Forum RPG dans l'univers de Saint Seiya (Les chevaliers du Zodiaque)
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 La Chouette et le Poisson

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: La Chouette et le Poisson   Jeu 2 Oct - 17:31

J'ai rencontré tante Athéna ici

[Hrp : petit post pour introduire la suite ^^]

Seule, elle se retrouvait soudain si seule en ce bureau qui embaumait encore trop de la présence d'Hazama. Quelques œufs attendaient encore l'appétit de l'ancien Haut Commandeur. La dernière fournée qu'elle avait préparée pour lui. Les temps s'annonçaient durs, la scientifique le savait. Les ennemis ne manqueraient pas à la cité du cosmos pourtant, elle refusait de se laisser aller. Sa tenue noire s’accommodait étrangement bien de la peau de biche que lui avait offerte Artémis. Arwen souriait en se rappelant la gentillesse de sa tante envers elle. Une lionne prête à protéger les femmes et les jeunes filles. Une déesse puissante qui n'aurait peur de personne. En faire une alliée au même titre qu'Héra ne pourrait qu'être profitable à la majestueuse Sparte.

Soudain, elle entendit frapper à sa porte.

- Haut commandeur Arwen, de nouveaux spartiates viennent de faire leurs entrées. Il se peut que certains d'entre eux soient destinés à notre maison. Devons-nous maintenir la soirée d'accueil prévue pour eux ?

Sans qu'elle ne fasse le moindre mouvement, le regard de l'Etoile se posa sur la jeune femme. Une membre de la garde de la Maison Dorée sous les ordres de Sanguinius. La tenue dorée et l'armure propre aux garants de l'ordre dans la cité lui seyait à merveille. Son teint juste hâlé par le soleil exprimait clairement le temps qu'elle passait hors de ses appartements lors de ses tours de garde ou autre séance d'entraînement. Belle et forte, elle était l'une des indomptables gardes placées sous le signe d'Artémis, la douceur et l'absence de vœux de chasteté en plus.

- Bonjour Callisto, je suis heureuse de te voir.
- Je regrette de vous déranger alors que...
- Ton attention m'honore et me réconforte. Je sais pouvoir compter sur toi et tes frères d'armes pour maintenir notre rêve de paix à tous.
- Oui, Haut Commandeur. Nous le souhaitons tous. Mon cosmos est trop faible pour que je sois une guerrière mais j'ai des dons particuliers qui peuvent apporter tant aux nôtres. Puis, vous êtes ma famille... Nous sommes tous très touchés par la perte de ceux qui nous ont tant donné. Sans eux, cette cité ne serait encore qu'un rêve dans le cœur de la Sagesse.
- Oui et nous pouvons compter pour elle.
- Nous avons décidé de leur rendre un hommage lorsque le deuil prendre fin, Haut Commandeur.
- Je vous en suis reconnaissante. Mes parents et Hazama méritent cela. Même si rien ne prouvent leurs pertes définitives, cela ne pourra que leur réchauffer le cœur de savoir que certaines âmes pensent à eux. Là où ils sont, ils ne pourront qu'en être émus.
- Et pour les nouveaux ?
- Reporte la fête d'accueil à plus tard, Callisto. Sanguinius en est pleine séance avec les nouvelles arrivantes, aussi attends qu'il en ait fini pour lui faire part de notre décision en tant que Haut Commandeur. Que par respect envers nos fondateurs portés disparus, toute festivité est suspendue et reportée. Que les Spartiates se recueillent et pansent leurs plaies. Tant de nôtres souffrent encore des débordements d'Angron et Diane.
- Bien, je vous laisse. Si vous avez besoin de quoi que ce soit ou de compagnie, nous sommes tous à votre disposition...
- Merci Callisto...

Sur ce, la jeune femme se retira. Puissante et dévouée, elle venait de par sa présence de rappeler à Arwen qu'elle avait une cité sur laquelle compter. De par ses secrets et de par ses force vives. Des forces qui l'appréciaient et l'aimaient pour certains. Dire qu'en sa tristesse, elle avait failli perdre cela de vue. Les Spartiates, fiers et courageux étaient autrement plus proches d'elle que les autres dieux.

Pourtant, je n'ai pas passé ma vie terrée loin des autres. Des années, cela fait déjà tant d'années que je veille aux destinées de Sparte auprès d'Hazama. Qu'ensemble, nous mettons tout en oeuvre pour bâtir et mener à son terme notre rêve grâce aux dons que nous offerts mes parents. Tout ce que père et mère ont offert à cette cité perdurera avec l'aide d'Athéna.

L'héritière, je serais l'héritière d'Athéna si jamais il devait lui arriver quelque chose. Plus je me rapprocherai d'elle et d'Héra et plus j'approcherai le pouvoir. Le pouvoir qui me permettra de sauver mes parents et de réaliser ensuite tous mes désirs. Ainsi mon Etoile brillera de mille feux pour une nouvelle ère... Une ère placée sous le signe de Sparte.


Forte de cœur et d'âme, Arwen était bien décidée à mener son projet à terme avec peut-être même l'aide d'Hazama en plus de celle d'Athéna. Soudain un bruissement d'elle se fit entendre, la chouette se rappelait à son bon souvenir.

- Que t'arrive-t-il ? Tu as faim ? Athéna te manque...

S'approchant de l'oiseau pour en caresser le plumage, elle le regarda droit dans les yeux sans la moindre expression de méfiance.

- Je suis comme toi, tu sais. Je suis toute seule maintenant. Veux-tu rester en cet endroit ou préférerais-tu un bel arbre creux ? Je sais ce que les oiseaux comme toi aiment et j'ai justement ce qu'il te faut sous la main.

Un mouvement de tête du rapace, un peu comme s'il acceptait la proposition d'Arwen et étendant la main, elle l'accueillit sur son bras avant de se diriger vers la sortie.

- Il me faudra te trouver un nom à toi...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le chauffeur

avatar

Messages : 59
Date d'inscription : 04/08/2013
Localisation : Partout où m'envoit le Maitre

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 6 Oct - 13:22

HRP:
 

Arrow Simbad et moi-même venons d'ici

La première impression était souvent la plus déterminante pour la suite d’une analyse, aussi élaborée et longue qu’elle puisse être. Celle qu’offrait Sparte à ses nouveaux pensionnaires ne faisait pas exception.

Pour quelqu’un venant du monde extérieur et n’ayant que peu ou pas du tout de connaissance de l’ultime pouvoir accordé à l’humanité, quelqu’un découvrant tout juste son propre monde, celui des élus du cosmos devait sembler n’être qu’un rêve éveillé. Le chauffeur avait déjà vu des potentiels se pincer ou se donner des gifles tant la découverte de la cité du cosmos les avait bouleversé, et la réaction du jeune Simbad était tout aussi attendrissante.

« Ahahahaha ! Très bonne question que celle-ci. Vous posez la question de la relativité du temps et de l’espace jeune homme. Et soyez sur que si vos scientifiques du monde du dehors se sont rendu compte de la complexité de ces deux choses, nous en sommes pour notre part à savoir les remanier comme un potier transforme la glaise en œuvre d’art. »

A la fois mystérieux et mystiques, le chauffeur usait à présent du nous, s’englobant ainsi dans le même lot que l’ensemble des élus du pouvoir divin, parmi lesquels se trouvait des êtres infiniment plus puissant qu’il ne le serait jamais.

« Disons seulement qu’au sein de ces murs, le temps a une toute autre signification qu’à l’extérieur, mais que lorsque vous en sortirez, vous retournez à ce monde que vous connaissez depuis votre plus tendre enfance. »

Sans aucun doute l’architecture démesurée semblant vouloir atteindre les cieux autant que l’ésotérique science des cristaux et des métaux inconnus de l’homme tel que l’orichalque devaient faire ressembler Sparte à une cité tout droit sortie du futur, et pourtant, il fut un temps où dans l’antiquité, une cité elle aussi avait disposé de moyens semblable, avant que sa décadence ne la rattrape et que le courroux des dieux ne la condamne.

« Mais ne soyez pas aussi surprit. Les possibilités du cosmos sont infinies, et permettent des applications bien plus élaborées et complexes que ce que vos yeux ont encore put découvrir. Faire léviter une tour, faire bouger les choses à distance, rendre la matière imperméable à l’entropie… Jeux d’enfant que cela… »

Le chauffeur ne savait pas si le jeune Simbad l’écoutait encore, tout émoustillé qu’il était par sa première vision de la cité du cosmos, mais cela ne l’empêchait pas de poursuivre. Simbad avait demandé des réponses, il les aurait. Libre à lui ensuite de les écouter.

« Ne vous éloignez pas trop, Sparte peut être dangereuse pour un non initié. Et nous ne tenons pas à vous perdre maintenant. »

Ayant rattrapé son jeune invité refreinant avec peine son envie de gravir les marches quatre à quatre pour rejoindre la construction la plus impressionnante de la cité, tant par ses dimensions que par la foule de petite nacelle qui virevoltaient autour de lui comme un amas de moustiques autour d’un énorme buffle tranquille, le chauffeur, toujours le sourire aux lèvres, prit la tête de leur modeste convois.

« Sparte a connue il est vrai nombre de conflit et de guerre, mais nous dissimuler aux yeux des mortels est choses aisée. Si cette cité a été effectivement bâtie sur les ruines de l’antique cité grecque, elle n’a plus grand-chose à voir avec son illustre ancêtre, si ce n’est son nom. Seule la force jadis insufflée par les dieux à leur cité bénie réside encore dans ces murs et ces pierres, et c’est ce que vous avez sans doute dut ressentir en touchant cette colonne.

Sachez-le. Les constructions que vous voyez ici datent de la reconstruction de Sparte et n’ont pas plus de 13 ans. Et les reconstructions ne sont pas rares, que ce soit par une volonté d’amélioration, ou suite à des combats disons un peu trop enthousiastes…
»


Indiquant de son doigt un point de la cité où il y a quelques heures à peine, Angron et Diane, hôtes respectif des divinités Arès et Artémis, s’étaient livré un duel titanesque ayant bien faillit emporter la cité et la Terre toute entière, le chauffeur attira l’attention du jeune Simbad sur le trou qu’avait laissé la disparition de l’arène Maximus, et l’immense canyon courant jusqu’à la ligne d’horizon qu’avait laissé Arès derrière lui avec son ultime attaque autour duquel les constructions se reformaient déjà.

« Dans quelques jours tout au plus, ces dégâts n’existeront plus, et une nouvelle partie de la cité verra le jour. Ainsi est la vie à Sparte, en constante évolution. »

Reprenant sa route le long d’un escalier invraisemblablement long et difficile à arpenter, le chauffeur, sans rien en montrer, faisait ainsi passer là son ultime épreuve au jeune Simbad.

Autant de marche à gravir était déjà une épreuve, mais quand ces marches semblaient tailler pour un géant et faisait chacune presque 50 centimètres de haut, c’était clairement pour tester l’endurance de ceux les gravissant. Le cosmos du jeune Solo serait-il suffisamment développé pour lui permettre d’aller au bout de son ascension ? Ou le chauffeur devrait-il le porter vers le haut commandeur ?

« Le haut commandeur ? Et bien, elle a été promue à ce poste très récemment après que son prédécesseur ait… disparu. Elle a passé presque l’ensemble de ces treize dernière année à Sparte, c’est-à-dire qu’elle est là depuis presque aussi longtemps que cette cité existe. Elle est l’étoile du soir, l’héritière du rêve et de l’inspiration, et son nom est Arwen. »

Le CV de la fille d’Hypnos et de Thalie aurait bien suffit à combler plusieurs minutes, mais ce n’était certainement pas le genre d’informations que le jeune Simbad avait besoin d’entendre, d’autant que révéler la parenté d’Arwen n’était pas à faire devant le premier venu.

« Les deux jeune monsieur Solo, les deux. Sparte est à la fois une cité, et un champ de bataille autant militaire que politique. Mais pour vous le faire comprendre, je dois déjà vous faire comprendre les forces en présence en ce monde et en cette cité qui en est la quintessence.

Revenons ensemble plus de 2000 ans en arrière, à l’époque où l’empire romain avait atteint son apogée et contenait à lui seul le tiers de la population mondiale. A cette époque où les dieux marchaient encore parmi les hommes, leur roi tout puissant, Zeus, décida qu’après des millénaires d’activité, il méritait bien un peu de repos. Il décida de se retirer dans un profond sommeil après avoir laissé le sort de la Terre et de l’humanité sous la responsabilité de sa préférée, la déesse Athéna.

Cependant, son initiative se révéla être l’opportunité que ses ennemis attendaient avec impatience depuis des milliers d’années. A peine l’hégémonie du roi des dieux dissipée, ses deux frères Hadès et Poséidon révélèrent leur duperie, et ayant créé pour l’occasion de puissantes armées revêtue de protection jusqu’alors réservée aux dieux, ils partirent chacun à leur tour à la conquête de la Terre. Leurs raisons profondes leur appartiennent encore, certains disent que c’était par soif de pouvoir, d’autre par orgueil, d’autre par crainte des hommes et de leur pouvoir, d’autre encore que c’était pour purger la création de leur vice. Pour ma part, leurs raisons n’ont aucune importance, leur actes suffisent.

Bref, toujours est-il qu’Athéna ne le vit pas d’un très bon œil, et qu’elle décida de se dresser elle-même contre ceux qui en plus de bafouer les derniers ordres de Zeus, en voulaient à sa propre tête. De la jalousie pour son statut de préférée du roi des dieux si vous voulez mon avis.

Athéna mit donc sur pied sa propre armée, et leur conféra également des armures, supérieure encore à celle qu’avaient développée ses oncles. Sans doute les meilleures qu’un humain puisse porter, car capable d’évoluer avec le cosmos de son porteur pour devenir de plus en plus puissante.

C’est ainsi que débuta le cycle sans fin des guerres saintes, avec à peu près tous les deux cents ans, une suite de conflit opposant le seigneur des flots et celui des enfers à Athéna et ses chevaliers pour déterminer le sort du monde et de l’Homme.

Vous l’aurez compris, si nous sommes encore là pour en parler, c’est parce qu’Athéna a toujours sut l’emporter contre ses oncles. Plutôt revanchard et obstinés vous ne trouvez pas ? Rendez-vous compte un peu, depuis la disparition de Zeus, dix guerres saintes ont eu lieux, soldées invariablement par dix défaites des armées d’Hadès et de Poséidon, vous y croyez-vous ? A leur place, j’aurai laissé tomber depuis longtemps, mais bon, je ne suis pas un dieu me direz-vous très justement.

Enfin bref. Au terme de la dernière guerre remontant à la fin des années 1990, les survivants des trois camps alors encore présent sur Terre, à savoir Athéna représentant son sanctuaire, la muse de la Comédie Thalie représentant l’Olympe et le dieu du sommeil Hypnos représentant les enfers, se réunirent autour d’une idée commune proposé par Hazama, le premier haut commandeur de la cité, et ensemble, tous les quatre, posèrent les fondations de Sparte qui serait désormais le seul endroit au monde où l’ensemble des élus du cosmos serait amenés, formés et mit sur le chemin de leur destiné.

Désormais, spectres des enfers, divinités de l’Olympe et chevaliers d’Athéna cohabitent au sein de cette cité, portant chacun les couleurs de leur maison et œuvrant pour la gloire de leur propre voie. Je ne dirais pas que cela se passe sans heurte, mais je peux dire que pour l’instant, et malgré le retour prématuré des principaux acteurs des précédentes guerres saintes, aucun conflit majeur n’a encore éclaté. Sparte est un monument bâtit dans l’idée de construire une paix durable entre les seules vraie superpuissances de l’univers, et pour le moment, cela semble être une réussite.

C’est pourquoi le haut commandeur a sous sa responsabilité autant du personnel rattaché exclusivement à Sparte et veillant à son bon fonctionnement, que de futurs soldats rattachés à un domaine divin particulier. Son autorité à Sparte est la seule à prévaloir, et de par les lois établies au moment de la construction de cette ville, elle surpasse même celles de ces divinités, du moins au sein de ces murs…
»


Etant donné la nature potentielle du jeune Simbad, le chauffeur vit se former dans son esprit la question qui allait jaillir de ses lèvres dans l’instant, et Poséidon dans tout cela ?

« Et Poséidon me demanderez-vous ? Il n’est pas ici. Ni à Sparte, ni sur Terre, du moins il n’y était pas au moment de la réunion des quatre. Ainsi vous ne trouverez aucune maison portant sa couleur, pas plus que vous ne trouverez ici d’élève représentant le royaume autarcique d’Asgard, situé loin au nord et ayant jusqu’à présent rejeté toute négociation avec nous, clamant que les affaires des dieux Grecs ne les regardaient pas. C’est ainsi. Peut être à l’avenir n’y aura-t-il plus trois mais cinq maisons à Sparte. Peut-être, peut-être pas. »

Les marches venaient de prendre fin, l’ascension s’était déroulée incroyablement vite, comme si le nombre de marche avait diminué.

« Et bien, nous y voilà, le palais du haut commandeur de Sparte. Pas trop fatigué ? »

Taquinant le jeune Simbad, le chauffeur semblant en pleine forme, s’approcha doucement des immenses portes d’entrées déjà ouvertes du palais et invita Simbad à y pénétrer le premier.

« Si vous voulez bien vous donner la peine… »

Le voyage au sein de l’incroyable bâtisse d’orichalque et de marbre blanc se fit dans une remarquable aisance étant donné la taille démesurée de celle-ci. Sans aucun doute les plateformes transparentes se déplaçant au-dessus des allées sans fin au travers de tunnel de cristal couvert d’enchantements anciens devaient y être pour quelque chose.

« Et voici l’aile réservée au haut commandeur et à son administration. Vous avez une chance incroyable en le rencontrant aussi vite vous savez ? Son temps est très précieux, et bien rares sont ceux à pouvoir se targuer d’avoir eu à le partager avec lui. Après tout, ici, c’est ce qui se rapproche le plus d’un dieu, et qui peut passer du temps avec dieu ? »

Ayant achevé son cigare, le chauffeur en fit disparaitre les restes entre ses doigts avant de conduire le jeune Simbad au pieds des portes de bois veinées d’argent et d’airain indiquant l’entrée du bureau personnel du haut commandeur.

« Vous sentez ce pouvoir dans l’air ? Cette puissance tranquille et pourtant bien présente ? Presque écrasante ? C’est celle d’Arwen. Apprenez à ne plus vous fier aux apparences. Vous êtes maintenant dans un monde où il existe des êtres plus jeune que vous, et bien plus puissant que moi… »

Ouvrant les portes sans même les toucher, le chauffeur, sans avoir jamais ôté sa casquette, s’inclina devant la jeune femme présente devant lui avant de présenter son hôte.

