner suffisamment de force pour vaincre encore une fois le parasite que ma très chère demi-sœur avait placée en elle.

*Thalie…*

Elle était là, quelque part, derrière le rouge de ces yeux et de ces cheveux, et si je ne pouvais l’atteindre par des mots, je pouvais essayer via d’autre moyen.

"Ne restez pas là. Je vais tacher d’épuiser Bloody pour que Thalie puisse revenir. Soyez prudent de votre côté, et n’oubliez pas, si on me demande je suis toujours enfermé avec les Erinyes pour seule compagnie."

Adressant alors un dernier message télépathique à mes enfants, ce fut alors qu’ils s’éclipsèrent comme dans un soupir, nous laissant seul Bloody et moi au milieu d’un monde en ruine.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Lun 24 Nov - 20:24

A la hauteur de mes pensées, de mes prévisions...

Le regarder, contempler le changement de son expression, de son regard à mesure que la réalité s'imposait à son esprit. Chaque nouvelle seconde distillait son fiel, son poison.

Tant de changement en ton regard, mon cher amour. Quel contraste avec la première lueur dans tes yeux lors de nos retrouvailles...

Si différent de celui qu'elle avait pu contempler. Effectivement, le déni, la tristesse, l'horreur, le chagrin et le dégoût, tout cela s'était succédé, mélangé, entremêlé sur son visage si aimé avant qu'il n'éclate soudain me crachant sa haine en pleine figure.

Qu'il me haïsse faute de me connaître réellement était un fait que je devais encaisser. Si mal pourtant, venant de celui que j'aimais du plus profond de mon être, cela me faisait si mal. Sa méconnaissance de moi, de Thalie, de nos liens, tout cela était la bouée à laquelle je me raccrochais pour ne pas éclater et foncer sur lui pour lui déchirer la gorge...

Déjà mes griffes paraissaient, s'effilaient ne demandant à refaire ce qu'elles accomplissaient si bien.

Tais-toi...

Combien de fois ces deux mots me transpercèrent l’esprit. Combien de fois avais-je eu l'envie de bondir sur lui, de le frapper et d'enfin lui fermer la bouche de mes mains mais je devais me contenir. Je n'étais que sang, haine et mort selon ses propres dires. Le jardin monde était mon reflet mais tout cela n'était rien que le fruit de sa méconnaissance.

Misérable...

Si dur, c'était si dur de ne pas se laisser aller à cette nature sanglante qui était la mienne. Je n'arrivais qu'à peine à voiler la fureur en moi, la fureur hurlante capable de tout faire crouler sous sa loi. Arcadia, le jardin monde que de mes propres mains, j'avais modelé selon le souhait du dieu que j'aimais. Une nouvelle salve menaçait à nouveau en moi avant que je ne me ressaisisse.

Non, je dois me calmer. Elle avait prévu cela, elle avait prévu cela depuis le début...

Une larme de sang avait glissé le long de ma joue alors que je voyais ses fils se masser derrière lui. Ils n'hésiteraient pas. Dans leurs yeux et leurs cosmos, je le sentais, ils n'hésiteraient pas. Me détruire était une évidence à leurs yeux tout comme la peine infinie qu'ils éprouvaient à l'idée d'avoir perdu Thalie.

Ils l'aiment donc tant que cela ?

Jamais je n'aurais cru connaître cela auparavant. Je me souvenais en effet des paroles lourdes de cruauté envers Hypnos. J'avais même fini par me convaincre que c'était lui que sa chère sœur visait à travers ma facette lumineuse. Lui dont elle voulait arracher le cœur plus que tout au monde. Lui qu'elle avait du aimer en une époque...

Nous, torturer, elle ne pense qu'à nous torturer en se servant de notre amour... Cette pourriture.

Non, je ne suis pas sa marionnette. Jamais, je ne le serais...


Le voir, lui, si fort si fier aux prises avec les flots de douleur et rage folle envers elle, envers moi. Moi, le parasite que tous rêvaient d'écraser définitivement.

Vraiment... Vous oseriez...

Contrairement à l'Ange de Lumière, les fils d'Hypnos ne m'étaient rien. Jamais, je n'hésiterais mais une nouvelle fois, la voix du blond fils de Nyx s'éleva.

- Non, je n'arrêterais pas... Jamais, jamais, je ne te ferais de mal. Jamais, je ne te tendrai de piège. Ne sois donc pas étonné, je t'ai dit qu'elle m'a torturée avec son cosmos, ses venins. Que tout était cosmique. Il ne reste rien de la marque de ses sévices mais je les ai endurés. Au fond, elle n'a fait que parachever ce que Zeus avait commencé. Que penses-tu donc qu'a pu subir Thalie en ton absence. Elle, moi, nous étions massacrées et sans défenses. As-tu donc oublié notre martyre...

A nos échanges de plus en plus troublés, de plus en plus intenses, je sentais les défenses de mon merveilleux Lucian décliner lentement. Son désir faisait écho au mien et plus que tout, il commençait à réaliser la réalité de l'amour qui se dégageait de moi. Cet amour et ce parfum qu'il ne pouvait que reconnaître.

Une nouvelle fois sa réaction fut violente. Une nouvelle lame enfoncée en ce cœur qu'à ses yeux dorés, je ne pouvais pas même posséder.

- Pourquoi en doutes-tu ? Je suis Thalie, je suis elle et elle est moi...

M'avait-il crue, je n'en savais rien mais au moins j'eu la satisfaction de voir ses enfants disparaître. Entre nous, le dialogue allait enfin débuter. Un instant où je pourrais le convaincre, lui faire voir ce qu'il s'obstinait à refuser et puisqu'il s'y refusait, je l'obligerai à me regarder et le renversant sur le sol, je l'enfourchais pour le coincer sous moi, plongeant mon regard dans le sien, usant de la puissance qui était la mienne pour qu'il ne puisse s'esquiver à mon regard.

- Tu te souviens, Hypnos ? Tu te souviens n'avoir pas usé de te force lors de notre première rencontre. Ose le nier et ose ouvrir les yeux sur ce qu'il s'est passé ce jour là. Rappelle-toi donc !!! Rappelle-toi que je te tenais de la sorte et te martelai de mes poings blessés...



Puis, lui attrapant les cheveux avant de les tirer doucement pour l'empêcher de fuir dans son propre monde onirique et comploter je ne savais quoi contre moi, je poursuivis.

- Rappelle-toi, je n'ai jamais été un pantin, rappelle-toi que même sans les venins, je n'avais pas réellement disparu.

L'amener, je devais l'amener à réaliser que j'étais bien plus que ce qu'il croyait.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Lun 1 Déc - 18:16

A ma demande, mes enfants disparurent à l’unisson, me lançant un dernier regard d’appréhension avant de s’en retourner à leur mission respective. Pour un temps tout du moins, je devais rester prisonnier dans l’esprit des immortels, incapable d’agir et surtout incapable d’endormir les hommes et les dieux, cette tache reviendrait donc pour un temps à mes enfants, eux qui pendant ce temps deviendraient mes yeux et mes oreilles.

Bien sur mon évasion et surtout le massacre des Erinyes qui l’avaient accompagnée ne resteraient pas secret éternellement, mais pour le moment, j’avais plus urgent à penser, plus urgent à faire que de me préoccuper de cet avenir-là.

Ma reine, la lumière de mes jours avait besoin de moi, et je comptais bien la faire revenir à la surface de sa propre conscience.

Encore une fois, Bloody et ma très chère demi-sœur avaient profitées de son amour et de son cœur sensible pour la doubler, mais avec mon aide, ce serait ces mêmes faiblesses qui deviendraient ses armes, celles avec lesquelles elle vaincrait encore une fois ce parasite se faisant passer pour elle.

Mais pour cela, je devais l’atteindre, la réveiller alors qu’elle devait avoir été plongée à son tour au plus profond de sa propre conscience par la muse sanglante. Je ne pouvais attaquer de front Bloody sans en même temps endommager à la fois le corps mais aussi l’esprit de Thalie auxquels la muse sanglante s’était attachée comme une sangsue vorace, mais je pouvais, si je parvenais à l’atteindre, faire en sorte que Thalie elle-même s’en débarrasse, comme elle l’avait fait par le passé.

Mes mots avaient déjà fait leur chemin dans l’esprit de Bloody, et à ma grande surprise, elle ne se laissa pas aller à la soif de meurtre qui était la sienne, et tint bon.

Elle avait changée, et plutôt en bien je devais l’admettre, elle semblait bien moins enragée que par le passé, bien moins sanguinaire. Dans son regard écarlate, au-delà de la colère que lui inspiraient mes réactions, je découvrais de la déception, et des regrets, comme si elle tenait vraiment à me convaincre de la véracité de ses dires.

*Thalie… M’entends-tu ? Es-tu là ? Fait moi un signe, n’importe quoi… Que je sache que tu peux me répondre…*

Je ne pouvais même pas lui envoyer de messages télépathiques de peur que Bloody ne les interceptent. Je ne pouvais qu’attendre, et guetter.

En suivant Bloody sur le terrain de sa passion qu’elle désirait tant assouvir, en l’épuisant littéralement à la tâche, j’offrirais à Thalie l’occasion de remonter à la surface.

*Toutes les ficelles du métier y passeront, si j’y suis forcé.*

Endormir un dieu n’était pas chose aisée, mais j’avais déjà réussi à fermer les yeux au père de l’Olympe par deux fois contre son grés, alors Bloody ne serait pas un défis.

Cependant, avant de simplement la mettre en sommeil pour trouver une autre solution, il demeurait une chance, une petite chance pour qu’ici, au sein d’Arcadia, le monde onirique de ma reine, Thalie parvienne à revenir, réunissant ainsi les deux muses de la Comédie dans une nouvelle et ultime bataille d’esprit dont une seule pourrait sortir vainqueur.

*Il doit bien y avoir une trace d’elle quelque part sur cette planète. Bloody avait son miroir, Thalie doit avoir un équivalent, je dois le trouver.*

Et déployant alors mon sable d’or aux quatre coins d’Arcadia, je pus enfin me concentrer sur la muse sanglante et son prétendu amour tandis qu’elle me fit basculer au sol pour me forcer à la regarder droit dans les yeux.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Mar 9 Déc - 20:50

Seuls nous étions seuls en ces terres dévastées, si belles, si attirantes et fatales comme moi. Loin, nous étions, loin de tous et de toutes et même des Oneiroi qui nous avaient laissés avec tant de regret dans la voix. Leurs regards m'avaient même donné des envies de meurtre mais par chance pour eux, j'avais d'autres priorités en tête dans l'immédiat. Des projets tournant autour de mon roi, des soucis qui rejetaient au loin mon projet de vengeance contre cette sale peste d’Éris. Jamais, elle ne prendrait le pas sur mon cher Hypnos, jamais et je me devais de lui faire enfin comprendre que moi et sa précieuse petite muse adorée ne faisions qu'une et une seule.

C'était le premier pas sur le chemin où je souhaitais tellement l'emmener. Le rassurer et l'amener à réaliser que ses certitudes à mon égard étaient fausses tout comme celles de Thalie, chose qui m'avait surprise et intriguée. Si c'était l'oeuvre de la Discorde, je finirais bien par l'apprendre et remonter encore davantage dans notre passé commun. J'étais certaine qu'une des réponses se tenait en moi et qu'avec le temps, je pourrais la trouver mais pour l'instant j'avais un Hypnos étrangement calme sous moi. Pas une fois, le maître du Sommeil n'avait tenté de s'échapper. Chose qui m'avait plue, je devais l'admettre. Moi qui avais cru qu'il m'aurait rejetée voir jetée de force loin de lui. Son dégoût pour moi aurait été moins fort que je ne le pensais.

- Tu es bien coopératif, Hypnos, mon amour, mon cher amour. Dois-je comprendre qu'enfin, tu m'acceptes ? Que tu acceptes l'idée que nous ne sommes qu'une et une seule ? Juste deux facettes de la Comédie...

Je t'aime. Je ne peux que t'aimer.

Et prenant sa main pour la poser de force sur mon cœur, sur cette chair brûlante qui était la mienne, prête à s'embraser au moindre de ses gestes. Je l'aimais plus que tout et plus que tout, j'étais prête à lutter, tuer et massacrer pour lui. Ainsi apprendrait-il que moi, la Muse sanglante, n'étais aussi aimante, aussi douce et abandonnée qu'entre les bras de celui qu'elle avait pris pour époux depuis déjà tant d'années. Que m'importait le reste, rien n'avait de lien avec moi sinon lui. Enfin, pas tout à fait. Quelques autres fibres tendres vibraient bien en moi mais elles n'étaient que pour de rares personnes dont ma chère enfant Arwen...

L'une des premières erreurs de cette peste d’Éris, sous-estimer la plus grande puissance de la Muse de la Comédie et des muses en général mais cela viendrait en son temps. Seul Hypnos comptait présentement, lui et le besoin essentiel de lui ouvrir enfin les yeux sur moi sur nous et lâchant une main qu'il laissait appuyée contre mon cœur pour en sentir toute la chaleur, je lui murmurais suavement de cette voix qu'il chérissait tant.