« Haut commandeur Arwen, mes hommages. Je vous amène ce potentiel afin que vous statuiez de son sort échappant à mon ressort. »

En tant que nouveau haut commandeur, Arwen ne pouvait qu’être au courant du potentiel du jeune Simbad Solo, tout comme elle ne pouvait que savoir que sa place n’était pas dans les trois maisons actuellement présente à Sparte. Mais maintenant qu’il était là, son sort dépendait d’elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Simbad
Invité



MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 6 Oct - 20:56

Les lieux étaient tout à fait extraordinaires, Simbad ne trouvait aucun autre mot pour les décrire. Tout ici respirait les millénaires passés à vieillir sous le soleil brillant de Grèce, alors que pourtant les édifices, comme le mentionnait son guide, n'avaient pas plus de deux décennies. Ce mélange de temps passés au présent n'en finissait pas de perturber les vibrations cosmiques que le jeune homme ne maîtrisait pas encore à la perfection, de sorte que sa réserve d'énergie, comme lors de la virée dans l'océan Indien avec le bus, se vidait sans compter. Pour autant le cadet Solo ne se laissait pas amollir par la chaleur et la montée, au contraire. Désireux d'explorer toujours plus, une âme aventurière éblouie au plus haut point, il s'efforçait de ne pas se laisser distancer ni ne se plaindre. Par défi envers lui-même et aussi, si son dieu tutélaire pouvait le voir d'une manière ou d'une autre, pour l'honorer même dans ces circonstances nouvelles et insolites.

C'est alors que Cheshire se lançant dans un cours d'Histoire improvisé. Tâchant de rester concentré sur ses dires tout en admirant les statues et les colonnes, Simbad fut surpris de l'entendre parler d'une femme, que jusqu'à maintenant il avait désignée sous le titre masculin de Haut-Commandeur. Un léger sourire se peignit sur ses lèvres en imaginant la stupeur que certains auraient pu ressentir sous le gouvernement d'une femme, dans un monde où le patriarcat dominait toujours largement.

Vint ensuite un bref rappel des fondements mythologiques, qu'il connaissait déjà par Titis mais sous un angle un peu différent qu'il se garda bien d'évoquer. Qu'elle ait été influencée par son appartenance au seigneur des mers ou lui par la sienne au Haut-Commandeur et à Athéna, le fait était bien là : Poséidon avait été l'un des précurseurs des guerres saintes, avec de bonnes ou de mauvaises raisons, et cela avait nourri les idées. En revanche l'avis du Grec différait en ce que les raisons des dieux valaient tout autant à ses yeux que de les commettre. Les Titans n'avait-ils pas été châtiés jadis pour leur folie et leur ivresse du pouvoir, alors même qu'ils l'exerçaient depuis bien plus longtemps que leurs enfants ? Un peuple n'aimait-il pas son souverain en fonction de ses décisions et du bien-fondé de celles-ci ? Il suffisait de voir le nombre de révolutions et de déclarations d'indépendance qui avaient éclaté dans le sang pour comprendre que la raison et les choix d'un monarque comptaient toujours.

Mais le débat n'était pas au goût du jour, aussi le jeune élu se tint silencieux et attentif.


"Athéna, Hypnos, Thalie et le Haut-Commandeur Hazama... Et...
-Et Poséidon me demanderez-vous ? Il n’est pas ici. Ni à Sparte, ni sur Terre, du moins il n’y était pas au moment de la réunion des quatre. Ainsi vous ne trouverez aucune maison portant sa couleur, pas plus que vous ne trouverez ici d’élève représentant le royaume autarcique d’Asgard, situé loin au nord et ayant jusqu’à présent rejeté toute négociation avec nous, clamant que les affaires des dieux Grecs ne les regardaient pas. C’est ainsi. Peut être à l’avenir n’y aura-t-il plus trois mais cinq maisons à Sparte. Peut-être, peut-être pas.
-Mon frère n'a-t-il pas agi en ce sens, dans ce cas ?"

Intrigué, le jeune homme s'apprêtait à poser de nouvelles questions lorsqu'ils furent interrompus dans leur marche par leur arrivée au sommet. Il se retourna et siffla en voyant le long chemin parcouru. Harassé plus par la dépense intense de son cosmos que par la randonnée improvisée en plein soleil, il transpirait nettement et s'essuya le front du revers de la manche avant de soupirer brièvement. Avec une telle montée, pas étonnant que les gens qu'ils avaient croisé arboraient des musculatures de taureaux.  

"J'avoue ne pas être tenté de recommencer de si tôt, mais la vue en vaut la peine au moins. Et je suppose que ce qui nous attend à l'intérieur aussi, sinon nous n'aurions pas fait tout ce chemin quand vous avez un travail si grand à abattre."

Sous ses dehors plaisantins, Simbad commençait à vraiment devenir nerveux. Les lieux étaient encore plus imposants ici, plus riches dans leur structure et dans leurs matériaux. Sans même savoir ce qu'était l'orichalque, il le devinait extrêmement précieux par le toucher et au regard qu'il offrait. Le silence troublé par les allées et venues et attachés au lieu  sans autre forme de désordre imposait lui aussi son lot de majesté, comme celui d'une bibliothèque où la règle du silence devient la seule loi sitôt les portes passés.

De plus, et inconsciemment, Simbad ressentait parfaitement le cosmos évoqué par son guide. La querelle millénaire n'avait jamais cessé de lier Poséidon et Athéna, et sa propre énergie en portait la marque comme une signe de reconnaissance plus efficace qu'une empreinte ADN. Cette conscience enfouie au plus profond de lui inspirait au blondinet une tension de plus en plus palpable, et les derniers mots du Cheshire achevèrent de lui bloquer le sens des conventions durement acquis sur son île isolé.

Le silence se referma sur lui en même temps que les portes imposantes de la pièce et le cosmos paisible et fort d'Arwen. Violemment intimidé, Simbad n'avait même pas posé un seul regard sur elle. Il fixait les pieds du bureau sur lequel devait sans doute reposer ses mains, ses papiers, ses outils, qu'en savait-il exactement ?

Et soudain, comme une piqûre dans l'épaule, un rappel à l'ordre silencieux qu'il était un homme puissant du monde -le sien, et non celui de la demoiselle devant lui. Il se donna quelques dernières secondes pour prendre son courage à deux mains, le temps d'ôter sa casquette et poser son sac à ses pieds, respectueusement, puis de relever la tête pour chercher de son regard de braises étincelantes celui de son interlocutrice. D'une voix qui lui parut encore plus claire et calme qu'il ne l'avait voulue, il lança tranquillement :


"Enchanté de faire votre connaissance, Dame Arwen. C'est un honneur et un plaisir pour moi de faire votre connaissance. J'espère qu'il en sera de même de votre côté et que je satisferais à... vos exigences que j'ignore encore."
Revenir en haut Aller en bas
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Sam 11 Oct - 20:27

L'Etoile venait de quitter la pièce lorsque deux cosmos se firent ressentir. Montant vers le Palais du Haut Commandeur à une allure relativement lente, ils ne laissaient aucun doute sur les intentions de l'un de leur propriétaires. Le Chauffeur venait d'amener entre les murs de la cité du cosmos un nouvel élu dont l'avenir potentiel détonnait par rapport aux autres. Sinon, pourquoi le lui amener directement à elle plutôt que de passer par Sanguinius qui était déjà en charge des derniers arrivants. Tenant toujours la chouette de la Sagesse sur son avant-bras, la blonde scientifique ne put l'empêcher de battre des ailes lorsque le second visiteur franchit les portes du bureau qu'elle venait de regagner.

Cette énergie, se pourrait-il qu'il se soit enfin décidé à quitter sa retraite et faire son retour dans le monde des hommes. Et qu'en plus, il ait le culot de se présenter sans la moindre gêne au coeur d'une cité dont l'une des fondatrices n'est autre que sa plus ancienne ennemie ?

Sa curiosité attisée par l'arrivée de celui qui paraissait encore si jeune et inconscient du poids réel de son héritage cosmique, la Scientifique se retourna, tenant toujours la précieuse chouette de la déesse Athéna. De quoi amener de l'eau à son propre moulin. Après tout qu'un familier d'Athéna se trouve en sa présence n'avait rien d'étonnant pas plus que le fait que ses yeux de rapaces pouvaient sans doute aussi refléter ses visions chez un autre être.

Ainsi, je vais savoir. Je vais enfin savoir si par tes yeux, Athéna m'observe ou non. Je ne t'en veux pas, tu sais, tu n'es jamais qu'une chouette tristement séparée de celle que tu as toujours considérée comme une amie.

Ces pensées la firent sourire tristement, lui permettant d'exprimer au mieux la peine qui était la sienne sans la nommer directement. La terrer sous le masque placide que lui offrait la petite oiselle suffirait amplement à entrer dans un nouveau jeu où un outsider venait de faire son entrée. Lui dont l'âme divine était encore prisonnière de son urne, maintenue par le sceau d'Athéna, son trident entre les mains de la déesse avant qu'elle ne l'entrepose en sécurité comme elle l'avait déjà fait de par le passé.

Une dernière caresse à la chouette et elle se tourna vers celui qui venait de parler. Si jeune et encore si intimidé. De quoi faire sourire la déesse dont le cosmos était au plus bas en cet instant. Puissante et calme malgré la douleur qui la déchirait, Arwen s'était parfaitement reprise pour donner le change. Les années passées aux côtés d'Hazama lui avaient offert une vision et une connaissance plus que particulières dont elle usait déjà à la perfection.

Cette chère Athéna aussi sera sans le moindre doute ravie de te revoir.

Faisant un pas pour reposer l’oiseau sur le dossier de l'un des fauteuils, elle invita le jeune Solo à avancer vers elle. Le chauffeur amenait des êtres dont l'identité lui était connue autant par les médias typiquement humains que par les mouvements de cosmos et ses propres connaissances. Cette écarlate guerrière, évoquant de très loin le nom glorieux de Thétis, la magnifique épouse d’Énée et mère d'Achille, avait été une des sirènes les moins prudentes de l'histoire. Qu'une simple silver en vienne à bout montrait bien les faibles pouvoirs de la donzelle, même le disciple de Mû, un simple enfant l'avait pas mal titillée avant que Shaïna ne fasse son entrée et reprenne le flambeau, amenant dans la foulée l'armure d'or de la Balance sans qu'elle ne pense à donner la plus simple alerte dans la seconde. Les erreurs avaient été si multiples de la part du camp des Marinas qu'on ne pouvait douter de la faute immense de Julian Solo envers Poséidon. Cette guerre n'avait pas été le fait du dieu de la mer mais bien celle de son incarnation aussi coupable de crimes que le dieu Hadès qui lui au moins avait été réellement l'instigateur de sa propre attaque le moment venu. Poséidon, lui, s'il avait bien été prêt à combattre lors de son éveil précipité, avec toujours cette obsession de ravir le trône sacré d'Athéna, s'était lamentablement fait prendre de vitesse par un mortel et avait payé cher son orgueil et sa bien surprenante naïveté.

Revenu pour combattre et sabordé aussi bien par sa médiocre incarnation que par son bras droit, sauras-tu assumé cela ? Toi qui a continué à apprécier ce frère qui a fait encore plus de morts qu'Hadès. Sais-tu seulement le nombre exact de victimes arrivées aux enfers de part le désir de Julian Solo ? Et qu'il soit tombé dans l'amnésie ne changera rien. Le sang est sur ses mains comme il disposait des pouvoirs de Poséidon en sommeil au plus profond de sa propre chair et a suivi les conseils d'un boucher, pervers et manipulateur. Le sang le mènera droit aux pires enfers avec offense au maîtres des Mers en prime. Tout cela est déjà gravé sur le livre des morts. Tel est son crime.

De part son ascendance et ses connaissances du monde et des guerres, Arwen n'ignorait rien de cette histoire. Rejeter la faute sur Poséidon seul, sur Kanon seul était trop facile. Julian lors de la guerre avait pris pour cible Hilda de Polaris en premier pour affaiblir Athéna. Un autre crime qui pesait aussi son poids. Mêler le peuple autarcique du Grand Nord n'avait fait que compliquer encore les choses. Jusqu'ici, personne n'était venu réclamer le poids des pertes d'Asgard mais en tant que Haut Commandeur, elle avait bien ressenti les mouvements dans le Grand Nord. Qu'ils ne viennent pas se mêler des affaires du monde était déjà pas leur priorité la plus urgente. Une chose qui viendrait en son temps.

Un dernier instant s'écoula encore avant qu'elle ne réponde d'un ton calme et apaisant.

- Merci à toi pour la qualité de tes services, reçois déjà ceci comme première récompense pour services rendus.

De ses mains, elle prit l'un des étuis renfermant les précieux cigares dont le Chauffeur raffolait tellement avant de reprendre mais cette fois pas la pensée.

" Bien, tu peux te retirer à présent mais ne t'éloigne pas trop et pas trop longtemps, je compte avoir une conversation avec toi au sujet de l'avenir de Sparte et de nos recherches des potentiels cosmiques. "

Et une fois la réponse du Chauffeur obtenue, elle se tourna vers le jeune aspirant.

- Tout d'abord, sois le bienvenu en ces murs, jeune Solo, notre dévoué ami, t'a sans le moindre doute déjà mis au courant de ce qu'est cette cité et des raisons pour lesquelles tu t'y retrouves.

Et lui désignant l'un des fauteuils, elle s'avança vers l'un des bureaux secondaires.

- D'ailleurs, après une telle odyssée, désirerais-tu un rafraîchissement ? Boissons fraîches, thé, café ou chocolat ?

Le dernier mot l'avait presque fait sourire. Elle qui devait enfouir sa peine au plus profond d'elle-même ne connaissait aucun répit. L'arrivée de ce jeune homme pour ne pas dire ce gamin était une épreuve de plus mais elle s'était jurée de poursuivre le chemin qui était le sien. Et attendant la réponse de Simbad, elle poursuivit.

- Bien, maintenant, dis-moi, qu'attends-tu exactement de Sparte, toi qui n'as aucun lien avec cette cité mais as accepté de suivre notre chauffeur ? Exprime clairement ton désir profond et je pourrais te désigner une voie unique, que toi seul pourras suivre en ces murs qui ne sont pas initialement destinés à te recevoir tout en étant incontournables. Dis-moi clairement ce qui te donne le droit ou le devoir de bénéficier de tout ce que Sparte peut t'offrir ?

Une question toute simple dont la chouette présente en ces lieux ne perdrait pas une miette. Le tout serait de voir la réaction du jeune Solo.


Dernière édition par Arwen le Dim 12 Oct - 17:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Simbad
Invité



MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Dim 12 Oct - 13:08

Comme il s'y attendait, le bureau ne dérogeait pas au décor précédent, tout en colonnes de style grec, quelques plantes égayant les lieux, et surtout le regard perçant de la jeune femme en face de lui qui lui donnait l'impression de le transpercer jusqu'au plus profond des os. Un oiseau de proie, voilà ce qu'elle lui évoquait à cet instant, bien que son attitude n'ait encore rien d'hostile à son encontre. Il la dévisageait toujours, sans rien en cacher. De toute façon tous les gens de cet endroit avaient ce quelque chose un peu extraordinaire qui leur permettait de connaître sa vie avant même qu'il n'en narre le plus petit détail, et si le chauffeur pouvait le faire, alors sa supérieure aussi très certainement. Pourquoi se priverait-il en retour d'écouter, de voir et de s'imprégner au maximum des lieux où il avait été invité ? N'était-il pas ici pour "se découvrir" ainsi que le monde qui l'entourait ? Expression qui restait vague et indéfinissable aux yeux du jeune héritier de l'océan.

Lorsqu'elle lui désigna un siège, il obéit et s'y assit le dos raide et droit. Le destin, songea-t-il. Prisonnier d'une force qui lui était supérieure, il était devenu le jouet de puissances qui le dépassaient de loin à l'instant précis où il avait accepté de monter dans ce maudit bus, de grimper ces maudites marches. Cependant, il prit conscience qu'il avait aussi désormais le pouvoir de changer les choses. "L'être qui se rapproche le plus d'un dieu" avait dit Cheshire. En ce cas, s'il n'avait pas menti, Simbad devait être une pièce importante du jeu, le pion prêt à être promu sur la dernière ligne de l'échiquier, avec des possibilités multiples d'avenir. Sinon, pourquoi l'avoir amené à Arwen ? Elle ne pouvait pas consacrer son précieux temps à tous les nouveaux venus, ou alors elle en avait beaucoup à perdre en fin de compte.


"De l'eau suffira... S'il vous plaît..."

Il consentit enfin à la lâcher du regard, conscient que cela pourrait être perçu comme une faiblesse, de l'irrespect s'il continuait trop longtemps, ou autre chose que seul ce monde étrange prévoyait de lui faire endurer.

Aux derniers propos de l'étrangère, un inexplicable sourire naquit sur les traits fins du jeune homme. Son regard brûla d'ironie tandis qu'il balançait sa casquette contre son genou d'un geste nerveux et désinvolte à la fois. Avait-il sa place ici ? Rien que par son allure, tout poussait à dire non : jean couleur crème délavée et chemise blanche assortie, sous-pull à manches longues noir et casquette des mêmes teintes, au milieu de personnes vêtues de toges, de tuniques, d'armures pour ce qu'il avait pu en deviner. Seul le chauffeur avec son uniforme détonait légèrement. Il passait par la case hautes sphères à l'inverse d'autres "potentiels" comme on l'appelait, il savait parler aux animaux marins, était ami avec des dauphins et des créatures aquatiques diverses, il pouvait deviner l'état d'une étendue marine en y projetant son cosmos et détruire des vitres quand il chutait trop violemment. Il ne chercha même pas du regard un téléphone ou un ordinateur, la réaction de son précédent guide ayant été plutôt claire sur le fait que tout cela, si ce n'était pas interdit, devait au moins être inutile, voire désuet.
Il s'éclaircit la gorge un moment, remerciant d'un signe de tête l'échanson qui avait apporté l'eau en un temps record après sa demande, but un peu puis riva de nouveau ses yeux à ceux d'Arwen :


"Rien ne me lie à cette cité, elle n'est pas prévue pour me recevoir, je n'ai ni droit ni devoir envers elle. Tout est résumé dans ces simples mots, après que tu -je me permets de te tutoyer puisque tu en as fait de même- aies demandé à ce qu'on me fasse venir ici sans même me prévenir avant... Car j'imagine que c'est sur ton ordre qu'il va chercher les "potentiels", non ? Et je serais censé attendre quelque chose de cette cité qui "amène les gens sachant maîtriser le cosmos sur la voie de leur destinée" ? J'avoue ne pas comprendre."

Il se leva, désigna la pièce autour d'eux et fit un tour sur lui-même d'un air complètement désabusé par le tourbillon de choses étranges qui lui tombaient dessus en l'espace de quelque heures.

"J'ai grandi dans une famille qui se veut illustre de par ses origines qui remontent aux temps antiques, j'ai été exilé à l'âge de 5 ans sur une île tenue secrète pour mon propre bien, j'ai appris que mon cher frère aîné était devenu un protecteur de l'océan et j'ai voulu innocemment l'aider dans sa tâche, que je crois juste et fondée sur des valeurs défendables. Le jour où mon bateau, après treize années de solitude, accoste enfin à Athènes, un inconnu doté d'un bus magique me propose de venir avec lui, m'impose une soi-disant épreuve pour déterminer mes dons cosmiques et m'escorte dans une cité dont la technologie a au moins 300 ou 400 ans d'avance, si ce n'est plus, où j'apprends pour de bon que les mythes grecs sont vrais, les dieux en vie, et qu'une femme censée être la représentante de la Sagesse me propose du thé, des petits gâteaux et me demande ce que j'attends de cet endroit."

Ayant parlé à toute vitesse afin qu'elle ne le coupe pas dans son élan, Simbad avait rougi du manque d'air. Il prit une profonde inspiration pour se calmer, provoquant dans son trouble plusieurs légères secousses sismiques qui firent onduler l'eau des boissons apportées pour l'entretien. Ne parvenant plus à expliquer son étonnement, qu'il espérait qu'elle comprenne et qu'elle ne s'offusque pas du peu de crédit qu'il en avait pour l'instant, trop occupé à être abasourdi, il reprit moins vite, répondant à ses questions :

"Cheshire m'a plus ou moins parlé de Sparte, mais pas de ce que j'avais à y faire. Alors, si tu souhaites absolument une réponse maintenant, ce que je peux te dire c'est que je cherche la vérité, sur ce monde, sur ma famille, sur ces guerres horribles qui ont failli coûter la vie à l'humanité, sur mon frère... Mes yeux d'enfant n'ont toujours voulu que la paix et l'harmonie entre les Hommes et la nature, qu'elle soit terrestre ou océane, qu'elle concerne deux peuples voisins ou deux continents séparés par des milliers de kilomètres. J'ai un rôle à jouer là-dedans, j'ignore lequel. Et si ce rôle me donne un quelconque droit ou un quelconque devoir, alors c'est à toi de me le dire, car depuis ce matin tout le monde semble connaître tout sur moi sans me laisser le loisir et l'intimité de me dévoiler à mon rythme."

Il croisa les bras d'un air renfrogné, se rassit silencieusement et baissa définitivement les yeux sur son verre désormais vide. Après un moment bref de silence, sa voix toute petite, il soupira d'un épuisement moral insoupçonné.

"Mes excuses..."


Dernière édition par Simbad le Dim 12 Oct - 18:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Le chauffeur

avatar

Messages : 59
Date d'inscription : 04/08/2013
Localisation : Partout où m'envoit le Maitre

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Dim 12 Oct - 16:27

« L’état de santé de votre frère ne vous est pas inconnu. Alors croyez-vous qu’il ait tenté de faire quoi que ce soit pour les marinas alors qu’il n’en a plus le moindre souvenir ? Non. Aucun geste de sa part en ce sens n’a été noté, ni il y a 13 ans, ni depuis. »

C’étaient là la dernière déclaration du chauffeur au jeune Simbad avant que celui-ci n’introduise le potentiel devant celle qui désormais avait la charge de Sparte et de tous ceux s’y trouvant.

Avec le haut commandeur de Sparte devant lui, la présence du chauffeur était désormais devenue inutile, du moins tant qu’Arwen et Simbad n’aurait pas eu une longue discussion, et que l’avenir du jeune homme n’aurait pas été éclaircit.

« Ooooooooooooooh, quelle délicate attention… Il ne fallait pas. »

Surprit autant que ravis de l’attention dont faisait preuve envers lui le nouveau haut commandeur de Sparte, c’est avec un grand sourire qu’il accepta les précieux cigares dont il serait plus que ravis de savourer l’arôme le moment venu.

*Dire qu’Hazama ne m’en a jamais donné, lui…*

Recevant sans rien en montrer le message télépathique ne s’adressant qu’à lui, le chauffeur, sa boite de Montecristo n°2 sous le bras, s’inclina encore une fois face à sa nouvelle supérieure, et s’en alla à reculons.

« Et bien je vous laisse à présent. Jeune monsieur Solo, haut commandeur Arwen, mes respects. »

"N’ayez crainte, je tiens à avoir cette conversation avec vous moi aussi. Je serai sur dans les parages. Quand vous serez prête, faite croître votre pouvoir."

Refermant derrière lui les doubles portes de bois veinées d’argent et d’orichalque, le chauffeur, toujours le sourire aux lèvres, s’éloigna d’un pas rapide du bureau où désormais la suite des évènements ne dépendait plus de lui, et une fois arrivé à bonne distance, ouvrit délicatement son cadeau avant d’en porter un a ses lèvres.

*Espèce de rusé gredin, il faut savoir apprécier les bonnes choses.*

S’affalant dans un large canapé d’angle, le chauffeur, plaignant son lointain homologue tombé sur des êtres issu d’un autre âge, alluma son cigare du bout du doigt, et en tira une première bouffée qui le fit diminuer d’un bon quart.

« Aaaaaaaaaaaaaaah… Mon ami… Je sens qu’une journée de folie nous attend encore… »

Et partant alors dans un ricanement entrecoupé de ronds de fumée, le ou plutôt, l’un des chauffeurs, sa casquette rabaissée sur son visage, allongé sur le canapé, un bras derrière la tête, s’autorisa un instant de repos bien mérité, dans l’attente d’une conversation très prochaine avec la fille du rêve et de l’inspiration.

Arrow Vers un coin tranquille du palais
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Jeu 16 Oct - 21:59

Enfant perdu, enfant ignorant, trop peu mêlé au commun des mortels. L'Illustre famille dont tu te targues pour te donner des airs importants ne te donnera aucun traitement de faveur. Et si je te disais que moi-même descend d'une famille illustre, l'une des rares dont Zeus a peur, quelle serait ta réaction ? Digne d'intérêt sans le moindre doute mais je n'éprouve pas le besoin de me reposer sur la gloire passée des mes ascendants pour exister par moi-même. Seul ton ego ressort de ces quelques mots, ton ego et ton héritage car penses-tu réellement valoir plus qu'une Claudia ou une Diane ? Elles ont repris forme humaine parmi le commun des mortels et se sont forgées le plus souvent seules de par leurs propres volontés. Bref, tu n'as vraiment rien à gagner à mettre cela en avant dans le but d'impressionner sinon le fait d'étaler ta suffisance d'ancien enfant roi.

Une étrange lueur traversa le regard d'Arwen tandis qu'elle tendait de nouveau le bras vers la chouette. Ainsi le sort en état jeté, alea jacta est, comme le plaçaient si souvent les auteurs d'une célèbre bande dessinée en chacun de leurs albums. Juvénile, il n'était juvénile qu'en apparence et ne tromperait personne et encore moins la Sagesse.

Ta fierté d'être un solo vient de te jouer son premier tour. Pauvre Julian, mis sur un piédestal pour un frère qui ignore tout de ses actes. Il est vrai que perdre la mémoire doit être bien pratique en certains cas tout comme user d'une mémoire sélective.

La Sirène, celle-là même qui avait mené Julian vers son destin, avait-elle pris la peine de conter à son cadet les tenants et aboutissants réels de cette guerre que le dit Julian avait lui même déclenché en profitant des troubles nés de la mise à terre de Saga et de tous ceux qui l'avaient suivi ? La véritable guerre civile qui avait déchiré les saints de la déesse de la Guerre lui avait paru si opportune pour mener à terme ses propres projets de domination. Enfin, il pouvait au moins se targuer d'un exploit : celui d'avoir fait sortir cette vieille barbe d'Odin de ses joyeux combats d'Asgard et de lui avoir inspirer dans le même élan une colère des plus mémorables. Le voir prêter la glorieuse Balmung à un saint de l'Espoir avait été un fait unique. Et plus que cela encore : une claque magistrale envers celle qui l'avait trahi, à l'insu de son plein gré, histoire de l'aider à reprendre enfin ses esprits. Tout cela de par la faute de ce cher Julian qui n'avait pas hésité à mettre Asgard dans la balance. Un acte que le divin borgne n'avait sans doute pu ressentir que comme la dernière des lâchetés et des vilenies, digne de Loki même. En tout cas, Odin savait faire ses entrées et porter son jugement. Lui demander sa modeste contribution face à cet adorateur aurait été plus que plaisant mais jamais, ô grand jamais, Arwen n'irait commettre la faute d'irriter davantage le roi des Ases. Qu'il reste en son autre monde satisfaisait justement tout le monde en cet instant. Autant ne pas prendre le risques de raviver d'anciennes plaies en mêlant Asgard à quelque chose qui ne l'intéressait sans doute pas. Soigner ses propres plaies devait sans doute déjà largement occuper le peuple et les divinités, incarnées ou non.

Enfin bref, chassant l'image du roi des Ases de ses pensées, la blonde scientifique pesa à son aise chacune des autres paroles de Julian avant de commencer enfin à répondre. Son ton quoique toujours calme et limpide montrait bien qu'elle ne ferait aucun traitement de faveur pour lui. Et puis quoi encore ? Poséidon en devenir ou pas, elle n'en faisait déjà pas à Héra qui le dépassait de loin en terme de gloire et de majesté.

- Bien, avant toute chose, pour ce qu'il est de ta remarque plus que pertinente envers le fait de ne pas avoir été prévenu, ne perd pas de temps à t'en offusquer alors que tu as accepté. Et aussi, ne te sens pas différent des autres. Ce qu'il t'est arrivé avec notre chauffeur arrive à chacun des possesseurs de cosmos et de ce fait à chacun des aspirants finissant par partager notre vie en ces lieux. Quelques années d'un apprentissage plus que précieux, celui permettant de faire usage, de maîtriser à fond cette force qu'ils ont parfois si souvent ressentie en eux et de gagner ce qu'ils désirent tellement au travers de la cuirasse d'un combattant, chevalier ou spectre ou de l'habit et les attributs d'un dieu. C'est le sort commun à tous en ces lieux et libre à tout un chacun de réagir comme ils le veulent mais que nul ne se leurre. En cette cité, tous entrent sur le même pied. Qu'il soit fils de roi, descendant d'illustre famille, pauvre mendiant affamé ou ancien délinquant n'ayant pas d'autre choix pour survivre que de voler un croûton de pain pour les siens, tous sont sous le même pied à leur entrée. Aussi, pense que tes mots n'ont pas de sens pour moi, ton nom de mortel n'impressionnera personne en cette cité. Et puis, Poséidon a-t-il prévenu ses victimes de la noyade imminente ? A-t-il prévenu Saori Kido, précédente incarnation d'Athéna, de son idée géniale de passer de force l'anneau des Niebelungen au doigt de la pure et vaillante princesse Hilda ? Aussi, avant de te plaindre de ce qu'il te semble une impolitesse ou que sais-je encore, songe qu'il y a pire comme indélicatesse que celle de ne point t'avoir prévenu de l'arrivée de notre bus face à toi...

Ceci étant éclairci passons à la suite.


Sans perdre un instant, Arwen reprit sa place sur le siège se tenant près de celui qu'occupait Hazama. C'était celui qui lui convenait le mieux. Elle n'avait rien d'une servante d'Athéna ou de quiconque d'autre, elle était juste le maître de cette cité, celle qui en tenait fermement la barre, régnant sur les terres et les âmes y vivant.

- La vérité puisque c'est cela que tu recherches, tu pourras la trouver ici, mais je dois te mettre en garde. Crains sa cruauté et toutes les blessures qu'il peut en découler.

Puis, son regard se fixant sur lui tout semblant lointaine.

- Tu possèdes déjà quelques connaissances qui te permettent d'user de ton cosmos.

Et souriant à son tour alors que la chouette battait des ailes avec ravissement avant de prendre son envol.

-  Ne suis pas surpris surtout après avoir ainsi agi. C'est une évidence plus que palpable à mes yeux. J'ai déjà tant croisé d'êtres dotés de capacités latentes ou si profondément endormies qu'elles en sont presque indécelables que je peux reconnaître toute personne capables d'agir sur l'environnement immédiat. Bref, pour en revenir à ce qu'il t'intéresse le plus. Tu veux la vérité ? Soit, je peux t'y mener, mais n'oublie pas que toi-même en détiens déjà certaines clés. Et pour cela, il te faut passer par Sparte, elle est le passage essentiel pour ton éveil ou non car certaines choses sont devenues plus qu'essentielles et le seul point de départ est ici. N'est-ce pas justice et équité de te permettre de découvrir au moins l'une des clés ? Athéna, la Sagesse, Athéna la Bienveillante, la Protectrice d'Athènes et la Victorieuse emplie de miséricorde a choisi de laisser une chance à la paix et cette chance inclue aussi les mers qui sont intimement liées au reste du monde. Les Mers de Poséidon, son pire ennemi...

Sur ses mots, l'énergie d'Arwen brilla juste un peu.

- Ainsi, tu ne peux ignorer que la déesse elle-même saura pour toi dès quand elle reviendra. Le choix te revient. Je te laisse cinq minutes pour te décider. Soit tu tentes soit tu disparais de cette cité et n'y remets jamais plus les pieds. C'est sans appel...

A prendre ou à laisser, c'est maintenant ou jamais, la recherche de la vérité ou la fuite sans espoir de retour. A toi de choisir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Simbad
Invité



MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Ven 17 Oct - 9:35

Athéna, Athéna, Athéna. Cette femme n'avait-elle donc que ce mot-là à la bouche ? Tous les dieux et toutes les déesses avaient des défauts, comme les Hommes à leur image. Simbad se prit à penser que si Arwen était la fidèle représentante de sa déesse, celle-ci devait être bien prétentieuse au vu des multiples titres qu'elle se donnait. Et alors ? Pourquoi les lui déclinait-elle tous ? Il n'était pas venu pour devenir prêtre, ni pour la servir, et la déchéance de Poséidon, il l'avait bien compris, était mal vue par tous dans cette cité folle. De toute façon, le même Poséidon n'avait pas reparu depuis treize années, pourquoi se lèverait-il maintenant ? Il n'avait plus d'armée, plus de peuple, plus de sanctuaire. Il faudrait qu'une menace extraordinaire survienne pour qu'il brise l'opportun repos de deux siècles dans lequel il s'était enfermé pour panser ses blessures. Qu'importait ce que l'on pensait de lui, depuis dix guerres saintes il se réincarnait sans faillir, il devait avoir de bonnes raisons pour cela, ou au moins des raisons solides, des attentes précises pour choisir son hôte.

"Ce que tu appelles une plainte n'en est pas une, Haut-Commandeur. Je ne prétends pas utiliser mon nom comme passe-partout, ni changer le destin du monde à moi seul. Tu voulais une explication sur mes attentes concernant ce lieu, je te l'ai donnée, et c'est ce fichu nom qui a mené ma vie jusqu'à ce jour, je ne peux y renoncer simplement en claquant des doigts. Mais si cela te paraît arrogant de ma part, je suis prêt à abandonner tout ce que j'ai, mon nom, mes possessions matérielles, mon passé, après un dernier appel à ma famille. Ainsi peut-être arrêteras-tu de me juger sans me connaître. Tu t'es peut-être renseignée sur mon vécu, sur mes capacités, sur je ne sais quoi d'autre que j'ignore moi-même, mais c'est Simbad que tu as devant toi, pas un prêtre, ni un guerrier, ni un messager, pas Julian, ni je ne sais qui d'autre. Tu ne m'as jamais côtoyé et ne peux donc pas déterminer à l'avance si je suis orgueilleux ou humble, faible ou fort, fourbe ou loyal, quelles sont mes croyances et où me mèneront mes choix. Quoi que tu en dises, tu ne le peux pas, à moins d'être injuste. Et si ta chère Athéna t'a choisie en personne pour la représenter, alors elle n'a pas dû s'adresser à quelqu'un qui juge les autres sans leur laisser le droit de de vivre pour eux-mêmes. Qu'elle sache qui je suis à son retour ? Si elle permet à un mortel de l'approcher, alors oui elle le saura. Qu'ai-je à craindre d'elle, si magnanime qu'elle tend la main à son ennemi pour une réconciliation ? En attendant, les ragots que t'ont fourni tes informateurs ne seront jamais le reflet de ce qu'ils pensent, et non ce que tu penses toi."

Ô, douce frontière entre l'audace et la témérité, marcher sur ta ligne me semble si grisant en cet instant. Les dieux, les Hommes, la hiérarchie. Simbad n'était qu'une puce comparé à tout cela, une puce que l'on pourrait écraser du bout du doigt. Si quelqu'un avait cru que cela le musèlerait, il s'était bien fourré le doigt dans l’œil. Il y avait des choses tolérables à dire, d'autres pas. L'opinion, le jugement, la prédétermination. Des pratiques si courantes au XXIe siècle que vous ne pouviez entrer dans une société sans être directement catalogué dans une case et ne plus jamais en ressortir. Les yeux flamboyants d'une résolution neuve - celle de tout quitter pour recommencer pour que l'on ne puisse le voir que comme Simbad et non comme "le frère de Julian Solo", "le serviteur de Poséidon" ou "l'orgueilleux qui se prenait pour un roi" -, le jeune homme se resservit de l'eau, nimbé du sentiment que c'était peut-être le dernier. Après tout, elle pouvait décider de le tuer ici même. Si les traditions étaient les mêmes que le décor auxquelles elles appartenaient, une exécution sans procès ne devait pas être impossible.

Décidé, il se leva et planta une nouvelle fois ses iris rouges au fond des siens, puis au fond de ceux de la chouette dont il ressentit une infime instant le cosmos.


"J'ai peur, je le confesse. J'ai peur de mon avenir, j'ai peur de découvrir ces clefs dont tu parles, j'ai peur et envie de la vérité. En revanche, je n'ai jamais fui et ne le ferai pas aujourd'hui. Tu peux toujours tenter de m'intimider avec ton cosmos, je ne fuirai pas. Je ne suis pas un lâche. Tu peux me punir, Arwen de Sparte, pour mon insolence ou les crimes de ma famille si cela te chante, je ne fuirai pas. Tout Homme meurt un jour sans savoir comment à l'avance, alors de ta main ou de celle d'un autre, cela m'est égal. Voilà ma vérité, voilà le chemin que je choisis."
Revenir en haut Aller en bas
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Sam 25 Oct - 18:21

Qu'était donc ce jeune homme se tenant face à elle ? La jeune femme ne cessait de se poser et se reposer la question à mesure que cet échange prenait une tournure de plus en plus désagréable. Rares étaient ceux à la mettre en colère d'entrée mais quand cela arrivait, les conséquences ne pouvaient qu'être terribles.

Pourtant, Arwen s'efforçait à se dominer, à juguler ce qui montait en elle. Elle qui n'avait pas encore eu le temps de pleurer sur le sort des siens aurait préféré mille fois accueillir l'orgueilleuse future Héra que ce gamin qui prétendait lui donner des leçons et se placer en saint alors que son ignorance et son indifférence envers les autres ne dupait personne. Prenant le temps de se resservir une tasse de thé, l'Etoile laissa le dénommé Simbad déclamer son discours sans faillir. De quoi la faire presque éclater de rire tant son ignorance des faits était flagrante. Et quand enfin, il se décida à mettre un terme à son monologue, elle prit à son tour la parole.