- Sens comme il bat pour toi. Sens la douceur et la chaleur en moi sous mon voile sanglant. Pour toi, pour toi, je suis prête autant à massacrer et assouvir mes désirs de meurtres et de massacres que les mettre en veille pour te plaire. Les mettre en veille si tu trouves un moyen de retenir mon attention continuellement sur toi. Ce qui ne devrait pas trop te poser de problèmes.

un petit clin d’œil explicite pour appuyer le tout et je poursuivais.

" Je t'aime, je t'aime plus que tout. Sens-le. Sens ce baiser que je t'offre. "

Que m'importait que je fusse souillée du sang de ces monstruosités ambulantes d’Érinyes, qu'une odeur sulfureuse se dégageait de moi en plus de celui de la cendre et l'ichor, je n'avais qu'une envie et hors de question pour moi de la repousser. Aussi, sans attendre, je maintins fermement les poignets que j'avais saisis avant de me plonger sur lui et de l'embrasser voracement. Il était une divinité plus que puissante et si cela le répugnait tant, un seul geste suffirait à se dégager mais ce n'était visiblement pas dans son idée...

A ma plus grande joie, cela ne l'était pas.

" Sens mon amour, sens que nous sommes une. Rien que ce baiser devrait t'en offrir une telle confirmation...

Laisse mon esprit communier quelque peu avec le tien. Je t'aimmmmmeeeeeeeeeeeee... "




Et le laissant entrer sans la moindre résistance en mes pensées, mon propre monde, je lui offrais la possibilité d'enfin me contempler telle que j'étais.

- Oui, Hypnos, essaie de penser autrement qu'en cette époque qui a vu notre première rencontre. Pense à notre fille, plus que tout autre, elle aura besoin de parents capables de la défendre, de l'aiguiller contre le mal que représente Éris. Mon cœur est le même que celui de Thalie car Thalie et moi somme une seule et même déesse...

J'avais mentionné notre enfant, espérant que cela le ferait aussi réfléchir et nous permettre de mettre s'il le fallait cette discussion en suspend.

- Pense à notre fille, pense à nous, pense à moi... Je t'aime, je t'aime plus que tout. Toi qui m'a donnée une si merveilleuse enfant et qui sais, m'en donnera sans doute bientôt une autre...

Je t'aime, je n'ai jamais cessé de t'aimer. Rappelle toi la malédiction. Ce n'est pas de moi que tu dois te méfier mais d'elle, de ta chère demi-sœur, elle qui me désire tout autant qu'elle te désire. Même si pour elle, ces mots n'ont absolument pas leurs significations premières.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Jeu 11 Déc - 18:34

Avec une passion et une fougue bien à elle, Bloody, de ses caresses et de ses baisers, m’invitait de la plus exquises des manières à la découvrir en détail.

Ce qui au début n’avait été que de l’appréhension et du dégout s’était maintenant changé en fascination puis en désir. Je ne pouvais le nier, la voir ainsi si attentionnée, si pleine de désir pour autre chose que le carnage était une vision des plus bouleversantes.

La muse sanglante serait-elle donc autre chose que ce que son nom laissait suggérer ? Cet amour qu’elle éprouvait pour moi était-il donc capable de la transfigurer comme cela s’était passé pour Coré en son temps ?

« Bloody… Je ne sais plus que croire, sinon ce que me souffle mon cœur. Toi et Thalie êtes liés, cela n’a jamais fait aucun doute dans mon esprit. Mais là où auparavant je ne te voyais que comme un parasite, une peste qu’il fallait éradiquer, je crois maintenant te découvrir comme une partie d’elle, au même titre que ne le sont les deux facettes du chevalier des Dioscures. »

L’accepter ? Le pouvais-je encore ? Même si j’acceptais le fait qu’elle et Thalie ne faisait qu’une, c’était de Thalie que j’étais tombé amoureux. Que devenais Bloody en ce cas ? Elle qui avait le même visage, le même corps, le même amour…

Et alors qu’elle m’embrassait passionnément, elle m’offrit sur un plateau d’argent le libre accès à ses pensées, alors entièrement focalisée sur moi. Son amour n’était pas feint, pas plus que son désir. Où que me portaient mes voyages dans son esprit, je m’y trouvais omniprésent.

*Elle m’aime vraiment… Tout est vrai. Elle et Thalie sont une seule et même personne.*

Via ces pensées pour le moins explicites, via ses souvenirs identiques à ceux de ma reine de lumière, je ne parvenais déjà plus à établir de véritables différences entre elles. Hormis la couleur de cheveux et leurs manières plus ou moins directes, au fond, elles étaient les mêmes, du moins de ce que j’avais pu découvrir dans le flot de l’esprit bouillonnant de la muse sanglante.

« Arwen… Notre enfant. »

Changeant alors radicalement de sujet pour recentrer la conversation sur notre enfant, Bloody disait la vérité. Maintenant qu’Eris s’était dévoilée, nous savions quel danger notre enfant encourait, ce danger qu’elle ignorait totalement, que tous ignorait pour ainsi dire. Si je ne pouvais aller rencontrer ma chère enfant en personne de crainte d’être découvert, envoyer mes autres enfants la trouver serait tout aussi idiot, eux qui en plus n’avaient pas vu ce que seul Bloody et moi avions vue dans la prison où j’avais été retenu.

Non, aucun de nous ne pouvaient aller physiquement à Sparte pour la rencontrer. Il faudrait donc la faire venir à nous, et pour cela, le mieux était encore de lui fermer les yeux.

« Endormir Arwen ne sera pas aisée, c’est une déesse après tout, cela ne passera pas inaperçu, mais personne d’extérieur à Sparte ne peut en pénétrer du regard ou des sens le triple sceaux divin. Cela nous laissera le temps de lui apprendre ce qu’elle doit savoir pour sa sécurité. »

Mais était-elle vraiment en danger ? Eris, ou plutôt son alter-égo masculin, l’avait côtoyé pendant plus de dix ans, sans jamais lui faire le moindre mal malgré sa nature maléfique. Alors pourquoi changerait-elle d’attitude maintenant ?

Eris semblait avoir de grands projets pour Arwen, des projets incluant le Grand Œuvre. Mais quelles étaient les chances de voir cela aboutir ? Aucuns dieux, pas même Zeus ou les dieux primordiaux ne possédaient la puissance nécessaire à une telle action. Même si l’Olympe tout entier s’alliait dans ce but, cela ne suffirait pas. Pour accomplir un tel miracle, il ne faudrait pas loin de toute la puissance conjugué des deux grandes familles divines qu’étaient d’une part les descendants de Nyx et d’autre part ceux de Gaia, ce qui était proprement impossible à réunir en un seul être.

Eris ignorait-elle cela ? Non, je ne le croyais pas une seconde. Elle savait pour le Grand Œuvre, chose dont même ma reine ne pouvait se targuer, alors elle devait savoir aussi pour les conditions de son accomplissement.

*Qu’a-t-elle en tête ? Elle qui semble si certaine d’y arriver ?*

Son désir implacable de voir les choses en mouvement était-il donc le seul responsable ? Tout ceci n’était-il donc que du bluff ? Où y avait-il donc vraiment quelque chose derrière tout cela ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir. Explorer la psyché de ma demi-sœur pour en découvrir les secrets. Un moyen que j’avais grande répugnance à utiliser, plus encore avec un esprit aussi retors et fractale qu’était celui d’Eris, mais je n’avais pas le choix.

« Il nous faut la prévenir Bloody. Je vais l’endormir, et tu n’auras qu’à la prévenir pour Eris. Même si je ne pense pas que ma demi-sœur lui veuille le moindre mal, elle a le droit de savoir qui est vraiment son ami Hazama. »

Et tandis que je resserrai mon étreinte sur elle, je ressentis une présence encore ténue mais bien réelle non loin d’ici, alors que mon sable d’or l’entourait délicatement de son étreinte protectrice et régénératrice pour doucement la renforcer.

Nous étions ici au sein du monde onirique de la muse de la Comédie, et même si elle avait deux esprits, au sein de ce monde, cela voulait dire qu’elle pouvait y apparaitre toutes deux, comme elles l’avaient fait par le passé. Et maintenant que j’avais trouvé ma reine, la réunion des deux faces de la Comédie n’était plus si éloignée.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Jeu 25 Déc - 16:48

- Huuuuuuuuuuuuummmmmmmmm...

A ses mots, je ne pus retenir un sourire radieux. Ces paroles bien qu'encore rudes à mon égard montraient déjà une telle évolution. Aussi, je relâchais quelque peu la pression, le laissant respirer et prendre lentement conscience de ce qu'il avait pu voir en mon esprit. Moi aussi, je l'aimais, moi aussi, j'étais emplie de lui jusqu'au plus profond de mon cœur et de cette âme qui ne faisait qu'une avec celle l'Ange de Lumière. Tout cela, il avait pu le contempler et enfin se rendre compte que nous étions réellement une et une seule tout comme il se rendait à nouveau compte de profondeur de ses sentiments et de la force de ce lien indéfectible nous unissant. Rien, jamais rien ne pourrait désormais nous séparer et me redresser juste assez pour que mon souffle caresse ses lèvres tandis que ma pression sur ses poignets se relâchait.



- Enfin, enfin, tu commences à voir la réalité derrière le miroir et le jeu des masques. Thalie si douce, si pure dans un monde de sang et de meurtre a passé tant de siècles à se préserver de la cruauté et de la souillure. Tu n'as pas idée, mon cher amour, pas idée de ce qu'aurait pu être sa vie sans cette facette prête à jaillir pour elle...


Et faisant éclater mon cosmos, je me mis à faire voguer d'innombrables fils d'or au dessus de nous...

- Des cheveux d'or volant dans la nuit, des longues mèches et plumes parfois ensanglantées que dans sa mémoire blessée, Angel, comme tu nous a appelées la toute première fois, prenait pour la manifestation de son ange gardien. Son cosmos, ce n'était autre que moi qui prenait le devant de la scène pour nous sauver. Si tu savais le mal que les autres lui faisaient et le pire que j'ai si souvent empêcher.

Puis, posant mes doigts sur ses lèvres si désirables, je poursuivis.

- Non, ne penses pas que je veuille l'amoindrir. Elle a tant de courage, notre petit ange de Lumière. Seule sa pureté pouvait aussi me sauver tout comme ma fureur la sauver. Ensemble l'une pour l'autre, l'une contre l'autre pour nous, nous qui ne sommes qu'une...

Et le caressant soudain de ma main avant de lui faire de nouveau sentir les battements de mon cœur.

- Une seule, nous ne sommes qu'une seule prenant place face aux chaos de la vie. Je t'aime. Je t'aime tellement.

C'était ainsi que je lui avais répondu avant que notre chère enfant ne revienne sur le devant de la scène. Arwen dont je n'avais qu'à de si rares occasions pu admirer le visage autrement qu'au travers des yeux de Thalie.

- Oui, notre enfant a besoin de savoir. Savoir pour toi, pour moi et pour Hazama. Plus elle en saura et plus, elle sera armée pour la suite. Je sais que cela sera dur de l'endormir mais je compte sur la puissance de nos sentiments. Thalie et Hypnos seuls et maudits mais faisant toujours face à la cruauté de ce monde. Rien ne peut arrêter la Comédie et le Sommeil tant la puissance de leur Amour surpasse tous ce que ces monstres d'Olympiens ont pu connaître. Zeus sait-il réellement ce qu'est le véritable amour lui qui ne connait que le désir et le sexe ? Jamais, je ne l'ai vu souffrir ou pleurer sur quelqu'un d'autre que lui-même... Jamais, son coeur est aussi sec que celui d'Hadès ou de Poséidon. Seul son sens de la justice diffère mais il est comme ses deux frères, une immense statue vivante dont seul l'esprit fonctionne sans le moindre élan de cœur, sincère ou simplement réel...



Si fort, si fort était le nôtre en comparaison. Si près de moi, se tenait mon amour, celui que j'aimais plus que tout et qui tout comme moi venait de se rendre compte d'une autre présence. Une présence tout en lumière, si douce qui ne demandait plus qu'à émerger de la surface argentée la séparant encore de nous.

- Thalie...

Si rude, je ne m'attendais pas à la revoir si tôt mais je ne pouvais m'opposer au désir immense de mon cher Hypnos de la rejoindre. Je ne pouvais nier la présence de cette énergie qu'il lui offrait pour qu'elle puisse émerger.

- Hypnos... Tu veux qu'elle reparaisse en ce monde onirique qui a la particularité de pouvoir nous faire apparaître cote à cote, ce qui est impossible dans toute autre dimension...

Je ne pouvais nier non plus la tristesse et la peur en moi. Ce qui me fit le frapper avant de lui enserrer les poignets avec force, le maintenant toujours sous moi mais avec une dureté qui ne manquerait pas de le surprendre.

- Non, ne me laisse pas, ne me détruis pas pour...

Les larmes brillaient au coin de mes yeux tandis que la forme venait d'émerger, encore fragile, dissimulée sous un voile qui ne tarderait pas à se déchirer comme l'avait fait mon cocon, laissant apparaître l'Ange de Lumière, allongée auprès de son roi.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Lun 29 Déc - 16:39

"Thalie."

Je l’avais enfin trouvé. Faible, encore endormie et plongée au plus profond d’Arcadia par la volonté sauvage de Bloody. Ma reine de lumière, encore une fois repoussée au tréfonds de son propre monde onirique, mais qui encore une fois pourrait compter sur tout mon soutien.

"Réveille-toi Thalie, reviens à toi ma reine de lumière, reviens moi."

Par le biais du sable d’or, je l’appelais, je la régénérais, je la faisais peu à peu quitter cet oublis me privant de la beauté de ses yeux turquoises.

"Je t’en prie, éveil toi de cet odieux sommeil qui me prive de toi…"

Et tout en tachant de dissimuler au maximum mes efforts pour faire revenir Thalie à elle au sein d’Arcadia, je composais avec sa face obscure en la personne de Bloody, toujours plus possessive et fougueuse alors que dans l’intimité du monde des rêves, elle pouvait enfin assouvir ce désir et cet amour qu’elle éprouvait pour moi depuis sa création.

« J’entrevois maintenant toute la vérité. Je pensais que tu avais été créé via le venin de ma sœur, mais tu as toujours été avec elle, tout comme Thalie sommeillait en celle qui autrefois portait parmi bien des noms celui d’Angel. Deux visage et deux noms pour une seule et même déesse aux multiples essences n’en faisant qu’une. »

Ainsi, tout comme le chevalier des gémeaux, l’âme de la Comédie s’était vu scinder en deux à sa conception, et tout comme le chevalier des gémeaux, le côté obscur de cette âme avait mis des années à se manifester, attendant patiemment le stimuli nécessaire à son éveil, un stimuli qui pour Thalie avait été le venin de la Discorde.

« Thalie… Ne soit pas trop dur avec ton père. Le fardeau d’un roi est quelque chose qu’aucun de nous ne peut imaginer, et Zeus le porte seul. »

J’avais beau avoir été torturé par les Erinyes sous les ordres du père de l’Olympe, je ne pouvais lui en vouloir. Après tout, je comprenais ses raisons. Son royaume avait besoin de martyr autant que de héros. Et la loi devait être appliquée, quelle qu’en soit le prix, du moins il le pensait.

« Non, la seule personne à blâmer dans cette affaire est celle qui depuis la nuit des temps dresse le frère contre le frère, celle qui dans l’ombre d’Arès tire les ficelles des conflits depuis des temps immémoriaux et qui s’en délecte au moins autant que le dieu sanglant. Elle seule est responsable de l’ensemble de nos malheurs, mais elle aussi n’est qu’un rouage dans l’immensité du cosmos. Elle est l’émulsion universelle, le moteur de l’évolution, le paradoxe absolu, la cohabitation de la fin et du commencement ; et pour tout te dire, je la plains plus que je ne la maudit. D’une part car la maudire ne fait que lui donner d’avantage de puissance, mais aussi car son essence même n’est que paradoxe et chaos. Elle aurait dut naitre comme un phénomène, une menace sans âme et sans cœur, un principe sans conscience, elle n’aurait eu ainsi ni âme pour souffrir ni cœur pour désirer. Au lieu de ça, elle demeure ainsi à jamais exclue de ce que le reste de l’univers connait intimement mais qu’elle ne sait que corrompre. En vérité, quoi qu’elle puisse en dire, je la crois fondamentalement malheureuse, tout comme je la crois obligée d’infliger la souffrance à autrui pour oublier la sienne. »

Songer ainsi à ma demi-sœur eut pour effet de me couper quelque peu dans mes caresses. La relation toujours très étrange que nous avions partagés Eris et moi depuis la nuit des temps, mi- distante mi- rapprochée, avec un mélange d’appréhension et de curiosité morbide, se voyait maintenant éclairée d’un nouveau jour alors qu’Arwen et le Grand Œuvre se voyaient ajouter dans le décor.

Et alors que je me contentais de serrer tendrement une Bloody des plus entreprenantes entre mes bras, le cosmos fraichement éveillé de Thalie pointa à l’horizon, ce qui eut pour effet immédiat de faire bondir la muse sanglante croyant pour je ne sais quelles raisons que sa fin avait sonnée.

« Thalie ? »

Me plaquant une nouvelle fois au sol alors que de chaudes larmes de frayeur pointaient entre ses yeux, j’eus pour elle un sourire à la fois tendre et aimant.

« Thalie… Comment pourrais-je te détruire, toi qui es une partie de ma vie ? »

Me libérant de son étreinte en devenant moi-même un nuage de poussière d’or, je redevins sous peu le corps divin qu’elle avait tant caressé avant de la prendre entre mes bras pour lui voler un tendre baiser.

« Plus jamais tu n’auras à craindre pour ta survie tant que je serai prêt de toi ma muse adorée. Si le monde refuse de comprendre, je le forcerai à voir la vérité, tous autant qu’ils sont, jusqu’à ton père s’il le faut. Toutes deux, vous siègerez à mes côtés désormais, jusqu’à la fin des temps, car vous êtes mes reines. »

Et alors qu’au loin, l’autre face de Thalie devait ouvrir ses beaux yeux vert tout en commençant à transformer sa partie d’Arcadia en ce tableau enchanteur de foret et de théâtre qu’elle avait toujours appréciée, de notre côté, au sein des terres écarlates, la cendre et le sang commençaient à faire place à une version plus structurée de l’essence profonde qui était celle de la muse de la Comédie, elle qui auprès de moi semblait se définir chaque secondes d’avantage comme un être indépendant du venin qu’Eris avait utilisé pour la faire revenir à elle.

« A présent, les deux faces de la Comédie vont pouvoir coexister en ce monde qui reflètera vos deux psyché. Ce monde onirique, le seul endroit dans toute la création où vous pourrez coexister sans devoir choisir qui sera aux commandes de votre unique corps. Mais avant de vous réunir, tu dois d’abord t’affranchir totalement du poison qui coule encore en toi Thalie. Ma sœur t’a trop longtemps utilisé comme vecteur de destruction et de chaos. Toi, la face sombre de la Comédie, tu fus réduit par sa puissance à n’être qu’une machine de destruction aveugle et sans sentiment, jusqu’à aujourd’hui. Souviens-toi Thalie, tu n’es pas la muse sanglante, tu n’es pas le jouet de ma sœur, tu es Thalie, et les milles visages de la Comédie demeurent ton essence. »

Tant de façon d’amener la comédie existait que Thalie ne pouvait qu’avoir compris où je voulais en venir. Elle n’était pas au fond d’elle la bête assoiffée de sang qu’Eris avait fait d’elle, elle était une déesse bénéfique, tout comme son autre face. La seule question qui demeurait était de savoir quelle face de la Comédie cette face de Thalie pouvait bien incarner.

« N’ai aucune crainte Thalie. Laisse le sang et le venin glisser sur toi comme la pluie, et renait entre mes bras à ton véritable toi. »

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Dim 18 Jan - 20:01

HRP : Thalie et Bloody sont dans le même plan ^^ Par simplicité, le post est fait à la première personne mais divisé pour permettre à chacune des deux de se manifester.]

Cette chaleur, cet émoi, ce désir intense en toi...

Je ne pouvais le nier ni me voiler la face. Il l'aimait depuis déjà tant de siècles, c'était elle qui l'avait fait renaître à une nouvelle vie. Elle qui lui avait offert ce cadeau sans pareil alors que moi, je n'avais été qu'un instant fugitif précédant la naissance d'un amour plus fort que tout. Si magnifique et intense que même moi, la Muse sanglante, n'avais pu qu'être touchée par cette vague sans précédant. Je l'aimais tout comme ma facette lumineuse, je l'aimais. Après tout, une nous étions et maintenant, j'allais de nouveau la voir, la contempler. Elle qui avait tant été blessée par Éris sans que je ne fasse quoi que ce soit pour la préserver. Était-ce par jalousie ? Sans le moindre doute, je l'avais tant haïe d'avoir notre roi pour elle seule. C'était si dur et en même temps si doux de sentir ses caresses, son amour à travers le voile. J'avais tant envie d'aller de l'autre côté du miroir que cela avait arrangé les plans d’Éris.

Comment ai-je pu être aussi stupide ? Non, je ne ferais pas son jeu maintenant, il me faut lui faire comprendre que jamais plus je ne serai son jouet. Je suis la Comédie sous un certain masque tout comme l'Ange de Lumière. Thalie, je suis Thalie...

C'était tellement simple dit ainsi mais rien n'était pire en cet instant que la vision du cosmos du roi de mon cœur m'entourer à sa façon. Étreindre Thalie la lumineuse venait à m'étreindre moi. C'était tellement incroyable comme sensation que rien ne pouvait réellement décrire ce que je ressentais. Étrange situation alors qu'un moiteur s'emparait de mes yeux.

Des larmes...

Pourquoi pleurer ? Pourquoi ? J'avais tout pour être heureuse. Cette terre d'Arcadia était la mienne et sous moi, je tenais le dieu que j'aimais par dessus tout. Hypnos était à moi, tout à moi, ne pouvant même plus se détacher de moi. C'était si fort si intense.

Alors pourquoi ai-je si peur ?

C'était incompréhensible, j'étais plus forte, plus puissante que l'Ange de Lumière. Je l'avais vaincue et reléguée au fin fond de mon âme.

Et maintenant...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Au plus profond de ce monde de rêve, des lumières d'or commençaient à pointer. C'était un de ces moments uniques, un de ces instants de délicatesses extrêmes qu'on savoure en espérant le vivre sans fin. Des terres de cendres, de sang et de chaos ravagées par les poisons de cette peste d’Éris, une nouvelle réalité commençait lentement à émerger. Le monde changeait et se remodelait sans arrêt sous les vagues d'or et d'azur mais ce n'était pas la seule joie que je ressentais au plus profond de moi alors que mon monde était en plein renouveau.

Lui... Mon roi, mon amour...

Je savais son retour, je l'avais ressenti au plus profond de mon corps, de mon pseudo-sommeil. Une nouvelle preuve de l'inaltérable lien qui était le notre. L'Amour était plus puissant que tout, plus fort, plus intense que même Éris, même Bloody n'avait pu rompre le lien.

Si chaud...

L'or de ses cheveux, le soleil de ses yeux, mon soleil, celui qui n'inondait en cet instant me rendant cette chaleur que la Discorde avait tenté d'étouffer sans y parvenir. Si simple, tout était si simple. Je n'avais pas à lutter contre Bloody car elle était moi. Une seule et même âme, un seul être aux multiples facettes. Trop complexe pour cette sorcière qui ne connaissait au fond que la haine et la contradiction.

Ange de Lumière, je suis, Ange de Lumière je reste pour toi mon amour. Pour toi, pour notre enfant. Je t'aime, je t'aime de toute mon âme, de toute mon éternité, contre nous même la Discorde même le maître des dieux ne peut rien... Rien, jamais ne pourra nous séparer...

Ainsi me réveillai-je sous l'effet d'un astre à nul autre pareil. N'était-il pas le roi du Sommeil, incapable de se trouver lui-même lorsqu'il se trouvait au creux de mes bras. La flamme de l'amour mais aussi celle du combat se ranimait en moi. Pourtant, je ne pouvais combattre directement ma fielleuse belle-sœur, je le savais, plus on la haïssait, plus on la maudissait et plus grands devenaient ses pouvoirs. Non, il fallait plus bien plus que cela...

Oui... Bien sûr. Pourquoi ne pas y avoir songé avant.

La solution, je la ressentais si fortement alors que le nuage d'or s'était fait pluie puis source me ramenant vers la surface.

Oui, telle est l'arme qui vaincra Éris.

Un sourire sur mon visage alors que les choses prenaient une tournure inattendue. Si évidente pourtant était cette solution, si certaine...

Comment nous a-t-elle tant échappée ?


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Maintenant, elle s'apprêtait à émerger et je sentais mon roi s'effacer avant de soudain reparaître et me prendre entre ses bras. Je n'avais bien sûr rien perdu du discours qu'il m'avait servi. Ne pas juger trop durement Zeus. C'était tellement inattendu de sa part. Pourquoi ? Pourquoi lui pardonner si aisément ? Savait-il ?

Lui aurait-il dit à lui aussi ?

Pourtant, je ne pouvais me concentrer sur ces pensées, ces souvenirs d'une rencontre au cœur d'un esprit plongé dans la pire des tourmentes qui me traversaient. Un seul point me tenait pour l'instant au milieu d'une marée d'émotions et de sentiments contraires. Un seul point, l'ultime bouée m'empêchant de sombrer à nouveau dans la folie sanglante.

- Tu ne me laisseras pas...

C'était plus qu'une révélation, bien plus que cela. Une sorte de réveil plus qu'incroyable. Le poison, je devais le reconnaître, le poison de la Discorde avait fait son chemin en moi mais pas de la même façon qu'au XVIIIième siècle. Autrefois, j'avais perpétré carnage sur carnage, mettant en scène dans la réalité ce qui n'aurait du être que du non-sens, de la Comédie cruelle mais non réelle, des sortes de sketches mais cela s'était soldé sous l'action du venin par une successions de meurtres que l'époque si rude avait attribuée aux guerres incessantes. J'en étais là à comprendre tant de choses et la lutte que Thalie et Hypnos aidés d'une âme humaine avaient lancé contre moi à cette époque.