- Tu ne te plaignais pas ? Vraiment ? En ce cas, il serait grand temps que tu apprennes à t'exprimer correctement, jeune Solo, car à ton ton et à ta mine, tes paroles ont bien davantage sonné comme une plainte que comme une simple remarque jetée au vent. Et qu'une chose soit bien claire entre nous : j'ai bien plus d'expérience de la nature humaine que tu n'en auras jamais. Quoi de plus normal au fond, malgré le poids de mon passé et de mon héritage, je ne me suis nullement cachée sur une île déserte et plus que tous, je crois à notre rêve, au rêve de Sparte la Sacrée, cité du cosmos offrant un réel espoir de paix entre tous et toutes, que leurs pas soient ceux de futurs saints ou ceux de futurs spectres

Comme tant d'autres, j'ai donné des années de ma vie pour cela, pour ce rêve que tu prétends aussi vouloir partager...

Tous en ces lieux, nous caressons un rêve entre nous et sommes prêts à en assumer les besoins. Tout comme nous sommes prêts à accomplir d'immenses sacrifices...


Un sourire s'était soudain épanoui sur le visage de la jeune femme avant qu'elle ne poursuive.

- Renoncez à ton nom, ton titre prestigieux de la lignée des Solo ? Pourquoi exigerai-je cela ? Moi qui suis fille d'Hypnos, lui-même fils de Nyx et maître du Sommeil, et fille de Thalie, Muse de Comédie et de par son ichor sacrée petite fille de Zeus, en quoi devrai-je renoncer à cela ? Mon ascendance est la plus éclatante de toutes les preuves que la paix peut exister, que les fossés entre divinités autrefois plus qu'ennemies peuvent se combler si on leur en offre le temps et l'occasion.

Jamais, je n'ai renoncé à mon héritage et qui serai-je pour te forcer à le faire ? Non, tu n'es qu'un enfant ignorant et incapable de comprendre ce que l'on te dit sans perdre tout retenue quand on égratigne certains noms et puisque tu as besoin qu'on te parle comme à un enfant...

Et bien, je vais te le faire en un seul mot.


Sur ces paroles, elle haussa soudain le ton.

- ASSUME !!! La salle avait presque tremblé sous le timbre de la blonde déesse. Et prenant le temps de passer sa main dans sa longue chevelure, elle répéta, histoire d'être bien certaine que cette fois, il comprendrait ses mots.

- Assume... Voilà ce que j'exige de toi.

Assume ton passé, assume ton héritage de futur incarnât de Poséidon avant d'oser critiquer les choix d'un des quatre fondateurs de Sparte. Qui es-tu donc pour oser juger des choix de la déesse Athéna sinon un enfant qui s'est complu dans l'isolement le plus totale et vient juger les actes de ceux qui ont tout fait pour fonder un nouvel espoir sur les ruines qu'ont laissées les dernières guerres saintes ?


L'immense charisme d'Arwen éclata soudain. Ses yeux brillants supportaient si bien la pâle imitation des iris vampiriques qu'elle n'avait aucun mal à les contempler, à les sonder. Si égoïste, le regard de ce gamin était si vide de compassion et empli d'égoïsme en cet instant. Il lui manquait de cette flamme, de cette force propre aux olympiens désireux de reprendre leur monde et leur avenir en mains, propre de redonner vie et abondance à ceux qui les servaient et les vénéraient.

Une seconde s'étira encore avant qu'elle ne fasse s'embraser faiblement son cosmos et n'interpelle directement le si colérique frère de Zeus.

- Poséidon, maître des Océans et des Mers, rien n'est pire comme incarnât qu'un humain borné, hautain et suicidaire. De par les dons qui sont les miens, je l'envoie sur le chemin que les Moires lui ont tracé pour le mener à l'urne sacrée en laquelle Athéna t'a enfermé mais ne te fais aucune illusion, jamais, cette âme ne pourra te tirer de ta prison.

En mon nom et celui de Sparte que s'ouvre la porte vers la dimension où Athéna a cachée son urne sacrée. Que ton voyage soit à la hauteur de tes espérances, Simbad. Même si je gage que tu n'effleurera même pas le seuil de la première porte car contrairement à l'ensemble des spartiates, tu n'as pas la flamme sacrée en toi, tu n'as aucune réelle volonté en toi. Comment pourrais-tu obtenir ce que toi même ne sait pas vouloir désirer plus que tout, plus que ta propre existence ?

Cette sirène a vraiment été en dessous de tout niveau entraînement et éducation. Au lieu de te donner le savoir indispensable pour surmonter le passé et les actes de tes prédécesseurs en plus des arts cosmiques, elle a fait de toi un agneau bon pour l'abattoir. Le tribunal des Enfers appréciera...

Adieu ou à très bientôt.


Et ouvrant un portail aussi sombre qu'implacable, elle fit disparaître le prétendant aux pouvoirs et au nom de Poséidon. Seul, sans arme et sans la flamme unique qui avait éclairé si puissamment une Diane ou un Angron, le jeune Simbad n'avait aucune chance de surmonter la morsure de la Vérité. Arwen le savait mais il avait embrassé cette voie sans prendre le temps de demander de l'aide. La déesse n'avait qu'une seule parole et de par ses propres paroles, Simbad avait renoncé avant même d'avoir quoi que ce soit tenté.

Pauvre Poséidon, à l'avenir, fais comme Athéna, choisis une enveloppe de chair la plus proche possible de ce que tu es au plus profond de toi. Et lorsque cette enveloppe sera sur terre, façonne là et offre-lui les meilleurs guides que tu peux trouver en ton Royaume. Qu'elle aie les armes et les moyens de ne faire plus qu'un avec ta propre âme lorsque le moment de ton réveil viendra. Et surtout, renonce, renonce aux Solo... Qu'avec Julian s'éteigne la lignée qui t'a tant trahie...

Et sur ces pensées, Arwen se resservit une tasse. Tout était consumé à présent. Nul ne saurait jamais ce qu'il serait advenu de Simbad. La volonté des Moires surpassaient tout et même elle savait qu'on ne pouvait que difficilement à sa destinée échapper.

[HRP : Simbad quitte Sparte pour un voyage sans retour. L'incarnation de Poséidon a échoué]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadès
Dieu des morts et Empereur du monde souterrain
avatar

Messages : 50
Date d'inscription : 03/11/2014

Feuille de personnage
Hp:
437/437  (437/437)
CS:
800/800  (800/800)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Mer 5 Nov - 15:50

Post d'introduction :

Et alors que je saluais d’un geste de la main le chauffeur qui m’abandonnait au pied d’un escalier invraisemblablement long, j’ouvrais des yeux ahuris en observant l’architecture démentielle de cette cité où je me trouvais à présent.

*Mais… Cette tour… Elle vole ?!*

Il n’y avait que fort peu de place pour le doute, cette énorme bâtisse était bel et bien en lévitation a plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol et se tenait là, stoïque, reliée au reste de la ville par toute une série d’arches et de passerelles formant comme une inconcevable toile d’araignée entre les différente structures de la cité.

Visiblement, l’architecte de ces lieux ne devait pas avoir eu à l’esprit de restriction aussi terre à terre que les proportions ou la gravité. Tout ce que je voyais semblait être fait pour défier les cieux par sa démesure et sa superbe. Tout jusque dans les matériaux semblait sortir d’une autre dimension, tout semblait vibrer de cette énergie secrète que le chauffeur avait tout juste eu le temps de me nommer.

« Et merde au royaume du ciel… C’est comme si chaque pavés de cette ville transpirait de… Cosmos. »

Trop de question, beaucoup trop de question, et vraiment pas assez de réponse. J’avais beau m’attarder auprès des personnes alentours pour en obtenir, à chaque fois, je recevais un salut plus ou moins expéditif, et la directive d’aller voir soit l’un des préfets de maison, soit le haut commandeur de la cité lui-même comme me l’avait conseillé le chauffeur du bus.

*Bon, et bien allons voir el capo de tutti capi alors.*

Déprimant à la simple vision des marches qui semblaient me narguer en me disant de renoncer, j’entrepris alors leur ascension tout en me demandant l’intérêt d’avoir encore des escaliers dans une cité où les bâtiments pouvaient voler.

*Ça doit être… Pour… Décourager ceux… Pfiouuuuuuuuuuuuu… Voulant… Atteindre… Le haut commandeur…*

Sur le moment, je me dis que si toutes les administrations devenaient ainsi, fort peu de gens iraient s’y plaindre. Qui que soit l’architecte de cette cité, c’était un malin, et un vendu.

*Aller Wilson, courage, plus que deux milles marches, au moins…*

« Peuvent pas avoir des escalators comme tout le monde ! »

L’ascension se poursuivit alors, entrecoupée de quelques jurons et autre malédiction lancée à l’encontre du sadique ayant fait des marches aussi hautes et aussi nombreuses, ce qui avait l’air de beaucoup amuser les personnes que je croisais et qui eux semblait faire ça dix fois dans la journée sans trouver à redire.

« Mais comment vous faites sérieux ? Vous carburez à quoi ? »

La réponse me vient avec leur sourire.

« Aaaaaaaaaaaaaaaah, d’accord… Fallait me le dire plus tôt. »

Je n’étais pas dans une ville normale, marcher normalement n’était plus à la mode ici, aussi, pour être dans le coup, il me fallait m’adapter.

*Bon, vue que les tours volent ici, j’imagine qu’ils en ont vu d’autre.*

Retirant alors mes gants et relevant mes manches de chemises, je révélais au grand jour pour la première fois depuis bien des années ce bras gauche qui m’avait causé tant de nuit blanche.

Libéré de son carcan de tissu, sa noirceur crut alors en prenant la forme de petites excroissances au niveau du coude, comme s’il se sentait chez lui ici, ce qui pourtant n’arrêta même pas la marche de ceux qui posèrent les yeux dessus.

« Et ben ça alors… »

Pour la première fois de ma vie, je me sentais presque normal, au milieu d’êtres extraordinaires dégageant tous cette chose que le chauffeur, eux et moi-même partagions, cette puissance soi-disant divine appelée Cosmos.

« Bon, assez trainé. »

Serrant les poings, j’étais pour la première fois de ma vie excité à l’idée de découvrir tout le potentiel que cachaient ce bras et ce pouvoir auquel il était lié. Pour la première fois, je sentais que je pouvais me lâcher et que rien de fâcheux n’arriverait.

« Hihihihihi. »

Fébrile, excité au point d’en rire tout seul comme un beau diable, je m’accroupissais alors et laissais mon pouvoir enfler sans cette fois tenter de le restreindre, ce qui cette fois provoqua des réactions autours de moi.

« Ça vous épates hein ? Et attendez, c’est pas fini ! »

Je sentais que je n’avais fait alors que percer le vernis d’un pouvoir dont je ne parvenais alors même pas à entrevoir la fin, comme si une fois que j’avais creusé la surface, je tombais dans un abime sans fond de puissance infinie.

Des volutes de ténèbres apparurent alors autour de moi tandis que les ombres m’entourant se mirent à grandir, pendant un instant, je crus à une éclipse tant la lumière ambiante semblait diminuer, jusqu’à ce que je lève les yeux au ciel pour me rendre compte que je venais de créer une gigantesque sphère de ténèbres au-dessus de ma tête et dans laquelle j’avais englobé une large partie de ces maudits escaliers.

« Hey vous là ! »

Accourant, ou plutôt, bondissant de toit en toit, un petit groupe d’être en armure dorée armés des lances étincelantes tombèrent du ciel autour de moi, visiblement mécontent.

« Qu’est-ce que vous faites ? Les manifestations de cosmos de cette envergure ne sont pas autorisées en dehors des salles d’entrainement et des arènes. Cessez immédiatement ! »

Apeuré, tant par la puissance qu’eux aussi dégageaient que par ce pouvoir dont je commençais à peine à comprendre l’ampleur, je diminuais tant bien que mal sa concentration et sans trop savoir comment, fit disparaitre la sphère noire nous entourant.

« Vous n’êtes pas encore Spartiate, mais ce n’est pas pour cela que vous pouvez faire ce que vous voulez chez nous. Tant que vous demeurez dans cette citée, vous vous plierez à ses lois, ou vous en paierez le prix. Est-ce clair ? »

Visiblement, j’étais tombé sur la police des dieux, ou quelque chose du genre. Ainsi même avec de tels pouvoirs à notre disposition, l’ordre et la Loi continuait d’exister. Cela me fit l’effet d’un énorme soulagement et me rendit le sourire.

« Toutes mes excuses, je me suis laissé emporter. Je voulais juuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuste… »

Je n’avais voulu que me redresser, mais c’était sans compter sur mes nouvelles capacités que mon pouvoir encore bien présent avait fait naitre en moi. A peine avais-je déplié mes jambes que je m’envolais littéralement dans les airs dans une ascension vertigineuse qui me fit côtoyer un instant jusqu’aux oiseaux dans les cieux.

Je crus un instant être pareille à eux, qu’il me suffisait d’étendre les bras pour planer à jamais dans les airs, mais au lieu d’être un albatros, j’étais plutôt comme un Icare, car la gravité me rappela à elle tandis que je retombais alors droit sur la plus haute structure de la cité, et plus précisément sur un balcon situé à son sommet et qui devait donner une vue imprenable sur toute la ville à qui s’y rendait.

« Bordel de meeeeeeeeeeeeeeeeeer...! »

Déployant encore une fois mon pouvoir en une masse d’ombre et de forme éthérées qui se mirent alors à geindre et à grimacer autours de moi, sans m’en rendre compte, instinctivement, je les déployais maintenant devant moi comme un bouclier protecteur qui au moment de l’impact avec le balcon me fit l’effet d’un plongeon dans un bain de duvet.

Mes réflexes m’avaient semblaient-t-ils épargnés bien des plaies, mais maintenant voilà, j’étais perdu ou plutôt quillé au sommet de la cité la plus incroyable que j’avais jamais vu, et je n’avais aucune idée de comment redescendre si ce n’est en sautant du balcon ou en toquant aux portes qui me faisaient face. Le choix fut vite fait.

« Excusez-moi ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Jeu 6 Nov - 22:06

Ainsi en étaient allées les choses. L'immense portail s'était refermé sur Simbad, piètre incarnation d'une piètre divinité. Poséidon était trop colérique et vaniteux pour songer aux autres. Il avait bien les pires travers des Olympiens. Là où le charisme, la force et un réel soucis des autres - à sa façon mais un souci quand même - faisaient merveille chez le roi des dieux, l'orgueil mal placé et l'agressivité tiraient son frère vers le bas, la fange où il serait amené à stagner aussi longtemps qu'il n'apprendrait rien de ses erreurs. Athéna le surpassait en intelligence et Zeus en puissance.

Et sa dernière incarnation avortée avait été le choix le plus désastreux de tous les temps, le menant au tombeau avant même qu'il ne puisse l'investir. L'habitude, il fallait parfois être capable d'en changer.

Un soupir et la jeune femme remit de l'ordre dans la vaste salle. Seule, elle refusait toute intrusion en ces lieux. Seul le Chauffeur le pouvait en plus des quelques invités amenés à embrasser leur destin voire le heurter en ces temps si surprenants.

L'avenir est en mouvement tout comme le flux du temps. Mon père, ma mère, en vous, je reste confiante, même brisés même torturés, vous trouverez la force de vous rejoindre et moi, celle de tenir les rènes de Sparte jusqu'à votre retour.

Elle n'en doutait pas. Le Haut Commandeur ne doutait pas du retour de ses parents. Divinités, ils étaient et même si l'on détruisait leurs enveloppes sacrées, ils finiraient par d'autres en retrouver.

Hazama...

Lui aussi avait disparu lui laissant le poids de Sparte et avec lui une nouvelle ambition naissante. Poséidon avait été écarté et pour des siècles. De quoi permettre à une nouvelle ère de se lever. Une ère purifiée de la folie des carnages et des guerres incessantes. Athéna et Arès les incarnaient mais ils n'étaient pas seuls en cause et puis, l'éternelle vierge faisait la guerre pour retrouver la paix et l'équité, du moins autant qu'elle le pouvait.

Athéna n'était pas si mauvaise contrairement à ce fou d'Arès...

Elle en était à ce stade de ses réflexions avant qu'un nouveau cosmos d'une puissance considérable ne fasse son entrée en sa cité du cosmos.

Ce pourrait-il ?

Intriguée, elle s'était relevée avant de se raviser. Le bureau qu'elle occupait à présent était encombré de toutes sortes d'objet et l'odeur laissé par ce gamin malpoli flottait encore dans l'air, autrement plus désagréable que celui du cigare du Chauffeur. Cette fragrance portait un rappel de ce qu'était le monde marin et ce que Poséidon lui avait laissé infliger de par sa propre faute. Sa guerre contre Athéna ne cessait de ravage son domaine. A chaque retour, tous les efforts faits pour cette étendue si vaste qu'elle en occupait septante pourcents de la surface de la terre.

Prenant une profonde inspiration, elle ferma alors les yeux, déployant son cosmos avant de faire s'ouvrir toutes les fenêtres. Il n'en fallut pas plus pour que l'air se renouvelle et qu'elle les referme aussitôt. Une autre élan et elles embrasa des dizaines de bougies parfumées. De quoi faire planer de nouvelles senteurs en ce bureau. Les miasmes de Poséidon étaient ainsi chassées mais aussi l'odeur qu'avait laissé Hazama lors de sa dernière visite.

Un peu de nostalgie la prit tandis qu'elle contemplait le plat d'oeufs durs où n'en demeurait qu'un seul et une idée soudain lui vint.

Le garder...

Elle avait en effet tout ce qu'il fallait pour conserver cet unique oeuf dur. Ce n'était pas les solvants et les solutions qui lui manquaient. Enfermer cet ultime vestige dans une sorte d'écrin comme pour rappeler la place qu'avait occupé l'ancien Haut Commandeur et le lien qui s'était développé entre eux.

Les instants suivants se passèrent en rangements, déménagements, aménagements, bref, projet récurage de fond en combles. Tout devait être parfait et d'une propreté quasi stérile avant le retour du Chauffeur. Arwen prenait ses marques, changeait l'ameublement sans aviser qui que ce soit. Ce bureau était le sien, alors, il allait lui ressembler.

Elle en était aux déplacements des piles de dossiers qui ne devaient souffrir nulle dégradation que ce cosmos revint la perturber.

Divin, encore ? Mais...

A mesure qu'il approchait, il lui rappelait quelque chose ou quelqu'un. Elle qui était pourtant encore si jeune parmi l'ensemble des dieux semblait connaître celui qui montait vers elle.

Voyons, qui était incarné du temps de ma lointaine jeunesse...

Un à un les visages apparaissaient et disparaissaient en sa mémoire avant que le nouvel arrivant ne vienne carrément frapper aux portes du balcon. Et reposant au mieux les piles de documents, la jeune femme se réinstalla dans le fauteuil du bureau avisant d'un regard la chouette qui finalement s'en était retournée près d'elle. La disparition de ce gamin de Simbad devait sans doute y être pour quelque chose.

- Te voilà de retour, toi... Souffla-t-elle en lui caressant le plumage. A point nommé si l'on peut dire ainsi.

Et sur une dernière caresse, elle fit s'ouvrir les portes toutes grandes, révélant un jeune homme aux cheveux noirs vêtu avec une certaine élégance sobre. Il était encore trop loin pour qu'elle puisse juger de son regard et de ce qu'il renfermait mais cela ne l'empêcha pas de l'accueillir avec tous les honneurs, d'une voix douce et calme.

- Entrez...

Soyez le bienvenu et n'ayez crainte. Je suis Arwen, Haut Commandeur de Sparte la Sacrée, enchantée de voir que certaines personnes ont encore quelques manières et éducation.


Et remarquant l'ombre sombre qui semblait incrusté en la chair du futur dieu. Du moins, son cosmos le laissait supposer, elle ajouta.

- Apaisez-vous et laissez cette partie de vous retourner en sommeil. Je peux vous garantir qu'en cette cité, nulle violence gratuite n'est tolérée. Venez donc vous joindre à ma chouette et moi, c'est presque l'heure du thé et je pense que cela sera l'idéal pour discuter de ce qui vous amène parmi nous, le destin que les Moires vous ont réservé et qui inévitablement passera par moi et cette cité...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadès
Dieu des morts et Empereur du monde souterrain
avatar

Messages : 50
Date d'inscription : 03/11/2014

Feuille de personnage
Hp:
437/437  (437/437)
CS:
800/800  (800/800)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Ven 7 Nov - 15:03

J’avais à peine eut le temps de toquer aux portes fenêtres que celles-ci s’ouvrirent comme par magie sans que personne ne se tienne derrière ou qu’un quelconque système d’ouverture automatique n’apparaisse à mes yeux.

*Normal…*

Après tout, j’étais dans une cité qui respirait la force divine comme l’avait nommé le chauffeur, alors que des portes s’ouvrent toutes seules, cela n’avait rien d’extraordinaire au fond.

« Pardonnez-moi pour cette intrusion, je me suis… envolé. »

Ne trouvant pas d’autres mots pour expliquer mon arrivée sur son balcon à la ravissante jeune femme qui me fixait alors de son fauteuil situé en contrebas, tout penaud de mon arrivée pour le moins extravagante, je refermai manuellement les portes derrières moi avant de descendre l’escalier en colimaçon menant au rez-de-chaussée de ce qui me semblai être le bureau de Dumbledore.

*Mais je suis tombé où moi ?*

Si tout dans cette pièce semblait effectivement transpirer le Cosmos, j’arrivais semble-t-il en plein nettoyage de printemps, cette jeune femme venait-elle d’emménager céans ? Ou au contraire allait-elle partir ?

« Je… Mon nom est Wilson, Shadowhive Wilson, et je suis… enfin je crois que je suis inspecteur de police à Los Angeles… Mais pour tout vous dire, je ne suis plus trop sûr de grand-chose depuis quelques temps. »

Au visage quelque peu maussade de la jeune Arwen, je devinais que sa journée n’avait pas dû se passer des plus agréablement, aussi, lorsque je m’approchais suffisamment d’elle pour avoir le souffle presque coupé par la puissance qu’elle dégageait, j’eus instinctivement un mouvement de recul tandis que mon bras gauche réagit par lui-même en s’animant et en se couvrant de tentacules d’ombres fouettant l’air autour de moi et cherchant à s’en prendre au haut commandeur de Sparte.

« Mais ? »

M’en saisissant alors de mon bras droit, je me vis alors contraint de lutter avec moi-même pour ne pas avoir à regretter un geste qu’alors je ne comprenais même pas.

« Toutes… mes excuses… Je ne sais pas ce qui me prend. »

Décidément, mon discours n’avait aucun sens. Et tandis que je tachais de mon mieux de retenir la puissance agressive qui menaçait d’exploser dans cette pièce au travers de mon bras s’agitant encore de lui-même, je tachais de rester calme tant mon état émotionnel ne semblait que faire empirer les choses.

Ce fut alors qu’en observant plus en détail tant les mouvements de mon bras que le monde qui m’entourait, je réalisai que ce n’était pas en vérité Arwen que mon pouvoir semblait vouloir atteindre, mais bien cette chouette dorée posée tout près d’elle.

« C’est cet oiseau ? Mais enfin qu’est-ce que cette pauvre bête t’as fait ? Arrête ! »

Face à ma colère, mon bras se calma comme par magie, ne pulsant alors plus que quelques fois avant de redevenir serein tandis que les tentacules revenaient en lui avec douceur.

*Pourquoi ? Pourquoi veut-il tuer cet oiseau ?*

Ce n’était certainement pas une question que je pouvais poser au haut commandeur ici présent, aussi, tenant toujours mon bras gauche de ma main droite, je fis le tour de son bureau pour m’installer à mon tour dans un fauteuil et soupirer en fermant les yeux.

« Encore une fois je vous présente toutes mes excuses, j’espère ne pas vous avoir effrayé vous et votre oiseau. Je ne comprends pas tout ce qui m’arrive à vrai dire. Tout s’enchaine si vite, j’ai l’impression de devenir fou… »

Avant de poser la moindre question, je me devais de calmer mon propre esprit. A l’heure actuelle, vue mon état, je ne pourrais assimiler aucunes réponses de toute façon. Il fallait que je fasse mon propre point avant de chercher à vouloir aller plus loin.

*Bon, réfléchissons. Je suis apparemment bien éveillé, et dans une ville où tout semble sortie de la quatrième dimension… Mon esprit me dit que je nage en plein délire, mais mes sens eux me hurlent que c’est bien la réalité, de même que mon nez…*

L’éternel dilemme entre la foi et la raison. Bordel, déjà que j’avais perdu la foi en Dieu, il fallait maintenant que je choisisse entre cette nouvelle réalité et ce à quoi j’avais été habitué depuis tout petit.

Respirant alors un grand coup, je résolu alors de répondre moi-même à cette question. Au fond de moi, comme le chauffeur l’avait dit, je savais, j’avais toujours su, que ce n’était pas de la chance.

*J’ai toujours su où viser, quand tirer, où les trouver. J’ai toujours su que ce n’était pas de la chance.*

« Oui, j’ai toujours su… »

Rouvrant alors mes paupières avec une nouvelle idée fixe à l’esprit, j’allais à présent simplement accepter ce qui se présenter à moi comme un fait péremptoire, ni plus, ni moins.

« Vous n’auriez pas du scotch plutôt ? Sec de préférence s'il vous plait ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Dim 9 Nov - 16:35

Hahaha...

Un rire délicat avait failli franchir les lèvres du Haut Commandeur au vu des explications de son nouvel invité quant à son arrivée sur son balcon. Cela lui faisait tant de bien tout comme ses menus travaux manuels. Bien sûr, elle avait largement les moyens de le faire d'un simple embrasement de cosmos mais parfois le simple exercice physique suffisait amplement.

- Je vois, vous disposez déjà d'un cosmos puissant mais qui a tendance à en faire un peu trop à sa tête. Agir par instinct semble encore être le maître mot pour vous mais ce ne sera que passager. Viendra le jour où il sera à votre entière disposition.

Et calmant le rire libérateur qui avait failli lui échapper sans crier garde, Arwen enchaîna avec toute la dignité liée à son rang.

- Et bien enchantée Wilson, je suis ravie de vous recevoir en ces lieux. Pour ce qu'il est de vos souvenirs, ne soyez pas inquiet, c'est tout à fait normal de se sentir désorienter en franchissant les murs de cette cité et encore plus, ceux de ce palais. Avec le temps, tout s'éclaircira, renvoyant tout ce qui n'a qu'au final peu d'importance en regard du destin que vous ont tracé les Moires au rang de souvenirs. Libre à vous alors d'en faire l'usage qui vous conviendra le mieux...

A peine avait-elle dit cela que le cosmos de Wilson lui échappa de nouveau, faisant apparaître une multitude de bras plus que sombres et qui, sans attendre, se mirent à fendre l'air. Le temps que la blonde scientifique se redresse et Wilson se retrouvait à lutter contre lui-même.

Je vois, cela vous dépasse à ce point. Lutter contre soi ou celui que l'on est amené à devenir est aussi l'une des épreuves suprêmes pour accéder à la plus haute des destinées. La puissance divine, je sens la puissance divine en vous.

Suivant ses pensées, son cosmos s'était élevé à son tour, ménageant un écran entre elle et la masse désirant tellement fouetter tout ce qu'il passait à proximité.

Au moins, on connaît certains de vos goûts pour le châtiment.

Et soudain, elle réalisa quasi en même temps que Wilson.

Ma chouette ?

Cette puissance en avait à la chouette sacrée que lui avait offerte la déesse Athéna pour qu'elle lui tienne compagnie et lui rappelle sa présence et toute l'aide qu'elle était en droit d'attendre d'elle.

Je vois. La preuve est faite. Vous êtes infiniment plus intelligent que ce pauvre Simbad. Lui n'avait même pas relevé sa présence autrement que comme celle d'un simple oiseau. Cette fois, c'est clair, rares sont les dieux aussi remontés envers la Sagesse et j'ai déjà croisé deux d'entre eux parmi les trois voire les quatre potentiels.

L'ombre, l'agressivité quasi viscérale envers la fille de Zeus, l’Éternelle Vierge et ce lien avec la Justice. Tout concordait. Cela était si évident maintenant que cette force qui ne lui était pas si inconnue que cela s'était manifestée avec force. A tel point que le dénommé Wilson en avait été réduit à se maîtriser lui-même physiquement, au sens propre du terme. Le voir se mesurer à son propre bras en usant de l'autre était un de ces spectacles autrement plus inoubliables que celui du précédent gamin se prenant pour un dieu.

- Excuses acceptées et encore davantage que ce geste est hautement compréhensible sachant ce que représente ma sage et silencieuse compagne. Permettez juste que je la mette hors de portée de la vindicte de votre ombre.

Sur ce, le Haut Commandeur prit l'oiseau sur son bras avant de se diriger vers l'une des autres portes. De la place qu'il occupait, Wilson ne pouvait le voir mais elle n'eut qu'à appeler pour que l'un des gardes n'emmène l'animal en sécurité. Ceci fait, elle referma la porte.

- Maintenant, revenons-en à nos moutons. Comme je vous le dis, j'accepte vos excuses et comme j'ai pu vous entendre le dire vous-même, vous l'avez toujours su. Vous avez toujours su que vos dons vous distinguez des hommes mais qu'en même temps, vous n'avez qu'une vue partielle de tout ce que cela implique...

Et se dirigeant vers le bar qu'elle n'avait pas encore déplacé, elle ajouta.

- Bien, je pense aussi qu'un vrai remontant ne sera pas de trop pour vous guider vers la vérité concernant votre pouvoir et votre destinée.

Sur ce, elle revint prendre sa place dans son fauteuil, tendant le verre de scotch au futur Hadès.

- Dès que cela ira mieux, racontez-moi ce que le Chauffeur vous a conté sur notre cité et ce qu'elle contient et représente. Ainsi, je saurai comment vous annoncer ce que j'ai déjà pu déduire des quelques instants passés en ma compagnie et celle de la chouette sacrée de la déesse Athéna.

Sur ces mots, son regard brilla soudain. Elle avait volontairement nommé la déesse, histoire de vérifier ce qu'elle avait déjà compris, la haine quasi viscérale de cette énergie pour la Guerre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadès
Dieu des morts et Empereur du monde souterrain
avatar

Messages : 50
Date d'inscription : 03/11/2014

Feuille de personnage
Hp:
437/437  (437/437)
CS:
800/800  (800/800)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 10 Nov - 22:15

Décidément, les gens d’ici semblaient ne plus pouvoir être atteint ni par la surprise ni par l’effroi. Je venais de manifester sans trop savoir comment une myriade de tentacules d’ombre qui avait failli réduire le bureau tout entier en un amas de copeaux, mais Arwen s’était simplement contenté de manifester une sorte de barrière de protection entre elle et moi, avant qu’un petit sourire presque amusé n’apparaisse sur ses lèvres sensuelles.

Loin d’elle l’idée saugrenue d’avoir peur ou d’être surprise, cela semblait lui avoir redonné de la joie !

*Oui, normal ça aussi… Je lui dis que je me suis envolé, ça l’a fait presque rire… Alors une dizaine de tentacules d’ombres… Bordel !*

Il me faudrait vraisemblablement du temps pour m’adapter à ce nouvel univers où tous mes repères semblaient pour le moins obsolètes si ce n’est hors de propos.

Le temps pour Arwen de faire quitter à sa chouette la pièce où nous nous trouvions, et elle m’apporta un verre à demi remplis de philtre de courage en bouteille.

« Merci, j’abuse peut-être, mais vous pourriez amener la bouteille ? Je pense que j’en aurai vite besoin. »

En effet, descendant cul sec le demi verre que le haut commandeur de Sparte m’avait donné, je tachais de faire le tri dans mon esprit entre les informations qui m’avaient été donné, celles que j’avais observé personnellement, et celles que je supposais.

« Athé… ? Athéna la déesse grecque de la guerre ? Attendez, vous voulez dire Athéna en personne ? Ou il s’agit d’une allégorie ? Vous me faites marcher c’est ça ? »

J’avais beau me dire que c’était du délire, mais même au moment où je disais ça, je savais déjà la réponse.

« Alors… Les dieux sont… Réels ? »

Moi qui avais perdu la foi… J’avais l’air malin maintenant.

« Tous les dieux sont réels ? Je veux dire… Les dogmes et les religions monothéistes ? Les cultes animistes ? Le Voodoo ? Tout est vrai ? »

A cet instant je venais de franchir la porte de la cinquième dimension. Déjà que la puissance qui était la mienne me dépassait totalement, que des dieux soit sur Terre et surtout, qu’ils y soient pour de vrai… Je dus me resservir un verre.

*Bon du calme, ce n’est pas du délire, c’est la réalité. Accepter les faits qui se présentent à toi comme tels... Les dieux se promènent sur terre, et après ? Qui sait, j’aurai peut-être enfin l’occasion d’en coller une à Dieu maintenant.*

Descendant mon nouveau verre de la même manière et retrouvant le sourire, je tachais d’assimiler la nouvelle pour le moins indigeste et finalement repris d’une voix calme où se lisait une pointe d’espièglerie.

« Pour tout vous dire, votre chauffeur ne m’a pas dit grand-chose. Il m’a dit que mon pouvoir que j’avais toujours cru unique ne l’était pas, qu’il était la puissance divine même, et qu’ici, dans cette ville, je trouverais d’une part des gens qui comme moi, la possède et la manipule, et d’une autre part… »

Devais-je parler de moi-même ? De ces questions qui m’obsédaient ? Non, cela n’était ni le moment ni l’endroit.

« Et d’une autre part un moyen pour moi-même d’apprendre à l’utiliser lui. »

Montrant alors de plus près à Arwen ce fameux bras gauche qui depuis des années me menait la vie dure, j’osais espérer que cette fois il ne se passerait rien de fâcheux comme avec cette chouette dès lors que j’avais cru pressentir en elle une énergie à la fois inconnue et étrangement familière.

« Maintenant, de ce que j’ai pu voir de mes propres yeux, je dirais que mes dons ne vous sont pas étrangers, loin de là, et que d’après vos réactions, ils vous sont même relativement connus. A quel point les autres me ressemblent, je ne saurai dire, si ce n’est que j’ai n’ai vu aucun bras comme le mien pour l’instant. J'ai aussi put constater que cette ville toute entière transpire de ce pouvoir, ce Cosmos comme l’a nommée votre chauffeur, et maintenant que je l'ai vu, je comprends pourquoi cela doit demeurer le seul endroit au monde à pouvoir accueillir les gens comme… nous. »

En effet, accueillir en plusieurs endroit du globe des individus pouvant d’un bond rejoindre les avions de ligne n’était pas une bonne idée.

*Pas une bonne idée du tout.*

« Maintenant à vous de jouer. Vous semblez en savoir plus sur moi que je n’en sais moi-même. Et ça ne m’étonne qu’à moitié étant donné le peu que je sais. Aussi, si cela n’est pas trop demander, j’aimerai que vous éclairiez ma lanterne sur ça... »

Une nouvelle fois, je désignais mon bras gauche avant de désigner l’ensemble de la pièce.

« Et tout ça. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Sam 15 Nov - 12:33

L'expression de Wilson valait le détour. Sa sincérité et son trouble face à ce qu'il vivait étaient tels que cela lui donnait un côté presque touchant. La jeune déesse ne pouvait douter de sa future position face à la Sagesse mais en même temps, l'Hadès de cette génération devrait faire face à des difficultés autres que tout ce qu'il avait déjà pu traverser de par le passé. De quoi redistribuer les cartes dans un ordre totalement différent.

Hadès, le roi de l'Outre-Monde, tu devras faire face aux bouleversements de l'histoire ainsi que la naissance de cette cité où tes propres spectres passent les années précédant leurs éveils. En ces lieux, ils côtoient les futurs saints de la déesse Athéna aussi que les futures divinités de l'Olympe. Tout en ces murs ne peut que souligner le renouveau de cette époque en plus des troubles qui n'auront de cesse de la tourmenter jusqu'à l'avènement d'une nouvelle ère...

A cette pensée, elle ne pouvait que se rappeler les noms des quatre fondateurs. Les Quatre dont une seule demeurait encore, laissant le poids de Sparte et de son destin sur les épaules de la jeune Etoile...

La tristesse d'Arwen était toujours aussi immense mais en elle, elle avait comme senti une pointe se retirer et même l'étau qui lui enserrait le cœur à l'en broyer était moins oppressant. Quelque chose venait de se passer. Elle ne savait quoi mais son intuition le lui soufflait.

Se pourrait-il ?

L'espoir renaissait soudain en elle mais elle ne pouvait se dérober à ce qu'il se passait présentement. Athéna venait de revenir. Son cosmos divin illuminait tout ce qui l'entourait. C'était tellement fort à ressentir que le Haut Commandeur ne pouvait douter de son ascendant sur les saints qui lui étaient déjà naturellement dévoués.

Entre des saints presque fanatiques et des spectres emplis de l'esprit des Enfers, le choc pourrait s'annoncer rude si nous étions en d'autres lieux que Sparte avec cette rencontre qui risque de se faire imminente. Seulement, la cité du cosmos avait ses propres ressources et l'influence qu'elle exerçait sur ses occupants était réelle. Maintenant, si la blonde scientifique pouvait éviter cela, elle le ferait.

Oui, je dois les maintenir chacun dans un lieu différent. Une escalade de violence serait plus que malvenue surtout avec l’œil de Zeus sur nous...

Cette résolution prise, elle se dirigea vers la bouteille qu'elle remis d'un geste calme au jeune homme.

- Je vois, il est normal qu'il vous faille un peu de temps pour digérer la nouvelle mais au fond de vous, vous avez déjà quelques idées. Prenez le temps de rassembler vos idées et je sens que certaines choses vous paraîtront trop incroyables avant que votre esprit ne se rappelle à vous et éclaire les événements de votre passé sous un jour nouveau...

Et comme pour répondre à ses paroles, Wilson s'exprima soudain, comprenant le sens lié au nom de la Sagesse.