Cette vision d'elle-même n'avait pu qu'affecter terriblement la tendre Angel comme nous nous appelions à l'époque. Qu'elle se soit fourvoyée à ce point sur nous, sur elle-même n'avait rien d'étonnant. Rouge, j'aurais pu l'être mais je n'éprouvais aucune honte. Seule la perte de l'être tant aimé pouvait véritablement me blesser mais elle était loin si loin maintenant, d'un simple baiser mon roi venait de m'en délivrer. Ses lèvres sur les miennes, le scellement de plus belle de toutes les unions. Toutes deux, il venait d'accepter les deux facettes de sa reine...

Une seule nous sommes, maintenant et à jamais...

- Un seul nous sommes, maintenant et à jamais, mon amour, mon Hypnos...

Apaisée, j'étais presque apaisée alors que le monde ne cessait de changer. Une autre facette de la Comédie prenait ses quartiers se mêlant et s'entremêlant aux miens. Les couleurs, les textures, le décor, tout était différent. La seule constante était la présence des théâtres, des arènes et autres places. Nous étions la Comédie aux mille visages, la Comédie aussi grinçante que délicieuse. Une nous étions pour le bonheur d'un seul maître des Rêves, possédant lui aussi le don de se créer de tas de masques...

Ses lèvres contre les miennes, nul baiser ne pouvait être aussi doux aussi passionné que celui-là. De toute ma fougue, ma violence, j'y répondais. Il était à moi, à nous qui n'étions qu'une sous des masques différents. Si complexe, mon essence, ma réalité était si complexe que même les autres Olympiens ne pourrait comprendre excepté peut-être mes soeurs muse et la Sagesse à l'esprit acéré...

Athéna...

Je ne lui vouais aucune haine déraisonnée, après tout, elle ne m'avait pas traitée comme Éris l'avait fait et pourrait peut-être même m'être utile. Une autre idée à creuser en plus de celle de l'Ange de Lumière. Si mon amour ne m'avait pas autant tenue, un sourire se serait sans doute dessinée sur mon visage. Si bien, j'étais tellement bien. J'aurais pu rester ainsi éternellement s'il ne s'était pas détaché le temps de murmurer quelques mots sur moi, sur Thalie et le poison dont il désirait maintenant nous purger. Cette engeance avait osé nous toucher de son cosmos nauséabond, se gausser de nous avec sa parodie de mâle et même fantasmer sur nous.

Comme une limace immonde glissant sur une fleur...

Quelques mots un peu déformés d'une réplique d'un cadet de Gascogne au nez plus que fameux. Une autre façon de me délivrer de ce qu'il restait de l'emprise d'Hazama. Mon humour était dévastateur, si différent de celui tout en raffinement de Thalie la lumineuse. Cela m'amusait presque maintenant, signe que ma nature profonde reprenait le dessus. Les affres du venin ne serait bientôt plus que souvenir et me laissant aller totalement entre les bras de mon amour...

- Oui, purge moi de cette souillure sans nom. Qu’Éris demeure en l'ignorance de ce qu'il se passe en ce monde onirique et en mon esprit sera notre force. Qu'elle pense toujours avoir la main. C'est cela qui nous aidera le plus. Je t'aime mon amour, je t'aime tellement. Viens...

Sur ces derniers mots, mes yeux se fermèrent et l'essence cosmique de mon roi m'envahit avant que sans que je ne ressente rien sinon une vague d'apaisement soudain, le poison ne me quitte. Instant de félicité unique où le mal me rongeant le plus profond de l'âme me quittait.

Enfin...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


- Lucian, mon tendre roi, mon Hypnos...

Rayonnante, je venais de ressurgir des tréfonds de mon propre monde onirique. Un instant se passa pourtant sans que je ne bouge, mon regard totalement focalisé sur la vision de mon roi auprès de Bloody, la serrant entre ses bras avant de la lâcher soudain sans pour autant la rejeter au loin. Ses mots me parvinrent soudain, me touchant au plus profond de mon âme. Nous délivrer du poison. Il s'apprêtait à purger une nouvelle fois le poison...

Bloody Hypnos !!!

Non, je ne pouvais pas le laisser faire seul. Si jamais le passé se répétait. Et sans plus attendre, je les rejoignis alors en plein milieu de la scène qui venait de commencer. Si immense, si magnifique en cet instant. En parfait maître des mondes des rêves et père des oneiroi, Hypnos déployait son cosmos d'or si unique. Et en ce même instant l'amour et le désir débordaient en moi par vagues puissantes, se mêlant et s'entremêlant à mon cosmos qui se renforçait et brillait comme jamais, formant une énergie incommensurable qui ne tarda pas à se fondre en celle de mon merveilleux Lucian. Ensemble, nous viendrions à bout de cette engeance avant de renvoyer Bloody en sommeil..

D'un seul mouvement, trois monstres apparurent soudain, provoquant une énorme nausée en moi. Des larmes d'ichor s'écoulaient le long de mes yeux blessés. Tant de mal, ces monstres, ces poisons avaient fait tant de mal avant de se fondre en Bloody mais cela venait de se briser. Je les sentais se débattre, je les voyais hurler de dépit avant de ployer sous notre double assaut. Une danse à nulle autre pareille s'ensuivit. Une danse des anneaux aussi souple et fascinante qu'envoûtante. Tout cela était si fascinant que je ne pouvais m'empêcher de graver cet instant en ma mémoire. Les trois corps ophidiens se levant sur toute une partie de leur longueur avant d'entamer leurs dernières arabesques et de s'effriter et devenir poussières.

Le vent se leva soudain et sans plus attendre dispersa ce mélange qui disparut totalement de la surface du jardin-monde d'Arcadia.

- Hypnos...

Lèvres contre lèvres, nous nous retrouvions enfin avant d'échanger un baiser passionné. Un baiser qui ne s'interrompit que pour repousser Bloody loin de nous. Bloody que je me devais de renvoyer en sommeil, trop dangereuse pour moi, pour nous, pour notre enfant.

- N'approche plus jamais de mon amour, maudite engeance. Que cette fois le sommeil te soit éternel...

La lutte n'était pas achevée, loin de là. Elle repartait même sur un tout autre terrain...


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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Lun 23 Fév - 17:20

Par mon amour, par ma persévérance, par mille caresses et plus de baisers encore, j’avais semble-t-il réussit à toucher jusqu’à l’âme de ma reine et de sa double facette. A présent que je l’avais côtoyé de prêt, sans être ainsi ni dérangé ni forcé de l’affronter dans d’inutiles combats stériles, j’avais enfin compris. Nous avions enfin compris. Thalie n’avait jamais été menacée, car aussi nombreuses que pouvaient bien être ses facettes, Thalie demeurait toujours Thalie. Une seule âme, pour un seul et même corps, aussi somptueux que désirable, et qui pour mon plus grand bonheur m’appartenait jusqu’au moindre de ses cheveux.

« Jamais je ne te laisserai Thalie. Aucun dieux, aucune force au monde ne pourra jamais me maintenir éloigné des toi, car tant les moires que la création ne peuvent que ployer le genou face à ce que je ressens à tes cotés. Cette force au-delà de l’imaginable, ce pouvoir qui seul peut embrasser l’infini… »

Comme assistant à une seconde naissance, je resserrais mes bras autour de ce qui était à présent un esprit prenant conscience pour la première fois de ce qu’il était, loin des manipulations tordues et machiavéliques de ma demi-sœur et de son influence chaotique.

Au fond, encore une fois, Eris avait bien malgré elle permit notre rapprochement. Sans son venin, qui sait combien de temps cette facette de Thalie aurait sommeillée en son sein sans jamais pouvoir s’épanouir ?

Qu’en dirait-elle donc ? Elle dont la simple existence était un paradoxe ? Elle qui ne provoquait dans son sillage que conflit et discorde, mais qui néanmoins demeurait invariablement indispensable à la création, elle sa principale et plus efficace source d’émulation…

*Eris… Qu’en dirais-tu ? Songes-tu seulement aux conséquences de tes actes ? Ou te contentes-tu de lancer des dés pour ensuite t’émerveiller du résultat, quel qu’il soit ?*

C’était une de ces nombreuses questions qui me taraudait l’esprit à son sujet depuis que je l’avais connue agir pour la seule gloire du chaos, mais aussi longtemps que nous ayons pu tout deux exister, je devais l’avouer, je ne la connaissais que si peu. Elle qui ne fermait pour ainsi dire jamais l’œil, elle toujours active, elle qui comme moi représentai un principe universel omniprésent. Un état de fait qu’aucun enfant de Gaia ne pourrait jamais concevoir…

Et alors que je reportais toute mon attention sur les deux facettes de la reine de mon cœur, qui toutes deux guidées par mon cosmos, allait bientôt se découvrir l’une l’autre comme elles étaient vraiment, sans aucun mensonges pour les séparer. Je me perdis un instant dans la recherche du monde onirique de ma fille chérie, elle qui devait apprendre la vérité concernant son ami et mentor Hazama.

"Arwen… Ma petite princesse. Arwen."

Mon souffle entrouvrit alors la porte de son monde onirique, et d’un appel irrésistible, l’invoqua en cet univers privé où je demeurai le seul dieu. Déjà, dans le monde matériel, ses paupières se firent lourdes, son souffle se fit plus espacé, et comme si elle entrait dans un bain chaud, elle se sentit glisser, portée par mon fils Morphée jusqu’à Arcadia, là où je savais que nous serions à l’abri de tout regard, là où les deux facettes de sa mère et moi-même l’attendions de pieds fermes pour lui enseigner la vérité.

Je savais qu’un quatrième esprit plongé dans la tourmente de sentiment qu’était déjà notre divine assemblée pouvait avoir des conséquences inattendues, surtout dans un monde fait de rêves, de fantasmes, et de peur, mais j’étais prêt à tout, car j’en demeurais le maitre, et puis, le temps comme l’envie d’aller ailleurs nous manquait.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Sam 7 Mar - 15:32

Bloody...

Je ne pouvais détacher mes pensées d'elle, elle qui était aussi moi. Avec la fin des venins d’Éris, elle aurait du perdre en force et lentement décliner. En ma mémoire, la défaite de Bloody Hypnos avait eu ces accords si intenses et pathétiques. A la regarder épuisée par sa rencontre avec mon roi, je ne pouvais pourtant ressentir, émanant d'elle, les élans de haine et d'agonie qui avait entouré la fin de la facette empoisonnée de mon cher amour. Je sentais plus une sorte d'apaisement teintée d'espérance angoissée. Je ne pouvais aussi détacher mon regard d'elle tandis que je serrai mon roi de toutes mes forces contre moi, possessive et consciente des tortures qu'il avait du endurer sans que je ne puisse lui venir en aide. Désarmée, j'avais été si désarmée devant père. Rien ne l'avait fait fléchir pas même le risque que j'y perde plus que la vie...

J'aurais tant voulu sauvé mon roi de par mes propres forces et paradoxalement, c'était bien moi, moi et mon cœur empoisonné par les soins de cette pourriture d’Éris qui avaient servi de clé...

- Moi et mon cœur...

Sans que je ne m'en rende compte, les larmes d'or avaient perlé sur la soie de mes joues, coulant le long de ma gorge si tendre, si douce avant de finir leurs courses à la naissance de mes seins, en un collier de sentiments purs si purs et face à moi, je pouvais contempler mon propre reflet effondré sur le sol mais qui me contemplait d'un regard que je ne pouvais attribuer à une marionnette d’Éris.

Ce que tu es différente de Bloody Angel ou de Bloody Hypnos...

Si différente


Je l'avais arrachée de force au corps de mon roi qui était aussi dénudé que nous. Les Érinyes n'avaient pas ménagé leurs efforts lors de la captivité de mon cher Hypnos et c'était elle, Bloody, qui l'avait soigné le temps que je remonte en surface guidée par mon amour et amant. Je me rendais à l'évidence si tout cela était un tour de plus de la Discorde, quelque chose avait du lui échapper dans l'accomplissement de son plan cruel envers moi et mon roi. Je n'ignorais rien que la haine plus que tenace qu'elle me vouait depuis déjà tant d'années et même de siècles. Même lorsque je m'étais retrouvée en présence d'Hazama, j'avais pu sentir cela à travers son enveloppe encore ignorante de la vraie nature de la force l'habitant. Ce qui ne l'avait pas empêcher de me désirer. Était-ce cela qu'au fond, elle détestait ? La puissance de nos sentiments ?

Le temps des questions était de toute façon passé depuis déjà si longtemps, il restait celui de l'action et de la fin de Bloody. M'avançant lentement vers elle, je marquai soudain un arrêt en la voyant faire apparaître une épée devant elle. Ici, au plus profond de mon monde onirique de notre monde à tous deux...

Revivre la fin de Bloody Hypnos en prenant sa place ? Je sentais un pointe de douleur naître en moi à cette idée...

" Pourquoi, pourquoi... ? "

Interrogeai-je mon cher Lucian du regard et de mes pensées. " Pourquoi est-ce que mon cœur se déchire à cette idée ? "



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


C'était la fin, la fin si proche. Au plus profond de moi, je sentais cette peur primale remonter. Le regard de Thalie la Lumineuse lorsqu'elle m'avait arrachée à Hypnos m'avait fait comme un coup d'épée. C'était comme si elle m'avait transpercée jusqu'au plus profond de moi. J'avais eu si mal de me retrouver face à elle tout comme j'avais tant souffert lors de ma confrontation avec mon amour de toujours.