Oui, Athéna existe tout comme les divinités grecques, les titans et les monstres...

Tant de récits qui n'ont eu de cesse d'être déformés dans les mythes mais dont les acteurs sont bien réels. L'humanité a tenté d'arranger le tout selon des visions lui convenant mieux mais cela n'est jamais qu'une parcelle de vérité changée et interprétée selon les idéaux ou les ambitions de ceux les lançant au fil du temps. Gardez juste à l'esprit la présence des dieux grecs dans ce monde et dans bien d'autres mondes dont l'un ne pourra trouver qu'un écho agréable en vous.


Un autre choc que le jeune homme accusa avant de reprendre contenance. Il était au cœur de la tempête mais tenait bon. Un battant, c'était enfin le corps d'un battant qu'Hadès avait choisi. Sa volonté de remonter la pente et de tenir fermement la barre en toute situation éclatait en lieu avec tant d'énergie sombre qu'Arwen ne pouvait qu'apprécier la justesse de ce nouveau choix.

Oui, il ne connaît pas les tenants ni les aboutissants mais lutte, lutte avec tous ses moyens pour avancer vers la lumière et la vérité.

Le tout était de savoir de quelle étoile, il suivrait le flamboiement. Hadès était lié au monde que son père avait si souvent défendu de ses mains. Le lien entre Hadès et Hypnos était encore si présent et la disparition du Sommeil ne changerait rien...

Et sans se départir de son sourire, elle écouta les dires de Wilson.

- Le cosmos est en effet cette force que nous avons tous en commun en cette cité. Ce don, cette énergie liée à notre  vie, notre essence profonde, ou encore notre âme si vous préférez ce terme, nous donne la possibilité d'accomplir des actes dépassant l'imagination, le vôtre compte parmi les plus puissants. Cette manifestation au travers de votre bras, par contre, est assez unique, c'est même la première fois que la contemple. La plupart du temps, l'âme sommeille simplement dans le corps de son futur incarnat, communicant de temps à autre avec lui pour le préparer au destin qui l'attend tout comme à leur future fusion en une seule entité...

Chaque divinité agit à sa façon mais la plupart du temps, elle laisse aussi un peu de son pouvoir actif en son futur corps pour le préserver des dangers.

Pour en revenir à vous et votre bras, à ce que j'ai pu en voir, votre cosmos sombre est comme chargé d'une "sorte de conscience" sans doute une infime partie de l'âme et de la volonté du dieu destiné à ne faire qu'un avec vous. Il a même du vous parler par intermittence, vous protéger de tout danger. Grâce à lui, vous avez sans doute accompli ce que la plupart de vos proches ou collègues ont du prendre pour un miracle. Une force sombre, éprise de justice et implacable, ne connaissant aucune pitié envers ceux qu'elle juge coupable ou qui tentent de s'en prendre à vous...

Ai-je raison ? Prenez le temps de réfléchir et n'hésitez à user de votre remontant, viendra le temps où l'alcool ne vous fera pas plus d'effet qu'un picotement au bout des doigts.


Lui laissant le temps de prendre connaissance de ce qu'elle venait de lui confirmer, elle se mit à embraser doucement son aura, éprouvant ainsi les réactions de ce bras sombre face à elle qu'il n'avait jamais rencontrée mais dont l'ichor d'Hypnos mêlé à celui de Thalie coulait dans les veines. Sentirait-il cela le double héritage de la ligné de Nyx et de Zeus ? Une épreuve riche en enseignement. Cela se ferait ainsi et de cette épreuve découlerait la suite.

- Voyons ce que votre bras pense de moi ? Suis-je une ennemie pour lui ou sentirait-il en moi une essence lointaine qui ne lui est pas inconnue tout comme lui est si familière celle de la déesse Athéna ? Je pense que ses réactions vous montre que vos relations avec la déesse de la Guerre sont plus que tendues...

Laissez votre bras agir et ensuite, je pourrais vous apporter une clé sur ce palais mais aussi sur l'ensemble de la cité. Vous êtes destiné à devenir une divinité, Athéna, Artémis, Arès, Hermès, Zeus, Clio sont éveillés ainsi que la déesse Perséphone... La tendre Coré est de retour après des siècles de disparition...


L'importance de cette nouvelle devrait faire son effet sur le bras de Wilson et reprenant...

- Héra quant à elle est aussi sur le point de s'éveiller. Poséidon quant à lui est enfermé par les soins de la Sagesse après avoir tenté de noyer le monde...

Ainsi, vous savez pour les divinités déjà éveillées.


Et se servant un thé, elle en but quelques gorgées avant de reprendre...

- Maintenant, dites-moi, l'effet que cela a sur vous et ensuite, je pourrais vous éclairer sur ce qui importe le plus pour vous en cette cité... Mieux vaut éclaircir correctement une question à la fois pour atteindre la vérité pure et dure... Tout comme la justice que vous aimez...

Est-ce aussi votre avis ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadès
Dieu des morts et Empereur du monde souterrain
avatar

Messages : 50
Date d'inscription : 03/11/2014

Feuille de personnage
Hp:
437/437  (437/437)
CS:
800/800  (800/800)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 17 Nov - 16:36

Descendant alors mon troisième verre tandis qu’Arwen, dont les yeux vert teintés d’or passaient tantôt de la joie insouciante à l’introspection la plus sérieuse, commençait seulement à répondre à ce qui allait sans aucun doute être les minutes les plus bouleversantes de ma nouvelle existence, je tachais de ne pas en omettre une miette et de simplement assimiler aveuglément comme une éponge. Le tri et les conclusions viendraient plus tard.

*Bordel, même le whisky est paranormalement savoureux ici…*

Faisant alors taire les voix intérieures tant de ma raison que de ma rationalité désormais devenues toutes deux obsolètes, j’acceptais ma situation en même temps que le chemin qui se présentait alors devant moi. Le chemin qui semblait-il, me conduisait à l’égalité avec les dieux.

« Héhéhéhé… Si seulement je pouvais au moins être saoul pour faire taire les voix, pour oublier rien qu’un instant… Il n’y a pas assez de scotch dans toute l’Irlande pour ne serait-ce que m’émécher, et c’est pas faute d’avoir essayé, je vous le garantie. »

Les tests d’alcoolémie qu’on m’avait fait passer pendant des années en me voyant arriver au travail sentant le whisky à plein nez étaient formels, pas le moindre gramme dans le sang. Sitôt absorbé, sitôt éliminé. Pas d’ivresse, pas de gueule de bois, je pouvais boire bière sur bière en attendant ma prochaine mission. Une situation qui en ferait rêver plus d’un dans mon travail, mais qui ne m’apportait pourtant aucun réconfort.

Cependant Arwen, dans le flot de ses révélations, avait aussi fait mention des voix, ou du moins, d’une voix qui m’aurait avertie, qui m’aurait protégée jusqu’à maintenant. Si pour ma part il n’y en avait pas qu’une, devais-je alors les considérer comme celles de celui qui attendait encore son heure, tapis dans les ombres de mon bras gauche ?

« Je crois que je vois de quoi vous voulez parler… Effectivement, là-dedans, je ne suis pas seul. »

Touchant ma tempe droite de mon index, je révélais alors un de mes plus grands secrets à celle envers qui je ressentais déjà comme une attirance inexplicable. Bien que c’était la première fois que je la voyais, quelque chose en elle, quelque chose de viscérale, me mettait à l’aise, comme si je venais de retrouver une amie d’enfance.

« Mais elles ne sont pas qu’une. J’en ai compté trois, dont une particulièrement bavarde. A tout instant elles me parlent, elles me révèlent… des choses sur ceux que je regarde. D’un regard, je sais les crimes de ceux qui m’entourent, je sais leur nom, et je sais le temps qu’il leur reste à vivre en ce monde. »

Plus que de simples suppositions, c’était comme si ces voix me permettaient de voir jusqu’à l’âme de ceux que mes yeux fixaient.

« Mais vous… Vous êtes différente. Lorsque je vous regarde, je ne vois que… votre nom. »

Pas de date de décès présumé, pas de péchés, pas le moindre crime apparent. Soit Arwen était immortelle et dotée d’une âme pure au-delà de tous critères humains, soit elle échappait à mon regard.

Ce fut alors qu’elle fit grimper doucement sa propre énergie qui déjà au repos dépassait tout ce que j’avais pu ressentir jusqu’à présent. Sur le coup, je crus à une tentative d’agression, mais la surprise passée, je ne perçus aucune malveillance en cette énergie démentielle, mais bienveillante, apaisante, inexplicablement familière dans son essence, et pourtant fondamentalement inconnue.

« Mais qui êtes-vous enfin ? Pourquoi je peux vous sentir en moi ? Pourquoi j’ai l’impression de vous connaitre ? »

Alors que son cosmos grandissait encore et encore au point que j’en venais à me demander s’il avait une fin, mon bras gauche, sans que je lui aie rien demandé, se mit à… Luire ?!

La lumière ambiante fut alors comme absorbée par cette lumière noire qui émanait de lui, et dans les ombres devenant alors de plus en plus grandes, des visages tordus de douleur apparurent.

« Arrêtez… »

Les plaintes devinrent plus obsédantes, plus discordantes. Toute cette haine, toute cette souffrance, et elles semblaient être entièrement focalisées contre moi.

Bourreau, sadique, fléau de la race humaine, nécrophage. Tant de termes que ces visages hurlants me lançaient sans que j’en comprenne le sens.

« Arrêtez ! »

Plus grande et plus intense se fit alors la lumière noire tandis que mon propre pouvoir semblait vouloir faire écho à celui d’Arwen, au point que la pièce toute entière fut bientôt plongée dans une nuit d’encre où seule demeurait la lumière émanant du haut commandeur de Sparte et qui la faisait resplendir telle une flamme brillant au cœur des ténèbres.

Je voulais la rejoindre dans la lumière, mais je ne pouvais alors même plus bouger. Dans les ténèbres de mon pouvoir, je n’étais pas seul. Autour de moi, bien qu’invisibles, des myriades d’entités m’entouraient à la manière d’une aura aussi sombre que la nuit que j’avais invoqué.

Les cris devenaient maintenant plus distinct, plus compréhensible, et au milieu des borborygmes ineptes et des cris de douleur, un nom revenait sans cesse, suivit d’innombrable malédictions.

« Laissez-moi ! Je ne suis pas Hadès ! »

De colère, je m’arrachais à l’étreinte implacable de ceux qui me maintenaient dans la nuit, jusqu’à ce que mon bras parvienne à rejoindre la lumière émanant encore d’Arwen. Je crus alors être sauvé, jusqu’à ce que d’autres mains, éthérées, griffues et filiformes ne se referment sur moi et me ramène là où semblait être ma place, le plus loin possible de toute lumière.

« Noooooooooooooooooooooooooooooooon ! »

Tout cessa alors soudainement aussi mystérieusement que ça avait commencé. Je me retrouvais en sueur sur le fauteuil où Arwen m’avait fait m’installer, mon bras gauche tout juste frémissant, et l’énergie d’Arwen toujours omniprésente.

Avais-je rêvé ? Tout n’avait-il donc été qu’un rêve ?

« Vous avez vu ? Pitié, dites-moi que vous avez vu, dites-moi que je ne suis pas en train de devenir fou ! »

Plus j’avançais dans ce nouveau chemin, plus l’issue de mon chemin m’apparaissait inéluctable, une issue que j’avais pressentit au moment même où j’étais monté dans ce bus mais que j’avais jusqu’à maintenant préféré refuser d’accepter.

« Héhé… Hahahahahaha ! Je suis foutu… Vous le saviez déjà n’est-ce pas ? Quoi que je sois destiné à devenir, ce que je suis maintenant n’y survivras pas… Ce dieu qui dort en moi, il reviendra à lui, mais moi ? Ca me coutera mon âme. »

J’allais perdre le contrôle, j’allais sombrer dans les ténèbres pour ne plus jamais en revenir, et le pire, c’est que dans l’infinie noirceur de mon avenir, je me sentais déjà bien, formidablement bien. L’intimité des ténèbres insufflait à mon âme un réconfort indicible que jamais je n’avais ressenti à la lumière du jour.

« Ma mythologie Grecque est quelque peu rouillée, mais je connais ces noms… Tout comme je crois connaitre celui de mon hôte, ainsi que ses liens envers sa famille… »

Regardant avec un air indéchiffrable ce bras que je savais maintenant être autant ma fin qu’un renouveau, j’affichais un sourire résigné face à un pouvoir que je savais infiniment supérieur à ma volonté. Le destin m’avait unilatéralement désigné pour devenir un dieu, et que pouvais-je face au destin ?

« Ce que tout ceci m’inspire ? A vrai dire, plus rien… Je m’attends maintenant à disparaitre à tout instant, quand cet autre en moi en décidera. J’avance vers ma propre perte, vers les enfers où d’innombrables damnés me maudissent, et pourtant, je n’éprouve ni peur ni rancune… »

Reposant doucement mon bras gauche sur l’accoudoir du fauteuil, mon quatrième verre de scotch à la main droite, je le fis tourner doucement entre mes doigts, perdu dans mes pensées.

« Il n’y a plus rien à éclaircir en ce qui me concerne... Mon avenir se trouve dans les ténèbres, et mes amis viennent de l’au-delà. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Sam 22 Nov - 22:13

D'un regard amusé, l'Etoile avait guetté la diminution du niveau de la bouteille. C'était intrigant cette habitude qu'avaient certains êtres à tenter de noyer, même furtivement, leurs soucis dans l'alcool. Un réconfort aussi traître qu'illusoire. Trop de mal découlait des abus ce genre de fuite.

L'alcool pouvait en effet être euphorique voire simplement réconfortant mais son abus lui s'avérait dévastateur, plus que dévastateur.

- Souhaitez-vous l'ivresse, Wilson ? Avez-vous le front de défier Dionysos sur son terrain favori...

J'avoue que ce genre de rencontre serait plus qu'intéressante si seulement, le fils de Zeus s'était réincarné parmi nous. En tout cas, une chose est certaine, il vous respecte ou vous craint. Pour vous épargner ce genre de cadeau, il doit avoir déjà goûté à votre colère ou votre puissance.


Et se resservant une tasse de thé tout en amenant une autre bouteille, elle reprit, somptueuse dans la tenue noire mettant autant ses courbes que sa blondeur en valeur.

Allez savoir, le cœur et l'esprit des dieux sont parmi les plus inaccessibles. Certains ne sont juste qu'esprits ne connaissant aucun sentiment. Volonté brute et dévastatrice détruisant tout ce qui ne peut ployer sur leur passage. Pire que tous les bulldozers que les hommes peuvent créer car c'est jusqu'à l'âme qu'ils martèlent, jusqu'à l'essence même de ceux qu'ils décident de détruire. Les pires ne sont pas forcément les plus connus. Éris est l'une d'entre elles et si maligne qu'elle se dissimule mieux que quiconque...[/color]

Son ton avait été si trouble par instants. Un peu comme si ses blessures étaient remontées en surface à la faveur de quelques mots. C'était si dur de côtoyer de telles divinités. Un laisser aller qu'elle regretta aussitôt avant de reprendre son air le plus neutre et le plus sérieux. La blonde scientifique savait qu'elle ne pouvait baisser sa garde surtout devant un dieu tel que celui sommeillant encore en Wilson quoique à voir son air plus que désorienté, elle n'eut pas le moindre doute sur sa propre réflexion intérieure avant de l'entendre enfin reprendre.

- Plusieurs...

Cela était une nouveauté mais que voulait-il dire par voix ? Était-ce uniquement celles d'Hadès jouant sur plusieurs facettes ou celle de souvenirs qu'il avait de son monde ?

- Vous auriez les yeux du juge ? Les yeux de celui à qui l'on ne peut rien cacher de la route que l'on a menée...

A l'évocation de son prénom, elle ne put que sourire.

- En effet, je suis assez différente de ceux que vous avez pu rencontrer jusqu'à maintenant et en même temps, quelque chose en moi doit vous sembler familier.

Vous rappeler quelqu'un...


A le voir, ces quelques mots l'avaient plus que secoué tout comme son énergie avait été un véritable appel en lui...

Ainsi son cosmos lui échappa, explosant depuis son bras sombre avant de noyer la salle complète dans une noirceur infernale sans mauvais jeu de mots.

Se rendait-il compte de sa puissance, de sa force de communication et de la portée de son cosmos ? Cette plongée dans la nuit aurait pu en terrifier plus d'un sauf elle, elle qui était la petite fille de Nyx et l'enfant adorée d'Hypnos avait appris à connaître la maison noire et à travers elle tant d'autres secrets. Les Enfers faisaient partie de la vie de son père et il lui en avait touché quelques mots tout en lui apprenant à les appréhender sans perdre toute raison à leur unique vision. C'était aussi lors de l'une de ses missions pour le roi des Enfers qu'il avait rencontré sa mère, la splendide muse de la Comédie, là qu'il lui avait offert son premier baiser et qu'elle lui avait pris son cœur. Tant de bonheur avait découlé de cela. Un amour plus fort que tout en était même né. Si belle, si belle était l'histoire de ses parents et de cet amour indéfectible entre eux. Rien, jamais rien ne pourrait les séparer.

Si seulement, je pouvais connaître telle relation, j'en serai si heureuse que je n'aurais de cesse de sacrifier à Aphrodite et Éros...

Mais le temps n'était pas à cela. Les rêveries étaient passées depuis longtemps tout comme les appels de ses demi-frères s'étaient comme tus. Face à elle, Wilson criait sans même s'en rendre compte, il criait comme un possédé. Tous ses hurlements qui lui échappaient alors qu'il était comme tétanisé, crispé sur son fauteuil se débattant dans son propre monde intérieur. C'était tellement  fascinant à voir, ce regard halluciné et ces formes qu'il commençait à faire apparaître au travers de cette aura si sombre qui avait noyé toute la salle. Toute cette énergie émanant de lui, de ce bras qui brillait quasi en écho au déploiement de sa propre énergie. Elle, Arwen, l'Etoile si belle si lumineuse et lui, Wilson le sombre, celui faisant battre cœur des Ténèbres se tenaient face à face, contemplant le même cauchemar éveillé.

Toutes ces formes qui dansaient autour de lui, le menaçaient, cherchant à le blesser et elle, elle qui se tenait droite face à lui, tendant simplement la main en sa direction.

- Ma mère est souvent appelée l'Ange de Lumière...

J'ai sa blondeur et ses yeux, j'ai aussi tant de ses grâces. Laissez-moi vous maintenir, laissez-moi vous maintenir en surface. Tant que vous me verrez, rien ne pourra vous arracher à moi, à cette cité qui vous protège de tous ceux qui vous veulent le plus grand mal...


Et elle le vit relever la tête vers elle, il ne pouvait bouger mais son cosmos lui tentait de se raccrocher de toutes ses forces à elle et soudain, il cria de nouveau et parmi les mots, elle distingua un nom...

Enfin...