- Hypnos...

Je lui avais jeté un tel regard. Je ne savais que trop à quel point j'avais été une plaie dans l'âme de Thalie, dans notre âme. Je ne savais ce qu'il allait se passer mais la lutte, la vraie venait de commencer...

- Thalie la lumineuse, la tendre, la douce d'amour, j'en appelle à cette part de nous capable de tout donner. A cette part de nous que la discorde a tant en horreur.

Et me tournant une ultime fois vers mon amour, notre amour...

- Hypnos, je t'aime, je t'aime tant mon roi, mon époux et grâce à toi, je suis parvenue à enfin trouver la force de m'aimer. De m'aimer telle que je suis et même sous cette facette que je me cachais à moi-même...

Je t'aime Hypnos, je t'aime mon roi. Quoi qu'il arrive sache que je t'aime et que je te serai à jamais reconnaissante de m'avoir ouvert les yeux sur moi, sur ce reflet de moi que je suis enfin capable d'aimer...

Mon pire ennemi n'était autre que moi...


Et sur ce constat, je faisais la seule chose que cette monstruosité de Discorde ne serait jamais capable de comprendre. L'apaisement et la fin de toute cette folie pour enfin redevenir ce que j'avais toujours été : une facette de la Comédie.

- Ma force, admire-la, Hazama !!! Admire ce que tu crains tellement !!!

Que la Divine Inspiration nous réunisse en un seul cri de joie...


De mon esprit, je faisais naître une épée comme pour Hypnos et me dressant face à Thalie, j'attendais, j'attendais simplement son geste...

Tue-moi s'il le faut, détruis cette face de toi mais mets un terme à tout cela...

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Hazama ?

Ce nom, ce nom me fit l'effet d'un électrochoc. Rien ne me ferait plus plaisir en effet de le voir contempler la perte de tout ce qu'il pensait avoir acquis. C'était cela mon pouvoir, l'harmonie que j'étais capable de créer en certaines occasions. Tout le contraire de ce qu'était Éris, chaos, mensonge et horreur. Moi, j'avais l'amour le plus intense et merveilleux qu'on pouvait imaginer en plus du reste.

Je la regardais et elle ne tremblait pas. Elle était ma face fière et guerrière, d'un tout autre style que ma brute de demi-frère et autrement plus surprenante dans ses actions, et sans la perversion de ma peste de belle-sœur, je me contemplais enfin sous une facette qui avait été tellement étouffée. L'épée était face à nous, entre nous...

J'avançais lentement ma main vers elle sous le regard muet d'Hypnos. C'était entre moi et moi...

Moi et Moi...

J'en effleurais soudain le pommeau. Si simple, ce serait si simple d'avancer encore davantage jusqu'à en saisir la poignée et enfin...

- Non, je ne le puis...

Je tremblais sentant la même souffrance, la même passion nous englober.

- Je suis face à moi-même... Tu es un reflet de moi et non une création maudite de ce monstre sans cerveau réel...

Dans l'incroyable jardin-monde d'Arcadia, nos énergies s'élevaient, brillant de tant de flammes et de beauté aussi différentes que nos deux facettes de la Comédie l'étaient. Le décor suivait nos passions avant de prendre un éclat à nul autre pareil. Toutes nos, non, MES, forces se rassemblaient avant que soudain mes larmes se remirent à couler et que sans réfléchir, je projetais au loin l'épée avant de tomber entre les bras de Bloody. Une seule, nous étions une et une seule apparaissant comme deux en cette terre à nulle autre pareille.

- Ma terre, celle née du cadeau inestimable que m'a offert mon amour.
- Oui, mon domaine, le royaume qu'Hypnos, mon merveilleux époux, et moi avons créé, celui que nous devrions remettre en état maintenant qu'Arwen vient vers nous...

Apaisée, je l'étais...

Enfin...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


De longs instants qui n'appartenaient qu'à nous s'en étaient suivis, baignés de tout ce qu'Hazama ne pourrait jamais apprécié. L'imaginer enchaîné, entravé, n'ayant que notre bonheur et nos ébats entre époux pour seul spectacle serait le plus insupportable pour lui et le plus délectable pour moi. Une nouvelle fois, Éris avait, par le biais de son incarnat masculin, tenté de me détruire tout en blessant à jamais son frère et une nouvelle fois, elle avait échoué. J'avais beau être capable de nourrir d'intenses sentiments de justice et de vengeances, ceux-ci s'exprimeraient de la façon le plus inattendue possible, plus que froide et serait à la hauteur de tout le mal qui nous avait été infligé. Éris, après cela ne serait plus la même mais pour l'instant le temps pressait et je ne pouvais me laisser aller à certaines pensées plaisantes directement surgies de ma partie Bloody. C'était tellement bon de s'abandonner à cette facette qui m'avait toujours protégée avant d'être étouffée...




~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Un regard vers le ciel qui sembla soudain s'illuminer encore davantage. Puis, ce fut ma poitrine qui sembla exploser. Arwen, mon enfant, la fille que m'avait donnée Hypnos, venait enfin vers nous. Et avec elle l'instant de vérité approchait.

Sentant la tension monter en moi, je me tournais vers ma facette Bloody qui était à nouveau mise à rude épreuve et ce ne fut qu'en cet instant que je réalisais nos nudités respectives. J'avais été quasi dénudée par Perséphone lorsqu'elle m'avait soignée et je ne savais que trop bien que les Érinyes humiliaient de la sorte leurs victimes avant de les persécuter de la pire manière...

Aussi, échangeant un regard avec mon roi, je nous couvris tous les trois d'une seule pensée. Une tenue or pour moi, écarlate pour Bloody et sombre pour Hypnos. Autant rester dans le plus évident sans oublier de nous mettre tous trois en valeur. Et tandis que Morphée approchait enfin avec notre enfant endormie, Bloody prenait la décision de se placer derrière nous. Et laissant mon cosmos s'élevait, je plongeais ce monde dans une harmonie qui ne pourrait que rayonner sous une palette aussi incroyable que fascinante...

Fascinante comme l'était la complexité de mon âme...



[HRP : Arwen vient d'entrer dans le jardin monde d'Arcadia, amenée directement par son demi-frère Morphée]

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Mer 11 Mar - 10:47

Ce fut sous un regard à demi conscient, presque perdu dans les cieux du bonheur, que je contemplais les faces de la Comédie enfin se comprendre et se reconnaître, enterrant, ou plutôt, rejetant ainsi au loin la hache de guerre qui avait été leur lot commun depuis leur première rencontre il y a des siècles de cela.

Songeant ainsi à toute cette haine, toute cette animosité qui avait régné entre elles depuis ce jour et jusqu’à maintenant, j’entrevis à nouveau toute la puissance de la Discorde, elle capable de faire se brouiller jusqu’aux facettes d’une même âme, les rendant même méconnaissables l’une pour l’autre.

Insensé, son pouvoir était tellement insensé qu’il en devenait presque admirable par instant, tout comme l’était celui de matérialiser ses rêves et ses pensées si on y regardait bien.

*Eris… Que dirais-tu si tu voyais cette scène de tes propres yeux ? Les deux Comédie s’étreindre l’une l’autre comme des sœurs, sans plus la moindre animosité entre elles ? Dirais-tu que tu les préférais avant ? Rirais-tu de cela comme tu sembles pouvoir rire de tout et de tous ? Tes pensées se tourneraient-elles déjà ailleurs ? Toi qui ne sembles jamais réfléchir à tes actes, comme si tu agissais à l’instinct ?*

Penser ainsi à ma chère demi-sœur en ces instants montrait bien l’influence et la place qu’elle occupait dans nos vie. Au fond, ma reine et moi lui devions tant, jusqu’à notre rencontre. A quoi ressembleraient donc nos existences sans la présence toute en nuance de la Discorde ? Je ne pouvais même pas l’imaginer. Pas plus que je ne pouvais imaginer un univers sans elle, elle qui représentait tout le chaos et l’émulsion indispensables à l’évolution.

« C’est une telle vision… Vous voir ainsi réunie sous un même ciel sans pour autant vous regarder vous anéantir l’une l’autre… C’est comme un rêve devenu réalité… Dire que cela nous a pris tant de temps pour comprendre… »

Songer au passé était inutile, du moins si l’on n’en tirait pas les conclusions nécessaires à l’élaboration d’un meilleur futur, aussi, pour le moment, je choisissais de remettre mes introspections à plus tard, préférant de loin savourer mon bonheur et l’instant présent auprès des facettes de ma reine de lumière.

*Deux pour le prix d’une, par tous les dieux… Je suis le dieu le plus chanceux de l’univers.*

Et ressentant alors la présence de notre petite princesse qui pointait à l’entrée d’Arcadia, je laissais Thalie recouvrir notre intimité de voiles en somme tout inutiles, avant d’autoriser Morphée à pénétrer en notre monde onirique privé, en compagnie de sa demi-sœur.

« Entre mon enfant, entre. »

Arwen nous rejoignit alors, tandis que Morphée, comprenant son rôle par lui-même, demeura en retrait, attendant de devoir renvoyer l’esprit de sa jeune demi-sœur dans le monde réel une fois notre entretient avec elle achevé.

« Arwen, ma petite princesse, comme c’est bon de te revoir enfin. Ca me semble être une éternité depuis la dernière fois que je t’ai embrassé. »

Et prenant ma fille chérie dans mes bras pour la serrer très fort avant de laisser la place à sa mère, j’attendis la fin de leur retrouvailles pour lui présenter celle qui était demeurée derrière nous, comme effrayée par sa première rencontre avec la chair de sa chair.

« Arwen, je ne sais pas comment le dire, alors autant le dire directement. Laisse-moi te présenter ta mère, celle qui auparavant portait le pseudonyme de Bloody Thalie, et qui s’avère en vérité être une facette de la Comédie que le venin d’Eris nous fit passer pour un de ses incarnats. »

La surprise passée, les questions ne tarderaient pas à venir, ce qui ne serait finalement que légitime, d’autant plus qu’elles auraient sans nul doute beaucoup de chose à se dire l’une l’autre.

Après tout, Arwen était notre fille autant que la sienne.

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Jeu 26 Mar - 12:54

J'ai été emmenée par Morphée ici

Quelques secondes, quelques minutes tout au plus, avaient suffi au dieu des Rêves pour emmener sa demi-soeur auprès de son père et de celle qui était devenu sa nouvelle mère, Thalie, la déesse de la Comédie. Le coeur serré à l'idée de l'exposer à la terrifiante Bloody, Morphée avait malgré tout pu se maîtriser et s'en tenir au simple souhait de son père, mener Arwen céans pour qu'enfin, la jeune déesse apprenne la vérité sur tout ce qu'il s'était déroulé entre la capture d'Hypnos suivi de sa condamnation par Zeus et l'enlèvement de Thalie au coeur même de l'Olympe. Tant de choses à vrai dire...

Mais ?

Quel mot aurait pu décrire sa surprise en découvrant entre les bras de Morphée le nouveau visage du jardin-Monde d'Arcadia. Tout semblait avoir été ravagé avant de changer, de muter totalement vers un nouveau décor. Et quel décor. Les immenses étendues sauvages qui avaient gagné en luxuriance et splendeur tout en se chargeant d'une fragrance de mystère voire de danger. Un reflet autrement plus brut et plus sauvage de sa merveilleuse mère. Un reflet comme libéré de chaînes aussi subtiles qu'invisibles mais cela n'était pas le plus attirant. Les kiosques, les théâtres, les bâtiments tous plus somptueux voire fantastiques se mêlaient aux de vastes étendues écarlates dont l'architecture du moins quand elle semblait exister défiait toute règle de logique. La seule constante restait cet éclat écarlate qui dominait ces innombrables zones. Le soleil bien sûr ne cessait de briller mais sur des lieux aussi éclectiques que fascinants voire terrifiants. Et pourtant nul trace de cauchemar. Tout se jouait sur une autre échelle ô combien éloignée des créations de son demi-frère.

Mère...

Le regard d'Arwen détaillait le tout. De plus profonde des étendues d'eau claire à la plus escarpée des crêtes rouges dominant une véritable mosaïque dont la beauté ne pouvait qu'éclater qu'à des yeux éclairés...

Ce monde est un cadeau de mon père, un don d'amour comme il n'en existe aucun autre. Sous ton influence, mère, il vibre et explose en une myriade de tableaux plus enivrant les uns que les autres, certains amenant au premier regard la joie et le rire voire le fou-rire pour qui les contemple. Tel est ton don, mère, amener la joie et une forme d'harmonie en cet univers en soulageant ne serait qu'un instant les humains de leur sort trop rude, le temps d'une seconde, le temps d'un battement d'aile ou toute une vie. Cela dépend de tant de choses...

Mais parfois quelques instants d'harmonie peuvent faire bien plus qu'on ne peut l'imaginer...

Quelques instants de contemplation avant qu'elle ne s'adresse enfin à Morphée lui posant l'une de ces interrogations qu'il attendait tout en la redoutant.