Non, ne lutte pas contre ta destinée. Tu sais maintenant quel est ton nom. Ce nom que dans quelques temps tu aimeras et chérira autant que tu détestes l'espèce humaine et tout ce qui t'incommode tant en ce monde. Cette terre que tu convoites mais qui toujours t'échappe. Viendra le jour où tu te rendras compte que plus que la terre, d'autres éléments dont tu as perdu la valeur sont aussi en train de s'échapper doucement de ton emprise. D'autres éléments dont tout te semble connu et qui pourtant ont accompli un pas que jamais tu n'aurais pu imaginer...


Quelles étaient les pensées profondes d'Arwen ? La jeune déesse savait quel monstre se cachait en Wilson et que se le mettre à dos serait une erreur fatale à ce stade de la bataille qui ne tarderait pas à s'annoncer. Si les dieux devaient une nouvelle fois s’entre-tuer pour que Sparte vive, elle l'accepterait. Zeus avait frappé ce qu'elle avait de plus cher et même si elle avait une certaine affection pour Athéna, cela ne changerait rien à son plan ni à sa douleur, pas plus qu'à cette oeuvre qu'elle chérissait au plus profond d'elle. Une nouvelle idée qui faisait lentement son chemin en elle...

Puis, soudain tout retomba alors qu'un éclat éblouissant avait brillé en ses yeux si beaux et que face à elle se tenait en nage le pauvre Wilson, aussi pâle qu'un mort, le visage pris dans un rictus à faire peur. Et avançant vers lui, alors qu'il avait tellement peur de sombrer dans la folie, elle posa la main sur son épaule, le réconfortant de cette aura douce qui était la sienne.

- Non, ce n'est pas un rêve. Vous n'avez rien imaginé. Ce sont juste des réminiscences de votre âme, de votre esprit ancien.

S'éloignant le temps de prendre une veste noire et de la poser sur le dos de Wilson qui tremblait de la tête au pieds, elle revint ensuite pour s'installer face à lui et reprendre d'un ton doux.

- Ce n'est pas un rêve, plus que quiconque, je puis vous le garantir. Vous avez même dit votre nom et le dieu qui est en vous ne vous dévorera pas. Il se contentera de fusionner vos deux âmes. Vous aurez accès à une puissance inouïe et lui à cette époque qu'il ne connaît pas plus que cela. Vous ne serez plus qu'un mais votre âme, elle, ne sera pas détruite mais bien assimilée et grandie comme jamais vous n'auriez pu l'imaginer. Pensez juste que vous êtes lui depuis de début et que seule votre mémoire ancienne faisait défaut...

Vivez cela comme votre réveil et non une malédiction ou une perte...


C'était des mots apaisants mais encore trop légers pour rassurer Wilson qui se servait un nouveau verre. Il lui fallait du temps. Ce que le Haut Commandeur pourrait lui offrir en certaines quantités mais mêmes elles seraient limitées. Et posant la main sur son autre bras, elle reprit, plongeant son regard dans le sien, jouant sur le ton de sa voix tout comme sa mère pouvait si aisément le faire...

- Oui, l'Olympe. Songez à l'Olympe. Vous êtes du même sang qu'eux, du même ichor pour être plus précis. Et je vous le répète, vous ne disparaîtrez pas, vous serez complété tout au contraire. A vous de ne pas sombrer dans la peur qui serait le pire piège. Je suis là pour vous aidez...

Vous trouvez quelque chose de familier en moi. Je connais les rêves car ils sont mes demi-frères...

Cela devrait suffire à vous rassurer. Maintenant laissez-moi vous aider à vous détendre et lentement vous aider à comprendre ce que votre âme et votre esprit savent déjà.

Lorsque les Olympiens vainquirent les Titans dans la plus effroyable des guerres, ils se partagèrent les mondes. Zeus prit les cieux, Poséidon les Mers et Hadès le Royaume des Ténèbres, le monde des morts où il imposa sa plus pure forme de loi...

Les morts formèrent alors son peuple et tous connurent le poids des fautes de leurs vivants et le mal en eux. Le mal qu'Hadès s'évertuait à leur faire comprendre. Pour vaincre le mal il faut le connaître et cela ne peut se faire qu'au prix de la haine des pêcheurs...

Vous avez un nom, mon oncle...

Vous avez un nom et ce nom, vous me l'avez dit... Ce nom qui est le vôtre et celui de votre royaume...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadès
Dieu des morts et Empereur du monde souterrain
avatar

Messages : 50
Date d'inscription : 03/11/2014

Feuille de personnage
Hp:
437/437  (437/437)
CS:
800/800  (800/800)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 24 Nov - 14:51

Il était dit que ceux qui n’avaient plus rien à perdre se sentaient libérés, euphoriques, capables des actes les plus insensés, et maintenant que c’était à mon tour d’expérimenter une telle situation, je me rendis compte à quel point c’était vrai.

Quelque part au fond de moi, j’avais toujours envie de lutter, de me débattre contre cet envahisseur qui allait tôt ou tard me réduire au silence, mais que pouvais-je faire contre ces forces qui me dépassaient complètement ?

Je venais de découvrir un monde au-delà du réel, au-delà de tout ce que j’avais crus possible, un monde de dieu et d’énergie infinie, et plus incroyable encore, j’avais appris plutôt abruptement en quelques seconde être l’hôte du dieu des enfers grecs, un rôle choisi unilatéralement par celui qui bientôt prendrait mon corps comme le sien.

Vidant alors d’un trait mon quatrième verre de scotch, je me retins de l’envoyer s’écraser contre le décor tant l’envie de tout envoyer promener se fit impérieuse en moi. Qu’avais-je encore à craindre ? J’allais perdre jusqu’à mon âme. D’ici ce soir sans doute, je n’existerais plus, alors qu’est-ce que je faisais encore dans ce bureau ?

« Que Dionysos aille se faire foutre, lui et tous les paresseux Olympiques qui pourrissent au sommet du monde. »

Sans trop que je comprenne pourquoi, une colère particulièrement véhémente à l’encontre des Olympiens naquit en moi comme un feu de forêt. Puis grandissante sans que je cherche à la réprimer, elle enfla bientôt au point d’englober toute la création, laquelle désormais ne m’inspirait plus que haine et mépris.

*Bordel mais qu’est-ce qui m’arrive ?*

La présence d’Arwen auprès de moi ne semblait plus parvenir à calmer quoi que ce soit, cette impression à la fois connue et inconnue qu’elle dégageait m’inspirait à présent une méfiance des plus viscérales tandis que cette haine envers toute chose venait et revenait en moi telles les vagues rongeant peu à peu la roche à chacun de leur passage.

*C’est lui, ça ne peut venir que de lui… Il m’envahit un peu plus à chaque seconde qui passe, il s’éveille… C’est la fin.*

J’allais donc finir ainsi, remplacé dans mon propre corps par un être haïssant quasi toutes choses et disposant à lui seul d’une puissance impossible à décrire. Mais selon Arwen, je ne disparaitrais pas, je m’éveillerais juste à mon véritable moi.

« Vous… Vous êtes sérieuse là ? Vous vous payez pas ma tête ? »

Elle semblait sincère, elle semblait vraiment y croire. Étais-je donc le dieu des enfers ? Moi ? Ma situation prit alors une tournure plutôt inattendue, et d’un coup bien plus réconfortante.

*Bon, ok, on se calme et on ne prend pas la grosse tête… Si je suis Hadès, et bien il me suffit de l’accepter, et je vais me réveiller.*

Accepter tout ce qui se présente à moi comme un être qui s’attend à s’éveiller à tout instant. En cinq minutes, j’avais entendu de quoi bouleverser ma vie pour des siècles et des siècles, alors la seule alternative possible, c’était de me tirer une balle dans la tête.

*Et j’ai pas pris mon flingue…*

Me demandant alors si mon véritable moi m’aurait laissé faire une telle chose, je posais mon verre vide sur la table et respirais un grand coup.

« Ok, je suis Hadès… »

Je fermais alors les yeux, attendant un miracle, quelque chose d’incroyable, de spectaculaire, mais rien ne se passa. Les secondes s’enfuirent comme des voleuses, mais rien n’arriva.

« Pourquoi rien ne se passe ? »

Je ne comprenais pas. J’avais pourtant accepté ma condition, mon avenir, ma véritable identité. Qu’est-ce qui n’allait pas alors ?

Regardant mon bras gauche encore inerte, je fus prit d’une violente colère contre lui et me mit à l’engueuler comme s’il était responsable de tout.

« Tu te fous de ma gueule c’est ça ?! Je dois faire quoi pour m’éveiller ? Jeter deux dés et faire dix ou plus ? J’en ai ras le bol d’être ton jouet ! »

Comment pouvais être plus convaincu que je l’étais pour l’instant ? Au fond de moi étais-je encore en train de douter ? Que fallait-il que je fasse ? Simplement attendre et me morfondre ?

Laissant tomber mon bras gauche sur l’accoudoir de mon fauteuil, de ma main droite je me massais alors les paupières tout en soupirant devant l’improbabilité de ma propre situation et le spectacle que je devais donner à Arwen.

« J’ai l’air d’un fou n’est-ce pas ? »

Je parlais à mon bras, j’avais des sautes d’humeurs pour le moins incontrôlables, et malgré les efforts du haut commandeur de Sparte pour me faire remonter quelques souvenirs de mon passé mythologique, tout restait désespérément vide, comme si je n’avais plus aucune connaissance de qui j’étais auparavant.

« Je ne me rappelle pas Hadès ! Je n’ai aucun souvenir de lui ou des autres ! Je ne suis même pas né avec ce bras, il est juste apparut un beau jour comme ça, et depuis, j’ai ces voix dans ma tête et ces foutus yeux de l’enfer ! J’ai jamais demandé à voir ! J’ai jamais voulu tout ça ! »

Dieu que j’avais pu maudire ce jour de décembre 1989 où sans crier gare, mon bras gauche était devenu ce qu’il était encore aujourd’hui et que le monde me parut devenir l’antichambre de l’enfer...

« Je… Je veux juste que ça s’arrête… J’en ai marre Arwen… Marre de nager dans le brouillard, marre d’avoir peur, marre de ces voix, de voir constamment la pourriture de mes semblables et de ce monde… et par-dessus tout, j’en ai marre de ce putain de bras et de toutes ces salades… »

Les nerfs à vif, je sentais mes larmes couler le long de mes joues sans que je cherche à les stopper. J’avais déjà sombré dans un état si proche de la folie que quelques larmes n’avaient désormais plus la moindre importance.

« Hinhin… Hahahaha… »

Irrésistible, le sentiment d’euphorie qui m’avait pris des suites de la dernière intervention de mon bras gauche revint, plus fort encore que par le passé, avec cette fois une révélation à la clé, une révélation qui allait tout changer.

« Une ombre ? »

Et alors que retirant ma main droite de mon visage larmoyant, j’en découvris le bout des doigts noircis par la couleur de mes larmes, les ombres s’animèrent encore une fois sans que j’en sois à l’origine.

« Je suis… Une ombre ? »

Et se rassemblant sous moi en déchiquetant au passage le fauteuil sur lequel j’étais assis, les ombres appelées par mon bras gauche fusionnèrent et s’assemblèrent pour prendre la forme d’une main griffue et éthérée dans laquelle je me tenais à présent, riant tout seul alors que dans mon esprit, tout devenait limpide.

Arwen avait tords, et je le savais maintenant.

« Hahahahahaha ! »

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Jeu 4 Déc - 19:44

Le moins que l'on pouvait dire, c'était que la rencontre avec Wilson détonnait de bien des manières. Après l'incarnat insipide de Poséidon, la blonde déesse avait eu l'heur de découvrir en Wilson un être infiniment bien plus intéressant que l'arrogant Simbad et, comme elle le découvrait à chaque instant qui s'écoulait, empli de son lot de surprises.

La première fut sa réaction par rapport à Dionysos. Violente et acerbe, elle avait plus que surprise le Haut Commandeur de par sa virulence. Au pire, elle se serait attendu à du mépris voire de l'ironie mais là, elle s'était fait le témoin du premier véritable éclat du sombre monarque.

Incroyable, sa haine dépasse tout ce que je pensais. Non seulement, Athéna et l'humanité mais aussi l'Olympe entière. Il les hait tous tellement. Pourquoi ? Pourquoi une telle hargne... ? Si seulement, père était là...

Un geste dont le jeune homme dont le jeune homme ne semblait pas réellement se rendre compte de la portée, perdu comme il l'était dans une tempête qui le surpassait. Un bien fascinant spectacle que celui-là, un changement, une évolution que la jeune femme observait avec tout le sérieux tout le savoir de la scientifique qu'elle était. Pourtant, ce n'était pas un cœur froid qui battait sous sa tenue sombre mais bien un cœur sincèrement soucieux de ce qu'il advenait de cet homme aux prises avec les " facéties " plus que douteuses d'Hadès ?

Un monstre, Hadès était connu pour être un monstre mais qui connaît réellement l'ampleur du mal qu'il est ? De la cruauté de ses actes et de la noirceur de ses desseins. Détruire l'humanité et la terre n'aurait fait qu'entraîner par voie de conséquences la perte inéluctable de la déesse des Saisons.

La splendide Coré, fille de Déméter et Zeus, Hadès aurait-il vraiment tout perdu ? Toute notion d'amour pour ainsi mettre en péril celle pour qui l'humanité a failli périr de faim...

En son fort intérieur, la déesse s'interrogeait tout en poursuivant son analyse des événements. Toujours calé dans son fauteuil, Wilson semblait s'être enfin ouvert à l'idée d'être l'incarnation d'un dieu et pas le plus engageant de tous. Lentement, les yeux du jeune homme se fermèrent et sans suspendre le moins du monde son observation, Arwen laissa son cosmos en veille, prête à intervenir...

Tout d'abord, ce fut l'attente puis la déconvenue face à l'inertie et l'absence totale de révélation, d'éveil.

Non, il ne jouerait pas... Pas ainsi avec son propre hôte.

Pourtant tout ce qu'il se déroulait sous son regard n'était que la preuve de la cruauté du sombre monarque. La tristesse, le déni, la résignation, l'acceptation, l'espoir, la déception, la folie, tous ces termes et bien d'autres encore pouvaient s'accorder par instant avec la palette d'expressions que Wilson développait devant elle. Puis soudain, elle eut un élan vers lui, lorsque les larmes commencèrent à pointer au bord de ses joues. Un appel qu'elle ressentit avec tant de force. Sans un son, sa main s'avança vers lui, fine, blanche nimbée de ce cosmos qui n'appartenait qu'à elle.

- Wilson, tout être humain est amené à devenir une ombre à un instant de sa vie...

Ta situation est différente car contrairement aux autres, au commun des mortels, tu as le savoir, la réalité de ce monde, la réalité selon les vœux, le sens de la justice d'Hadès.


Et étendant sa main pour saisir une de ses larmes du bout de son doigt, elle l'emplit de son cosmos avant de la tendre de nouveau vers lui, en faisant un bijou de lumière et de beauté.

- Prend ceci, qu'elle t'éclaire, qu'elle soit la lumière diaphane qui te prouvera que même réduit à l'état d'ombre, une part de toi subsiste. Serre la à jamais contre toi même si ton corps devient celui du sombre monarque, ton âme, elle subsistera sous une forme ou une autre et cette larme de lumière sera la preuve que tu existeras même lorsque ta conscience vacillera dans un sommeil qui n'en est pas réellement un. Que la pureté de cette larme te soit le plus précieux de tous les dons...

Et alors que le fauteuil volait en éclat laissant la place à une main griffue, la déesse s'avança vers elle.

- Wilson, je ne puis, je ne puis m'opposer à ce destin que t'ont réservé les Moires. Mes paroles concernaient des divinités olympiennes et non le dieu pour lequel mon père a combattu tant de fois. Celui qui a failli gagner tant de fois la guerre mais dont les hôtes se sont tous à un moment ou un autre réveillés tout comme ceux des autres divinités. Je ne peux te mentir en te disant que l'essence qui s'impose à toi est bénéfique, elle est même tout le contraire. Je ne puis que te dire la réalité telle qu'elle s'est déroulée de par le passé. A chaque défaite, l'âme divine a été chassée de son hôte et délivré l'hôte a naturellement repris vie avec son âme d'origine...

Et séchant de sa main les larmes de sang, le Haut Commandeur acheva.

- Que mon cosmos t'inspire et t'aide à tenir même là où le soleil ne peut briller... Que ma lumière soit l'ultime cadeau de celui qu'un dieu a choisi de sacrifier...

Pure était Arwen, pure et aussi délicate et tendre que sa mère lorsque son cœur était ému. Était-ce la peine qu'elle-même éprouvait que l'avait rendue en ce seul instant si empathique, si douce envers un homme qui était amené à devenir le futur Hadès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Hadès
Dieu des morts et Empereur du monde souterrain
avatar

Messages : 50
Date d'inscription : 03/11/2014

Feuille de personnage
Hp:
437/437  (437/437)
CS:
800/800  (800/800)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Ven 5 Déc - 20:20

HRP:
 

Comme un robinet situé sous le niveau de la mer dont on aurait subitement tourné à fond l’ouverture, je sentis affluer en moi une puissance proprement démentielle. Une puissance ancienne, courroucée, foncièrement malfaisante et semblant emplie d’une haine sans borne pour tout ce qui pouvait bien exister.

Sous l’afflux infini de ce pouvoir, je sentis ma conscience s’évaporer petit à petit, complètement rongée par ce flot plus noir que la nuit qui s’infiltrait en moi à la manière d’un poison épais et froid comme la mort.

Arwen avait tords, elle avait toujours eut tords. La candeur dans ses yeux, son innocence et sa bonté n’avaient pas été feinte, mais cela ne l’avait pas empêché d’avoir tords. Je n’allais pas survivre, je n’allais plus jamais voir le jour se lever, je n’allais plus jamais revoir Jimmy et son haleine de mauvaise bière. Perdu, j’étais perdu désormais, pour tout le monde.

« Arwen… »

Combien de temps me restait-il avant de disparaitre totalement ? Déjà, j’avais oublié mon enfance, mes parents, la maison où j’avais grandi… J’avais oublié jusqu’au visage de ma mère, jusqu’à sa voix. J’avais oublié ma première fois, le visage de celle avec qui je l’avais fait, même son nom… Tous ces souvenirs que j’avais chérie, disparut, envolés, comme s’ils n’avaient jamais existés.

« Arwen. »

Elle était là, même à la fin de tout, elle était là. Ce superbe visage pourtant maintenant si désolé, ce serait le dernier que je verrais dans cette vie.

*Un ange pour me fermer les yeux et me dire bonne nuit…*

Un sourire apparut finalement sur mes lèvres alors que les ombres autours de moi se firent plus possessives, repoussant maintenant le cosmos du haut commandeur de Sparte en tentant même à présent de s’en prendre à elle et à la lumière qui en émanait.