- Qu'est-il arrivé ? Que s'est-il passé pour que ce monde change tant ? On dirait que notre mère a subi une terrifiante épreuve qui l'a changée à jamais...

Le ton de sa voix était si triste, en écho au traitement que lui avait infligé Hadès avant qu'elle ne perde conscience mais hors de portée et libérée de la vision tout en ayant bénéficier du cosmos de la Sagesse a son meilleur usage, celui des soins, un usage curatif dépassant de loin ceux de nombreux membres de sa divine fratrie, Apollon et Asclépios exceptés.

Un ange passa le temps que Morphée lui réponde enfin.

- Père te l'expliquera lui-même tout comme notre mère. Nous sommes enfin arrivés au terme de ce voyage.
Une expression contrariée sur l'émeraude de ses yeux sans que la blonde déesse n'exprime le moindre mécontentement verbal. Tout en ces lieux méritait davantage son attention que l'expression d'une humeur fugitive et se laissant docilement déposer sur le sol d'Arcadia, la blonde scientifique apporta sa propre touche d'éclat, illuminant de sa joie un monde qui y était si réceptif. Ce monde qui était le reflet de tant de choses et remplaçant sa lourde tenue sombre par des couleurs autrement plus chaudes, elle s'approcha enfin de ceux qu'elle aimait tellement.

- Père...

Bouleversée pas un flot d'émotions plus que puissantes, Arwen n'avait pu laisser d'autres mots franchir le rose de ses lèvres encore si pâles. De longue et merveilleuses larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'elle savourait l'étreinte paternelle et ces retrouvailles si désirées.

Puis, enfin, sous une dernière embrassade, Arwen et Hypnos se séparèrent laissant la place à Thalie...

- Oh maman...

D'autres larmes coulèrent encore tandis que les deux déesses se retrouvaient. Tant de chaleur et d'émotions se dégagèrent à nouveau en plus du soulagement. L'immense soulagement de retrouver ceux qu'elle craignait tant d'avoir perdus de la pire des façons. Tant de choses s'étaient passées en si peu de temps qu'une éternité semblait s'être écoulée depuis ce fameux matin où Artémis et Arès s'étaient retrouvés face à face au grand Réfectoire de Sparte. Tout comme avec son père, tant de sentiments et d'autres choses passaient en cette étreinte. La souffrance d'Arwen se dissipait tout comme celle de Thalie. Ainsi les membres de cette famille se soignait les uns les autres loin de l'influence délétère d'Hadès ou celle de par trop autoritaire de Zeus.

Non, aucun d'eux n'aura l'honneur de voir son nom cité ici. Il est hors de question que père apprenne de ma bouche le retour de celui qui veut sa perte. Tout comme Zeus n'a qu'à se débrouiller...

Tout cela, la déesse le pensait, plus que consciente du danger que ces deux divinités pouvaient représenter pour ceux dont l'ichor coulait en ses veines.

Oui, tous deux sont menacés, et pas par les seuls titans, sinon, pourquoi sont-ils ici, loin de tout et de tous. Personne ne doit sans doute savoir depuis quand ils sont de retour. Et si telle est leur volonté qu'il en soit ainsi. Tous deux ont de tout temps trop souffert des luttes intestines entre Athéna et Hadès. Puisse un jour père se libérer de ce lien maudit l'unissant à Hadès et de là entrer dans une nouvelle éternité sans cet abruti qui ne pense qu'à tout détruire et tout massacrer.

Une tare que la déesse songeait de plus en plus à réprimer. Sparte était l'avenir et Hadès avait déjà la tête dans un passé dont il serait à jamais incapable de se libérer. Aussi, ce serait tellement plus charitable de totalement le reléguer dans le passé. Entre Athéna et Hadès, le choix d'Arwen s'était vite fait. Si l'un des deux devait disparaître à jamais, ce serait cet insensé.

Un nouveau sourire s'illumina sur les traits de la tendre déesse qui n'était plus aussi immaculée que cela. Tout ce qu'il s'était passé avait fait voler en éclats la plupart des illusions qu'Arwen cultivait encore sur les fils de Cronos ainsi que sur une bonne partie de leurs descendances. Le temps n'était plus aux Titans incapables de s'adapter, c'était un fait qu'elle acceptait, ni même aux Olympiens du même style. Le monde avait changé loin de tous ces êtres et ceux-ci ne pouvaient en saisir toute la beauté et encore moins le potentiel à venir. Une nouvelle ère s'annonçait. Un renouveau dont l'une des pierres angulaires n'était autre que Sparte la Sacrée. Leur rêve à tous les trois, tous les trois qui venaient de se retrouver.

- Mère... Je suis tellement heureuse.
- Tu peux m'appeler Thalie, tu sais...

Le son de la voix de la Muse de la Comédie sonnait comme un renouveau. Celui du retour d'Arwen en tant déesse auprès des ses parents mais aussi ses pairs. Les caresses de sa mère sur sa longue chevelure d'or s'étaient arrêtées et lentement, les deux déesses se séparaient comme Arwen et son père l'avait fait quelques instants auparavant.

- D'accord, Thalie... Même s'il m'arrivera encore de t'appeler maman. Tout comme toi, Hypnos, je ne pourrais m'empêcher de t'appeler père ou papa...

Passer cette étape était tellement fort pour la jeune déesse qu'elle mit un certain temps avant de réaliser la présence d'une quatrième divinité en ces lieux ainsi que la différence de leurs tenues. Qu'Hypnos porte le noir infernal et Thalie l'or olympien était d'une évidence flagrante mais l'écarlate pour la dernière et cette ressemblance avec Thalie. Plus que des jumelles, elles avaient exactement le même corps et hormis des différences autrement plus profondes, plus subtiles que le simple physique, elles auraient pu passer pour être la même déesse.

- Hypnos... Père...

Ne pouvant se passer de donner encore ces deux noms, elle se tourna vers lui et la réponse qu'il lui offrait.

- Ma mère... Thalie, Bloody, deux visages pour une seule déesse...

L'écarlate pour la plus belle des neuf muses. Une couleur impériale, une parure de reine comme l'avait et l'était encore Thalie. Une couleur de sang pour celle qui s'appelait Bloody L'or et l'écarlate pour la Comédie et le Noir pour le Sommeil. Non, Hypnos était et serait toujours infiniment plus qu'un simple larbin et viendrait le tout où cette variation d'une couleur si intense le quitterait. Puis, se retournant vers la Muse écarlate, l'Etoile hésitait...

Je ne peux...

... Avant de surprendre les tremblements de celle qui ne pouvait être que redoutable en tant normal au point d'affecter Morphée de sa propre présence ou d'être confondue avec un incarnât de sa perfide garce de tante. Bloody semblait tant redoutait cette rencontre tout comme celles qui avaient du précédées. Chacun des mots qu'avait prononcé Hypnos avait son importance et aucun d'eux n'avait échappé à Arwen. Toute cette vérité n'avait pu éclater que dans la souffrance et blesser les différents protagonistes avant d'enfin les rassembler.

- Je ne peux réaliser tout ce qu'il s'est passé avant que vous ne découvriez ensemble cette vérité mais une chose est certaine. Hypnos m'a annoncé que ma mère... Que Thalie avait deux facettes capables d'apparaître distinctement l'une et l'autre. Que cela ne se passe qu'ici ou non, qu'importe, vous êtes celles qui m'avaient donnée la vie, deux facettes, deux versions de la même déesse, la plus merveilleuse des muses.

Et se tournant vers Thalie.

- C'est bien cela, hors de ce monde, Bloody et toi ne faites plus qu'une avec deux esprits pour le même corps ? Ce serait cela ?

Question à laquelle, les deux déesses répondirent d'une seule et vibrante voix avant qu'Arwen ne s'approche enfin de Bloody...

- Mère, je sais, que je peux maintenant me considérer comme votre égale, mais pour cette fois, Bloody, je peux encore t'appeler maman ?

Dernière question qui scellait les premiers instants de ces retrouvailles avec l'étreinte entre une mère et sa fille. Puis, ensuite, viendrait le temps des questions et des révélations.
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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Lun 4 Mai - 13:23

[HRP : Désolée pour le retard]


Ainsi, se posa-t-elle face à nous. Sous l'attente, je ne pouvais que sentir mon cœur se serrer à en étouffer. Ce serait tellement dur de vivre son rejet. Si jamais, elle ne voulait pas de moi, ne souhaitant garder pour mère que Thalie la Lumineuse, ce serait si dur, pire qu'un coup d'épée dans le cœur. Éventualité que je ne pourrais que comprendre et qui menaçait d'attiser la haine en moi. Quand bien même en connaissais-je les conséquences surtout envers cette peste d’Éris, je ne pourrais m'empêcher de verser dans une part sombre pour me préserver d'une souffrance que je ne désirais pas revivre. Déjà, je sentais le regard sombre de Morphée posé sur moi. Lui qui, comme ses frères, n'ignorait rien de ce que j'étais, du mal que j'avais autrefois causé. Un regard vers lui en retour et je me détournais laissant la place aux deux autres divinités présentes.

Ainsi assistai-je à leurs effusions, me retenant de prendre part à ces retrouvailles alors que mon cœur hurlait de me joindre à eux.

Un geste que je retins avant de me retourner, de me mettre sur le côté, patientant dans l'ombre de ma face lumineuse.

La lumière...

Levant la tête vers le soleil de notre jardin-monde, je me laissais aller à la chaleur inondant ces lieux. Souvenirs des étreintes plus que torrides que nous avions partagées lors de nos retrouvailles. La passion dont nous étions tous trois capables et qui s'était si librement exprimée planait encore dans l'air, me faisant songer à la nouvelle que je préférais ne pas trop vite dévoiler. Cette petite étincelle somnolant encore en ma facette lumineuse était trop précieuse pour être exposée à qui que ce soit et encore moins à cette pourriture qui me servait de belle-sœur. Elle avait piétiné une nouvelle fois ce que j'avais de plus cher alors qu'elle tenait Thalie blessée sous sa coupe. La voir la malmener et jouer aussi cruellement de sa pureté, de cet amour qu'elle enviait tant à son frère avait été une joie dont j'avais plus que honte à présent. Ces poisons m'avaient amenée à tenter de me détruire moi-même en ravivant de la pire façon mes anciennes plaies, me conduisant au seuil de l'autodestruction.

Jamais plus je n'aurais la force de lui pardonner. Elle était allée loin, bien trop loin avec moi et ma facette lumineuse. Depuis notre rencontre à mon roi et moi, notre déclaration, nos éternels vœux d'amour, elle s'était manifestée de la pire des façons en m'empoisonnant avant de corrompre l'âme même de mon roi. La lutte qui s'en était suivie avait à jamais marqué mon existence, brisant l'harmonie qui était la mienne. Harmonie que je venais de retrouver et que j'étais bien décidée à défendre. Que m'importait les liens entre cette chienne et mon cher époux, cette fois, elle tomberait sur quelque chose qui la surprendrait au plus haut point. Je savais déjà à qui m'adresser sans pour autant trahir notre évasion.

Ne pas la haïr ou plutôt si, poursuivre pour qu'elle ne se doute de rien. Qu'elle ne se soucie pas d'un changement qui ne pourrait que l'intriguer. Elle qui se pense sans le moindre doute gagnante.

Thalie la Lumineuse et moi...


L'idée avait fait encore plus son chemin en mon esprit, prenant davantage corps, avant que, enfin, notre enfant ne se retrouve devant moi. Une splendeur sans pareille, une étoile avec laquelle personne ne pourrait rivaliser. Arwen que j'aimais de toute mon âme, mon cœur de mère et qui ne me repoussait pas. Non, elle ne me repoussait pas, elle ne me repoussait pas, loin de là, elle me serrait dans ses bras.

- Je...

Les larmes brillèrent soudain aux coins de mes yeux avant de couler.

- Oui, tu peux m'appeler maman. Si tu savais, si tu savais comme j'en ai rêvé. Cela fait des siècles que je rêve de te serrer dans mes bras. Sans ce piège cruel qui m'a tenue si loin de tous, j'aurais pu le faire dès ta naissance, te donner le sein, enfin notre sein...

Un fou rire me prit soudain en songeant au fait qu'elle était adulte depuis si longtemps et que cela ne m'avait pas empêcher de la revoir nouvelle-née, tétant sa mère sous le regard attendri de son père. Cette partie de notre vie, je ne l'avais connue que par reflets.

-Je suis stupide, tu es une déesse accomplie en tous points. Viens, viens entre mes bras... Je t'aime tant...

De mes mains, je caressais la longue chevelure blonde. Cette parure unique qui scintillait en un voile d'or dont la douceur était en tout points pareille à celle de sa mère, la merveilleuse muse de la Comédie. Douce comme Thalie et auréolée du charisme d'Hypnos, elle avait en plus hérité d'une science rare et d'une intelligence qui surpassait la plupart de ses semblables. L'art et la science, l'imaginaire et l'inspiration, elle avait tant de dons encore cachés.

Mes bras se resserrèrent encore sur elle, en une étreinte toute maternelle, comme si je craignais encore de la perdre.

De longs instants passèrent encore avant que je ne desserre mon étreinte et ne l'embrasse sur le front. Tout ce qu'il s'était passé n'était qu'à nous. Ces retrouvailles étaient pour nous seules...


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



Nul mot n'aurait pu définir ce qu'il se passait en cet instant sous nos yeux en cette terre sacrée que personne d'autre que mon roi et moi pouvions façonner. Un lieu hors du temps, hors de portée de la vindicte de ces divinités aussi maléfiques qu'insaisissables. Face au tableau de ma fille enlaçant ma facette écarlate, je ne pouvais retenir des larmes de bonheur.

Arwen, ma petite princesse que je pensais avoir perdue. Elle qui avec son père comptait plus que tout pour moi. J'avais été arrachée de force à ma famille olympienne, à la protection de ce père qui avait été dépassé par la perfidie d'une Discorde alliée avec la force la plus démente qu'elle avait pu trouver. Tout détruire pour créer de nouveau, cela semblait être son plan, son but mais je ne pouvais rester ainsi murée dans le silence. J'étais une muse, une muse dont le pouvoir n'était que trop négligé. Qui pourrait reconnaître en Bloody mon essence ? Le plan, notre plan était en marche. Je savais maintenant ce qui blesserait réellement cette sadique démente et frustrée qui me servait de belle-sœur. Ce à quoi elle ne pourrait jamais s'attendre...

D'un geste, je rassurais Morphée toujours aussi sur le qui-vive, même après avoir ouï les paroles de notre splendide Etoile..

- Bloody et moi ne sommes qu'une, mon fils. Comme mon cher amour et ta merveilleuse sœur l'ont si bien dit, Bloody et moi ne sommes que deux facettes de la Comédie.

Et souriante, j'ajoutais.

- Et sache que ton père adore aussi cette partie de moi. Bien plus que tu ne peux le penser...

Un léger rouge m'avait colorée les joues en repensant aux joies que nous avions partagées. Je savais que les enfants des Rêves ne pouvaient qu'être blasés mais ce n'était pas mon cas. Jamais, cela ne le serait. Ne plus connaître les joies intenses du corps, du cœur et de l'âme était trop triste. Jamais, je n'avais oublié la sécheresse de celui du fils de Nyx quand je l'avais retrouvé. Une telle détresse et un désespoir sans nom, sans même qu'il ne s'en rende compte. Seul le risque de perdre à nouveau ce que je lui avais fait redécouvrir lui avait fait réaliser ce qu'il avait tant cherché,ce qui lui avait tant manqué. Je lui avais réinsufflé la Vie, l'Amour et l'Espoir, lui donnant ce que personne d'autre que moi pourrait lui offrir. Les années puis les siècles qui s'en étaient suivies n'avaient fait qu'amplifier la force de nos sentiments et l'ardeur de nos étreintes. En cet monde-jardin, Hadès n'avait nul pouvoir et encore moins celui de plier mon amour. Seul son serment envers lui le tenait mais encore fallait-il que le sombre monarque sache pour son retour si d'aventure il s'est réincarné.

Briser ce lien serait ma plus grande priorité et je savais qu'Arwen ne pourrait que la partager. Un monstre dans le style de mon fossoyeur d'oncle ne pourrait que la rebuter.

Encore un autre instant lorsqu'elles se détachèrent l'une de l'autre. J'avais posé une main sur l'épaule de Bloody et l'autre sur celle d'Arwen. Un geste de tendresse pour toutes deux avant que je ne passe à quelque chose d'autrement moins plaisant et infiniment dangereux.

- Arwen, nous t'aimons toutes les deux aussi fort l'une que l'autre. Et comme tu l'as si bien dit, hors de ce monde, nous ne sommes qu'une. Une seule muse possédant plusieurs facettes. Maintenant, je ne sais ce qu'on t'a dit sur les circonstances entourant nos disparitions respectives...

C'était dur, très dur mais il me fallait aborder cette partie de l'histoire. Et voyant son expression, j'enchaînais.

- En ce cas, laisse-moi te conter cela tout en me promettant de ne rien dire à personne. Nul ne doit savoir pour sa propre sécurité. Partout, elle se trouve partout et est encore plus paranoïaque que ses victimes et ceux qu'elle a aidés à s'évader en nous torturant ton père et moi...

Pour ta propre sécurité, je t'en prie, ne dis rien à personne, pas même à ton ami Hazama. Lui aussi...


Le trouble était si fort en moi à l'idée d'évoquer ces souvenirs que je n'eus aucun mal à monopoliser l'attention de mon enfant, sans même avoir recours à mes dons. Je ne jouais pas et elle qui était de ichor ne pouvait que le sentir. Tout le jardin-monde suivait mes émotions et tout comme ses frères, Arwen le savait.

- Lui aussi est tombé dans ce piège sans même en avoir conscience. Il n'est plus que son pantin, son pion. Elle et ses alliés se servent de lui pour mener leur plan à terme en le rongeant lentement, instant après instant. La plus grande preuve est cette folie s'étant emparée de lui.

J'observais les réactions de mon enfant. Elle tenait à Hazama, je le savais, et tout comme moi, elle était capable d'avoir des pensées totalement incompréhensibles aux yeux d’Éris.

- Je sais, c'est horrible mais il faut que tu n'oublies jamais cela. Tu ne pourras le sauver si elle se rend compte de tes connaissances à son sujet. Tu ne pourras rien faire pour lui si la plus petite suspicion apparaît en toi, en ton regard, en ton cosmos.

Et lui caressant la joue tout en laissant Bloody la réconforter, je continuais.

- C'est un terrible combat mais tu peux la vaincre tout comme nous l'avons déjà déjouée et vaincue à plusieurs reprises. Je sais qu'avec notre aide, tu pourras non seulement le gagner mais aussi recevoir aussi cette place qui est la tienne et que nous voulons tant t'offrir. Mon plus grand vœux est que tu n'aies pas à connaître l'agonie qui a été autant la mienne que celle de ton père...

Si j'en avais le pouvoir, je prendrais toute ta part de souffrance en moi pour te préserver...


J'avais retardé cette annonce qui me faisait si mal, espérant préparer au mieux notre fille pour ce qu'elle allait apprendre de ma propre bouche.

- Oui, je serai prête à tout pour te préserver de la perfidie et du sadisme de la Discorde. Même si elle est loin d'avoir agi seule, c'est Éris qui nous a attaqués. Elle qui s'est emparée de notre ami, le Haut Commandeur Hazama, et le fait agir comme elle le veut. Il n'a plus la moindre idée de ce qu'il fait, il n'est qu'une coquille vide avec un reste d'illusion d'existence...

Et lui ouvrant les portes de mon âme, je la laissais simplement apprendre de mes propres souvenirs tout ce qu'il s'était passé. En ces lieux, je ne pouvais mentir. Ainsi, apprit-elle pour le jugement de son père par l’Aréopage, mon agonie lors de l'activation accidentelles de anneaux de Foudre emprisonnant Hypnos. Le temps passé dans la chambre aux soins de Coré, le passage de Zeus pour s'assurer de mon état et enfin mon enlèvement.

Je ne pus que serrer ma fille entre mes bras en contemplant le choc en son âme. Voir la cruauté dont Hazama avait fait preuve à mon égard, le plaisir qu'il avait pris à me torturer. Les poisons qu'il m'avait insufflés en plus de la torture mentale en se servant d'elle à son insu. Je sentais la colère, la rage de ma fille à l'égard d’Éris.

- C'est fini, c'est fini... Tout cela est déjà le passé. Je vais bien...

Je sentais ses larmes et le mal qu'elle avait à contrôler la fureur et le désir de vengeance en elle.

- Je vais bien... Laisse-moi juste te conter la libération de ton père. Ainsi, tu auras toutes les cartes...
Je la caressais encore, bien consciente de ce qu'elle devait ressentir alors que Bloody la serrait elle aussi entre ses bras.

- Maintenant, tu sais tout. Tu es une déesse, ma fille, une puissante déesse et nous serons là pour te soutenir et combattre à tes côtés. Dès que nous trouverons une issue à notre propre malédiction, nous reviendrons. En attendant, tu peux compter sur nous pour te guider. J'ai la certitude que ton père doit savoir comme te donner les moyens de dormir tout en étant restant partiellement éveillée. Lui et tes frères ont les moyens de passer d'un monde onirique à l'autre sans que personne ne s'en rende compte. Maintenant, pense à te nourrir de la puissance que dégage Éris. Je suis certaine qu'on a les moyens de la prendre à son propre jeu, son propre piège et comme le serpent qu'elle est lui faire avaler sa queue jusqu'à ce qu'elle se neutralise elle-même.

Pour ce qu'il en est d'Hazama, je sais que tu tiens à lui. Penche-toi sur les cas des incarnats non fusionnés comme l'était Poséidon ou Shun.


Et sur ces mots, je lui envoyais tout l'amour dont j'étais capable, la réconfortant. Elle pouvait douter de tout sauf de la déesse qui lui avait ouvert la porte à son propre esprit. Eris n'avait pas ce don ni celui de faire vibrer les autres d'une harmonie ou d'un amour dont elle ne connaissait même pas le nom...

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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Mar 5 Mai - 14:05

Moi qui avais tant et tant redouté la rencontre entre celle qui autrefois avait porté le titre de Bloody et ma petite princesse Arwen, elle pour qui jusqu’à présent sa mère n’avait qu’une et unique facette ; ce que je pus voir de mes yeux suffit amplement à chasser les quelques craintes qui pouvaient encore subsister en mon cœur.

*Une mère et sa fille, au-delà des frontières de l’esprit, au-delà des liens du passé et du vécu. Les liens du sang, les plus forts de tous.*

L’étreinte entre la seconde facette de Thalie et notre fille me fit l’effet d’un véritable baume apaisant, reléguant au rang du passé les blessures pourtant si fraîches que ma demi-sœur m’avait infligée avec son naturel sadisme. Encore une fois, d’un poison destructeur, le bonheur était né. Ainsi se poursuivait la ronde sans fin du venin de la Discorde, fluant et refluant sans que je ne parvienne même à savoir si sa finalité était de revenir, ou d’être chassé.

« Ecoute ta mère Arwen, elle a beaucoup de chose à te révéler, des choses importantes, très importantes. »

En effet, les révélations que Thalie prenait le plus grand soin d’annoncer avec délicatesse et préparation allaient sans aucun doute faire trembler jusqu’aux fondations même de l’esprit de notre enfant.

Nous qui l’avions conservé ignorante des circonstances de notre rencontre et de l’implication de sa tante sans laquelle finalement nous ne nous serions même peut être jamais attaché. Notre fille chérie qui ignorait tout de cette époque lointaine où sa mère était encore endormie dans le corps du chevalier de la lyre…

Ecoutant sans intervenir les dires des deux faces de Thalie, je restais pour le moment silencieux, pensant le pour et le contre d’une ébauche de plan que je ne pouvais pas encore savoir brillant ou voué à l’échec.

*Absorber la puissance venant d’Eris ? Que veulent-elles dire par là ?*

Devais-je intervenir dans leur conversation et demander précisément en quoi consistait un tel plan ? Je préférais laisser à Arwen le soin d’aborder ces détails. Après tout, ce plan était conçus pour elle, nous autre encore reclus en Arcadia aurons bientôt nos propres priorités et nos propres chemin à suivre.

*Le plus tard possible j’espère…*

Le plan semblait prendre une forme que j’appréhendais déjà d’avantage. Les hôtes humains d’âmes divines ayant réussi à refouler l’âme du dieu au plus profond d’eux même. Hazama était-il un cas semblable ? Difficile à dire.

La vérité était que nous ignorions pour le moment tout de la relation entre Eris et son hôte humain. Leurs cosmos même semblaient entremêlés, comme les multiples mues d’un serpent changeant sans cesse de peau alors que chacun cédait la place à l’autre.

Etait-ce de la symbiose ? De l’entente cordiale ? Le résultat d’un conflit interne ? Ou quelque autre possibilité que nous ne pouvions même pas encore imaginer ?

*Je devrais aller visiter les rêves d’Eris, mais elle dort si peu, et la dernière fois, ça s’est mal terminé…*

Songeant alors en frissonnant à ma dernière excursion dans le monde onirique de la Discorde, je préférai en garder pour moi et moi seul l’intégralité du contenu, si mes reines apprenaient ce dont rêvait en secret leur belle-sœur, ça leur ferait encore une bonne raison de la maudire d’avantage.

*Eris a bien assez de force comme cela avec leur haine commune. Pas la peine d’en rajouter.*

Connaitre les rêves et les fantasmes de chaque être conscient avaient parfois de très lourds inconvénients. Si la plupart du temps, ces rêves tournaient autour de la sainte trinité qu’étaient l’argent, le pouvoir et la luxure, parfois, il en était certains qui ne rêvaient que de voir le monde bruler, ainsi que tous ceux qui l’habitaient.

Combien de fois m’étais-je vu mort, tué de mille façons dans le rêve d’un chevalier sacré ? Combien de fois avais-je vu l’image idéalisé de ma reine dans les bras d’un autre qui rêvait d’obtenir ses faveurs ?

*Encore heureux que la jalousie n’était pas chez moi maladive, sinon cela fait longtemps que je serai devenu fou.*

« Prend bien garde à toi ma chérie. Nous ignorons encore tant de choses sur les objectifs de ta tante. Elle n’a jamais été du genre à agir sans raison, et elle ne va surement pas commencer aujourd’hui. Qu’elle ait ainsi investit l’esprit d’Hazama doit avoir pour elle une signification précise, et je gage qu’en découvrant laquelle, nous pourrons l’empêcher de nuire, une fois encore. »

Etait-ce ce qu’elle désirait au fond d’elle ? Que l’on joue selon ses règles au jeu dont elle fixait le décor ?

« Surtout prends bien garde à toi quand tu seras en sa présence. Hazama n’est peut-être déjà plus. Garde toujours à l’esprit qu’Eris se nourrie du désir dans chacun de nos cœurs. Quand un désir devient ardent au point de nous perdre dans une course effrénée vers notre autosatisfaction, il mène à l’envie, à la colère et à la haine. C’est cela qui donne à la Discorde son pouvoir, et celui-ci n’a jamais été aussi grand. »

Prenant alors mon enfant entre mes bras, je ne pus m’empêcher de trembler pour elle sachant quel terrible adversaire elle allait maintenant devoir affronter. Elle si jeune, si innocente, déjà souillée par la cruauté du monde et d’une famille pas toujours aimante.

« Je suis navré ma petite fille… J’aimerai qu’il existe un autre moyen. Si je pouvais aller sur le champ la confondre et la mettre à bas, je serais déjà parti. Mais aussi dur qu’il me soit de l’admettre, Eris est maintenant plus forte que je ne le suis, et sa puissance ne cesse de croitre alors que les graines qu’elle sema tout au long de l’histoire du monde ne cesse de grandir dans le cœur des dieux et des hommes… »

Je me sentais prêt à fondre en larme, mais pour Arwen, je devais tenir bon, conserver tout cet amour et cette fierté paternelle profondément enracinée dans mon cœur, et ne surtout pas laisser mes doutes permettre à la Discorde de prendre racine dans le cœur de ma petite princesse.

« Nous ne l’emporterons pas par la force, mais par ses propres armes. La ruse et l’intelligence sont elles aussi des armes honorables, ne l’oublie pas. Prends garde à tes désirs, si tu en perds le contrôle, Eris aura gagnée, et à jamais elle contrôlera ton destin. »

Notre entrevue devait maintenant prendre fin. Qui sait combien de temps sur Terre avait duré son absence, ou celle de Morphée. Personne ne devait se douter de rien, il en allait de la suite de notre plan à Thalie et moi.

« Va maintenant mon enfant. Soit forte, et n’oublie pas, à chaque fois que tu fermeras les yeux, nous serons à tes cotés. »

Faisant alors signe à Morphée de reconduire sa demi-sœur en son esprit, j’eus le cœur serré en devant déjà leur dire au-revoir alors que nous venions à peine de nous retrouver. La Discorde et ses alliés avaient déjà des coups d’avances, et pour les contrer, il ne fallait plus perdre un seul instant.

*Le sort en est jetté.*

Prenant la main des deux facettes de Thalie, encore resplendissantes au sein d’un Arcadia transfiguré par le bonheur de ses deux déesses rayonnantes, j’eus pour elle un regard qu’elle ne connaissait que trop bien, celui que nous avions partagé il y a encore à peine quelques instants avant l’arrivée d’Arwen.

« Tout ira bien pour elle, ne t’inquiète pas mon amour. »

HRP:
 


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Arwen
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MessageSujet: Re: Quand liberté rime avec désillusion   Mer 6 Mai - 17:28

Le temps, le temps s'il existait dans le jardin-monde d'Arcadia semblait s'être arrêté. Jamais, Arwen ne s'était sentie aussi bien qu'en cet instant. Ce moment de partage, de communion avec les êtres qu'elle aimait le plus au monde. Encore toute jeune, la déesse n'avait pas encore fait la rencontre du véritable Amour. Cela lui emportait tout sur son passage mais elle avait pu le contempler tant de fois dans le couple que formait ses parents. Eux que tout aurait du opposer était la preuve vivante des pouvoirs d’Éros et d'Aphrodite. Et si, jusqu'ici, elle n'avait connu que quelques amourettes sans lendemains, Arwen ne désespérait pas de rencontrer un jour celui qui deviendrait son époux. Du moins, si tel était son destin...

Destin qu'elle refoulait pour l'instant, se concentrant uniquement sur ce qu'elle ressentait et découvrait. Les deux visages de sa mère, la Muse de la Comédie, et cet éclat qu'elle n'avait jamais vu chez son père auparavant.

Nouvel état que Thalie confirma une nouvelle fois à Morphée. Lui qui semblait tenir Bloody en si mauvaise estime. Qu'avait-elle donc fait pour inspirer une telle réaction en son demi-frère ? La curiosité dévorait Arwen mais elle sentait bien que c'était un sujet de souffrance pour sa mère. Chose dont jamais, elle n'accepterait d'être la cause. Contrairement aux autres divinités, la blonde scientifique aimait ses parents et nul ne pourrait en affirmer le contraire. Aussi, préférait-elle laisser à la muse de la Comédie le soin d'amener le sujet. Soin qui arriva bien trop vite, brisant la magie de cet instant.

- Je vous le promets, mère, sur le Styx, le fleuve des serments divins, je vous le promets. A vous, Thalie et Bloody, mais aussi au grand dieu Hypnos et à Morphée. Que tous acceptiez mon serment de ne jamais rien divulguer de tout ce que j'apprendrai en cet instant.

Le ton si grave d'Arwen trahissait déjà un changement qui avait été amorcé au sein même de la cité du cosmos. Le temps de l'innocence était achevé depuis si longtemps déjà. Ni Thalie ni Hypnos n'avait pu lui épargner cette inévitable conclusion. Qu'elle le voulait ou non, la jeune déesse tenait un rôle essentiel voire central en la tragédie qui se poursuivait.

- Hazama ? Hazama... Alors lui aussi ?

Tragédie où tous étaient impliqués. Tous ses proches et celui qui lui avait servi de mentor lors de son arrivée à Sparte, un autre nom qu'elle se devrait de venger si elle ne pouvait le sauver. Le cœur d'Arwen avait manqué un battement mais nul n'aurait pu en dire la signification en cet instant. L'aimait-elle ? De quelle façon, comme un ami ? Un père ? Un amant ? Elle-même ne le savait, ne s'était même jamais posé la question.

C'est trop tard de toute façon. Rien ne sera plus comme avant. Je ne peux rien faire pour lui sans le perdre. Du moins, pour l'instant...

Et redressant la tête aux paroles de sa mère, s'apaisant sous les nombreuses caresses de Bloody, elle ajouta.

- Je ferai ce qu'il faut, Thalie, je le ferai. Offre-moi encore ta force, ton pouvoir de muse que je l'ajoute aux miens et je trouverai...

Une demande qu'elle savait acceptée d'avance même si elle ne savait encore comment s'y prendrait exactement Thalie. Les dons des Muses étaient plus subtils et savoir en user était loin d'être aussi simple qu'on le pensait. Trop souvent, les filles de Mnémosyne étaient traitées comme de la boue, de beaux objets inutiles, dénués de tout intérêt. Chose qu'Arwen savait tout comme elle connaissait l'immense courage de sa mère tout comme la force de son amour et son esprit de sacrifice.

- Non, je ne veux que tu souffres encore. Thalie, je ne veux pas que tu subisses cela. Père, Hypnos, empêche-la. Empêche-la. Si je dois souffrir, ce sera ma destinée et le lot de déjà tant d'autres déesses avant moi. Je ne peux accepter encore cela. Je t'aime trop...

Les larmes d'Arwen menaçaient de pointer mais elle les retint et, plongeant au plus profond d'elle-même, elle se blinda, se blinda en se parant de simple logique et d'un esprit froid, dénué de sentiments. Raison, juste la raison, froide et calculatrice. Ainsi parvint-elle à tenir le choc en découvrant toute le passé de ses parents, leur rencontre et tout ce que Éris avait fait contre eux. Les actes de Bloody quand elle était sous l'effet du venin et ceux d'Hypnos. Toute cette perfidie, cette abjection, cette vilenie, tout cela aurait pu gonfler la haine d'Arwen mais elle avait pris soin de se préserver. Pourtant...

- Mère...

Pourtant, elle ne put nier le choc en voyant la fin de l'Aéropage, la condamnation d'Hypnos et, enfin, le traitement qu'Hazama avait infligé à Thalie.

- Zeus et maintenant Hazama. Zeus a accompli ce qu'il pense être la justice sans y prendre de joie, j'ai pu lire tant de désolation en lui. Au moment de la sentence et lorsqu'il se penchait sur Thalie horriblement brûlée mais Hazama...

Le jouet de la Discorde, une victime, mais il semble tant y prendre de plaisir...


Elle n'avait pu s'empêcher de trembler. La rage en elle menaçait de monter, de grimper au point de mettre à bas les défenses dont elle s'était entourées mais c'était sans compter l'aide de ceux qui l'aimaient. Toutes les caresses, les mots, le timbre même de la voix de Thalie, de Bloody et d'Hypnos. Tous ensemble la soutenaient. Elle ne pouvait se laisser aller.

Non, je suis une déesse, une déesse, pas un simple jouet.

Mots dont elle trouva soudain l’écho. Thalie lui répétait, elle aussi, qu'elle était une déesse. Une déesse aimée et soutenue et qu'est-ce qui pouvait lui donner plus de forces que cela. Les appels et les dons des autres divinités n'étaient pas de simples souffles. Arwen savait que cela pourrait la nourrir et parlant de nourriture...

Absorber les forces d’Éris ? En user...

L'idée était plus que complexe mais en tant que scientifique et dépositaire d'innombrables connaissances au travers des écrits dormant à Sparte, Arwen avait déjà quelques idées quant à cela. Il était bien possible d'user d'artefacts pour absorber la puissance divine, Éris elle-même en avait fait l'usage face à Saori, mais la jeune déesse avait la certitude que les moyens devant être mis en oeuvre seraient autrement plus subtils et plus tortueux. Quelque chose qu'elle ne pouvait encore visualiser mais qui prendrait bien un jour pied dans la réalité.

L'univers onirique...

Les seuls lieux où Éris n'aurait jamais accès. Y pénétrer surtout en ce jardin-monde serait s'exposer à la vengeance de Thalie qui en avait tout contrôle de par la volonté même d'Hypnos. Tant d'autres éléments manquaient mais elle ne pouvait tout avoir d'un seul coup. Explorer, étudier, chercher tout ce qu'elle pourrait découvrir, comprendre et percer serait sa préoccupation tout en se servant des dons de Comédienne de Thalie. Si Arwen était bien une fille de muse, qui pourrait penser qu'elle lui ait aussi appris à se prémunir de certains artifices.

- N'aie crainte, père, je ne me laisserai pas facilement prendre à son jeu. Plus maintenant que je sais que vous êtes tous deux, tous trois, en sécurité. Que personne ne peut plus vous faire de mal ou vous torturer. Pour Zeus, tu restes en compagnie des Érinyes, à jamais isolé de tous aux yeux de tous et même des Enfers puisque Perséphone n'en ignore rien. Pour les Enfers, tu es irrémédiablement perdu. Quant à vous, mes merveilleuses mères, vous êtes toutes deux portées disparues. Nul ne pourra vous toucher ou vous faire de mal. Pas même Éris puisque pour elle, Thalie et toi, n'êtes que deux faibles, deux parias dénués de tout intérêt. C'est moi qu'elle veut. Pour je ne sais quelle raison, c'est moi qu'elle veut mais elle ne pourra enfouir le germe de la haine en moi. Phénix, j'ai bien retenu les combats des anciens saints d'Athéna et le fait que la haine mène à l'autodestruction au terme d'un massacre sans nom. Je ne suis pas née pour devenir cela. Arès devrait lui suffire dans ce rôle mais même ce jouet particulier semble la lasser. Je ne laisserai pas la haine me prendre. C'est l'amour que je désire. L'amour que tous deux possédez déjà. Si je dois désirer quelque chose et qu'elle tente de le contempler alors elle ne verra que l'amour et l'harmonie. Toutes choses qui ne peuvent que la rebuter. Je ne veux que cela, avoir ce que tous deux possédez.

Et le serrant de toutes ses forces entre ses bras, elle se laissa aller une dernière fois.

- Je t'aime papa. Jamais, je ne cesserai de vous aimez, toi et maman... Mes deux mamans. Je sais qu’Éris n'aura de cesse de vouloir m'entraîner vers la haine mais elle-même ne pourra indéfiniment cacher la sienne à votre égard et je finirai bien par savoir. Savoir que ce que vous avez et qu'elle désire tant à en crever. Elle vous envie tous les deux, trois. Tellement...

Trouvons la clé et nous saurons. Je tiens à vous sortir aussi de cet état qui n'est pas digne de vous même si je suis certaine que vous avez quelques consolations.


Et entendant soudain la prise de congé d'Hypnos.

- A bientôt, père et mère, Hypnos, Thalie et Bloody. Oui, je vous rejoindrai chaque fois que je fermerai les yeux, plongeant dans le Sommeil unique que vous m'offrirez.

Une ultime étreinte entre la fille et ses parents et le monde onirique commença à perdre de sa teneur. Le temps du réveil ne tarderait plus à venir.

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Quand liberté rime avec désillusion
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