« Je suis heureux de t’avoir rencontré, Arwen. »

Tolkien l’avait bien retranscrit au final, elle était bien l’étoile du crépuscule, la dernière lumière avant la nuit…

Je sentis qu’elle s’approchait encore malgré les efforts combinés des ombres qui m’entouraient. De par sa puissance divine, elle parvenait encore à les maintenir en respect, mais déjà, autour de la sphère de lumière qu’elle était devenue, des myriades de mains griffues s’afféraient, rageuses, frustrées, hurlant leur colère et leur douleur alors qu’elles étaient dissoutes par la lumière salvatrice qui semblait seule capable de les terrasser.

Douce et délicate, la main lumineuse de l’étoile du soir se tendis vers moi, vers mon visage qui perdit un instant cette teinte livide qu’il avait acquis dernièrement pour retrouver les couleurs de la vie. Une gemme, un diamant brillait maintenant au bout de ses doigts, un diamant dont la seule vue était pour moi d’un réconfort sans nom.

Je voulus m’en emparer, je voulus lever la main et m’en saisir pour la serrer très fort contre mon cœur, mais mon corps ne m’appartenait déjà plus.

*La voix, il ne me reste que ma voix, mes dernières forces pour faire mes adieux…*

Cruelle, si cruelle était ma situation. Hadès m’avait-il sciemment laissé encore libre ma langue pour mieux me faire payer une faute qu’il était seul à connaitre ?

« Adieu… »

Et fermant alors les yeux tandis que la main d’Arwen s’évertuait à essuyer les larmes mouillant mon visage, je me sentis tomber. Une chute vertigineuse dans l’abime sans fin.

**********

Et alors que celui qui s’était appelé jadis Wilson disparaissait au plus profond du cosmos quasi infini qui avait envahi son corps, un puissant battement de cœur s’éleva soudain dans les airs, comme l’annonce imminente d’un changement brutal.

Un nouveau battement de cœur, plus espacé et plus fort encore s’éleva bientôt, alors que les ombres autour du jeune homme gagnaient en force et en nombre, commençant maintenant à repousser doucement le cosmos de l’étoile du soir.

Un dernier battement de cœur résonna finalement dans le bureau du haut commandeur de Sparte, le dernier d’un homme devenu l’hôte d’un dieu pour qui la vie n’était que péché et pourriture, un dieu de mort et de noirceur.

Ayant fait taire à tout jamais le palpitant de son nouvel hôte, ce fut avec un regard devenu aussi flamboyant que les feux du sombre empire que le nouvellement incarné empereur des ténèbres revint à lui après plus de treize années passées à dormir.

« J’ai fait… Un bien beau rêve… »

Plus fortes et plus agressives que jamais, les amis de l’au-delà d’Hadès s’acharnaient maintenant sur la sphère de lumière d’Arwen, la réduisant maintenant à vue d’œil tandis que leur maître se saisissait d’un geste de la larme de l’étoile du soir.

« J’ai rêvé... De ton père, et de tous ceux qui m’ont trahit et abandonné. J’ai rêvé du sort que je leur réserverais à mon retour, et de la douleur que je lirais dans leurs yeux quand ils sauraient ce qu’il en coûte que de me trahir, moi qui règne sur toutes les forces de l’enfer ! »

Faisant éclater son cosmos encore à peine éveillé, Hadès provoqua la dislocation soudaine du palais du haut commandeur de Sparte en même temps qu’il faisait sciemment une véritable déclaration de guerre à cette cité conçue dans son dos par un serviteur trop zélé sinon un traître avéré, un traître qui très bientôt allait avoir de ses nouvelles.

« Ce n’était pas un rêve désagréable… »

Un sourire des plus mauvais sur le visage, Hadès, volant désormais au sein des ombres qu’il avait invoqué, s’avançait maintenant vers cette Arwen, cette enfant d’Hypnos que celui-ci s’était évertué à lui cacher, avec sagesse. Son échec était maintenant si total, si pitoyable, que cela aurait presque put attendrir le cœur du sombre empereur, s’il n’avait pas été déjà plus dur que le métal.

Dissolvant alors entre ses doigts la larme de l’étoile du soir, dernier vestige de lumière au sein de cet enfer de noirceur, Hadès allait offrir à son tour un présent à cette déesse naïve ayant confondue candeur et stupidité.

« Arwen c’est ça ? Princesse de Sparte, fille du rêve et de l’inspiration ? Tu crois savoir ce qu’est l’enfer ? Tu crois que ton père t’a montré ce que je suis seul à connaitre ? Ce que je suis seul à pouvoir concevoir ? Tu crois que tu sais ce que c’est de souffrir ? »

nouveau look:
 

L’ombre du bras gauche d’Hadès couvrant maintenant l’ensemble de son nouveau corps, l’empereur des ténèbres avança un doigt griffu devant les yeux de l’étoile du soir paralysée par les ombres dans lesquelles elle était plongée. Oh Hadès n’avait rien contre elle, donc nulle blessure ne lui serait faite, nulle blessure physique en tout cas, si elle se tenait tranquille et acceptait son présent.

Et tandis qu’Hadès savourait son retour dans le monde qu’il s’était juré de détruire, au dehors de la sphère de ténèbres, Sparte s’agitait encore et encore pour tenter de la pénétrer de leurs pathétiques petits pouvoirs.

Retrouvant alors toute sa haine à l’encontre de ceux de leur genre, l’empereur des ténèbres, qui détestait au plus haut point être interrompu, décida de mettre un terme à leurs arrogantes tentatives.

« Nul d’entre vous ne m’arrêtera ! »

Jaillissant du sol comme des nuées de sauterelles voraces, les âmes des morts condamnés à l’enfer fondirent sur ceux qui dans leur armure dorée, s’étaient pris pour plus qu’ils n’étaient, des êtres en sursit. Leur cris de douleur couvrit bientôt les plaintes de ceux qui, effrayés, avaient préférés fuir le secteur et cet orbe de nuit dans lequel même les attaques combinées les plus puissantes semblaient se perdre dans l’obscurité sans fin.

« Tu ne sais rien de l’enfer Arwen, rien. Mais tu m’auras bien servis. Grace à toi et à ton serviteur moustachu, mon réveil s’est vu avancé. Tu as accomplis ce qui aurait dut être la tache de ton père et de Pandore et pour cela, je vais t’offrir un bref, très bref aperçu de ce qu’est vraiment l’enfer, celui que je réserve à ceux de notre genre. »

Et frôlant alors l’un des cils de l’étoile du soir avec le bout d’une de ses griffes d’ombre, Hadès y déversa une infime vision des plus saisissantes du tartare et des tourments qui y attendaient les dieux ayant provoqués le mécontentement de leurs semblables, ou tout simplement celui de l’empereur des ténèbres.

La douleur et la peine qui envahirent alors l’esprit et le corps de l’étoile du soir ne seraient au final qu’un très bref échantillon de ce qui avait rendu fou nombre de créature divine, titans compris, mais au moins avec cela elle saurait, et par là, ce serait toute cette maudite cité apostat qui saurait.

Hadès était de retour, et il n’était pas du tout satisfait.

Retirant alors sa griffe des cils d’une Arwen encore sous le choc, Hadès la laissa choir comme un déchet devenu inutile. Elle avait fait son œuvre, et cette cité également.

« Comment... A-t-il... OSE !? »

Une colère sourde montait maintenant dans l’esprit du sombre empereur alors qu’il devinant non loin certains de ses spectres côtoyer des chevaliers d’Athéna. Comment Hypnos, dont le cosmos emplissait la cité avec celui d’Athéna et de Thalie, avait-il put participer à cela ?

Se préparant à purement et simplement raser jusqu’à la dernière pierre cette cité d’un geste de la main, Hadès sentit son pouvoir faiblir soudainement. Il avait dépensé trop vite bien trop de puissance. Son éveil était encore trop récent, et son plein pouvoir encore à atteindre.

La sphère de nuit se tassa alors sur elle-même, révélant un cratère hémisphérique parfaitement lisse au premier regard, mais qui si on y regardait de plus près, semblait avoir été creusé par d’innombrables griffes acérées. Le temps allait manquer au sombre empereur alors qu’il sentait s’avancer vers lui des forces bien plus conséquentes que celles qu’il avait précédemment réduit à néant.

Au loin, il pouvait sentir le cosmos d’Héra elle-même, elle qui un jour était passé du statut de sœur à celui de reine, elle devant laquelle il avait fallu ramper pendant des siècles, avant qu’avec son parvenu d’époux, elle ne se décide à disparaître à son tour.

« Je reviendrais Arwen. Je reviendrais pour cette cité et pour ce qui m’appartient de plein droit. Je reviendrais avec de grandes espérances, priez que je ne sois pas déçus. »

Et faisant alors disparaître sa sphère de noir absolu, Hadès s’enferma au sein d’une immense main griffue semblant sortir du sol, et en une fraction de seconde, disparut emportée par elle au sein d’une faille rougeoyante dont émana un instant les pathétiques plaintes des damnés.

Arrow Direction, les Enfers !

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arwen
Haut-commandeur de Sparte la Sacrée
avatar

Messages : 84
Date d'inscription : 10/08/2013
Localisation : Sparte la Sacrée

Feuille de personnage
Hp:
344/344  (344/344)
CS:
610/610  (610/610)
Pa:
300/300  (300/300)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 15 Déc - 17:01

Rien...

Elle ne pouvait plus rien faire désormais sinon contempler l'implacable éveil d'un monstre de cruauté au sein d'une envelopper de chair. Tout ce que Wilson était aux yeux de cette chose qui ne méritait même pas le nom de dieu. Un être dévoré d'un mal plus que perceptible.

Hadès, tout puissant sois-tu, tu ne pourras indéfiniment retenir en tout tout ce qui a fait de Wilson l'homme qu'il est. Viendra le jour où toi aussi, tu seras au pied du mur et où ton châtiment sera tel que tu en viendras à envier celui des damnés de tes propres Enfers.

Wilson...

Elle n'avait même pas eu le temps d'articuler ce nom que son possesseur s'évanouissait dans un sommeil sans nom, un sommeil qui ne méritait même pas ce nom...

- Wilson, je regrette. Je regrette la cruauté des Moires et l'égoïsme monstrueux des dieux... Puisse le destin nous permettre de nous revoir.

Lentement, son visage s'était penché vers le sol. Signe de l'immense tristesse qui était la sienne. Ce n'était pourtant qu'un inconnu quelques instants auparavant mais aussi celui qui venait de lui ouvrir plus que clairement les yeux sur la nature de celui que son père servait.

- Comment est-ce possible ?

Ses parents avaient tout fait pour œuvrer à un avenir de paix et ce dément venait de surgir d'un passé dont il n'aurait jamais du se relever aussi vite pour tout faire voler en éclats. Depuis ce matin funeste ayant vu l'affrontement des futurs Arès et Artémis, ses rêves, ses illusions sur sa vaste famille n'avaient eu de cesse de se briser au fil des heures qui s'écoulaient. C'était une leçon cruelle mais aussi un passage obligé. Celui qui lui donnerait la force de mener à bien le projet de ses parents. Prendre en mains la cité de Sparte et ses apprentis qui représentaient les ferments d'une nouvelle ère. Nul ne pouvait se douter de ce qui dormait encore en ces terres invisibles aux yeux extérieurs. Nul ne pouvait le savoir pas plus que la réelle identité de son ancien Haut Commandeur. Et alors que la jeune femme rassemblait ses forces, un battement se fit entendre. Le battement d'un cœur à faire se glacer le sang. Du plus profond des Enfers, des ombres se manifestaient. Des formes, des âmes corrompues par ce qu'il y avait de plus laid en cet univers qui ne songeaient qu'à la repousser l'éloigner de cet être qu'elle avait tenter de sauver, en vain...

Puis, ce fut une voix qui s'éleva. Affreuse, gutturale, elle n'avait rien de plaisant. C'était juste la manifestation d'un être qui ne méritait nullement de fouler le sol de Sparte mais il était déjà trop tard. Ses paroles avaient touché la scientifique de Sparte exactement comme il le fallait pour qu'elle le laisse parler. Son père, il avait mentionné le dieu du Sommeil tout en étouffant l'ultime cadeau qu'elle avait fait à un mourant.

Père...

Elle ne pouvait accepter cela. Elle ne le pouvait. Tout était trop horrible depuis la perte de ses parents et d'Hazama. Tout était devenu trop rude et bientôt, la guerre entre ces pourritures de dieux allaient reprendre.

- Puiss...

Elle se tut soudain, enfermant en elle ce qu'elle avait tant souhaité un simple instant avant de le repousser avec force lorsque son espoir était revenu mais à présent, elle en était à espérer cela. Espérer un avenir dont elle osait à peine formuler les termes.

Si loin, si lointain lui semblait ce futur contrairement au retour de ce seigneur de l'autre monde qui ne tarda pas à faire éclater sa colère, affectant l'ensemble du Palais qui s'effondra par endroit avant de s'en prendre aux gardes venus en renfort. Les ombres, la voracité d'Hadès venait de se manifester en quelques secondes avant qu'il ne s'en prenne directement à elle.

Un cri muet d'échappa soudain de ses lèvres tandis qu'une vague de souffrance inimaginable lui vrilla le corps. Les images, le choc, les douleurs lancinantes si cruelles en l'ensemble de son corps. Tout cela fut d'une telle cruauté en plus d'une puissante telle que la déesse, dont les cheveux passèrent du blond doré au blanc le plus pur, en perdit conscience, gardant en mémoire un seul désir, un seul projet...

Quant avait-elle perdu conscience avant de choir sur le sol ? Elle-même n'aurait pu le dire. Pas plus qu'elle n'avait pu entendre les paroles d'Hadès lors de son départ. Rien ne le lui aurait permis...

[HRP : oui, merci pour ce rp même si je pense que les retrouvailles entre eux sont plus que compromises après ce que Hadès lui a fait subir]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Athéna
Déesse de la Guerre et de la Sagesse
avatar

Messages : 124
Date d'inscription : 01/12/2013

Feuille de personnage
Hp:
435/435  (435/435)
CS:
622/622  (622/622)
Pa:
400/400  (400/400)

MessageSujet: Re: La Chouette et le Poisson   Lun 15 Déc - 21:05

La déesse de la Guerre vient d'ici

Avancer, aller vite et fort comme le fer d'une lance jetée de toutes ses forces. C'était une réponse plus qu'éprouvante que j'amenais à ma nièce, la fille de notre tendre Thalie et du maître du Sommeil. Un bien singulier couple mais dont la force et la passion surpassait infiniment celles de la majorité des autres couples divins. Il suffisait de voir les infidélités répétées de mon propre père et celle de la si volage Aphrodite pour s'en rendre compte et ce n'était que la partie la plus flagrante. Les dieux de notre vaste famille n'étaient pas faits pour les unions heureuses. Ce qui rendait le couple Thalie Hypnos encore plus touchant. Leurs différences et la cruauté de leurs destins suffisait à rendre les deux amants aussi émouvants qu'attirants.

Un tel miracle...

J'étais la déesse Vierge tout comme ma sœur de la Chasse mais contrairement à elle, je ne méprisais ni les hommes ni l'amour pouvant naître entre deux êtres. J'avais fait mon choix des millénaires auparavant et je l'assumais. Toute mon essence était concentrée sur ma mission, sur mon idéal et cela suffisait à me rendre heureuse. J'avais tout ce que je souhaitais et que m'importait d'être différente des autres. Mon cœur était vaste mais inaccessible au véritable Amour passionnel tout comme mon corps serait et demeurerait éternellement pur...

Libre et sans maître sinon le Grand Zeus, mon père, l'autorité suprême de l'Olympe. Celui qui, dans un immense éclat de justice avait condamné Hypnos pour ses crimes à une sentence bien cruelle dont la présence de Érinyes demeurerait secrète. Arwen souffrirait déjà tellement de l'annonce de la perte de ses deux parents pour y ajouter une touche supplémentaire.

Ainsi filais-je droit vers le Haut Commandeur de Sparte lorsqu'une présence maudite parmi les maudites se fit sentir. Si pestilentielle que rien ne pouvait mettre en doute l'identité de son possesseur.

- Hadès !!!

Hadès est de retour !!!


Ce qui me fit accélérer le pas, prenant quasi mon envol mais pas assez vite.

- Non !!!

Et embrasant mon cosmos, je m'empressais d'envoyer une aura protectrice droit vers l'ensemble de la cité, renforçant l'ensemble de mes sceaux. Cette attaque ne resterait pas sans conséquence. Ce monstre, ce boucher sans nom ne méritait aucune nouvelle chance. Son lieutenant, malgré le poids de ses crimes, méritait infiniment plus le respect que lui. Hypnos avait sincèrement œuvré pour casser ce cycle de guerres sans fin mais n'en avait pas été remercié. Rien n'avait fait fléchir Zeus, pas même l'agonie de sa propre fille. Malheureuse Thalie, où était-elle en ce moment ? Perdue pour des millénaires tout comme son époux ? Arwen était donc tout ce qu'il restait d'eux, de leur union, de leur amour et de l'espoir qu'ils avaient placé avec tant de force en Sparte. Pour eux et ce rêve qu'était la cité du Cosmos, j'étais prête à me battre à nouveau. Prête à affronter Hadès et cette fois lui infliger un sort autrement plus décisif qu'une simple victoire.

L'impossibilité d'envahir un nouveau corps m'hanta un instant l'esprit. Le tout était de savoir comment faire pour rendre une telle chose possible.

Cela viendrait...

Sauver Arwen était infiniment plus important et plus que tous, elle était pure et représentait l'avenir de cette cité qu'elle portait désormais seule avec mon aide...

Encore un effort...

D'un regard, je pus apercevoir les gardes d'or se jetaient à l'assaut de cette sphère qui osait violer toutes les règles de Sparte mais cela n'était que pure perte. Aussi hurlai-je au plus fort de la tempête.

- Reculez !!! Battez en retraite et n'approchez plus cette sphère, je vous promets que rien n'arrivera à votre Haut Commandeur mais reculez. Ne lui infligez pas en plus la peine de perdre d'innombrables gardes et amis dévoués !!!

Un soulagement quand je les vis accéder à ma demande, impérieuse et néanmoins chargée d'émotions, avant de les entendre m'encourager et me soutenir d'une seule voix.

Oui, moi, Athéna, suis là comme je l'ai toujours été.

Et lorsque, enfin, j'approchais le dôme, celui-ci s'effondra pour laisser la place à un cratère au centre duquel gisait Arwen. L'Etoile était mal en point et plus que tout, il me fallait la mettre à l'abri de tout, des regards comme des attaques de ce monstre d'Hadès mais à ma surprise, il n'était plus là.

Déjà plus là...

Et me posant en force auprès de la jeune femme, je me mis à hurler pour que tous entendent.

- Lâche, tu es le pire de tous les lâches parmi les dieux. Comment as-tu pu !!! Tu t'en es pris à l'espoir de ce monde avant de fuir à ma seule approche. Puisse la lance et la foudre te faire payer ce crime de plus !!!

==> J'emmène Arwen à l'écart, le temps de l’ausculter dans le calme
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
La Chouette et le Poisson
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» a chaque espèce de poisson, sa meilleure saison
» Gratin aux crustacés et poisson
» Mataba de poisson
» ratage du poisson némo
» natularisation d'un poisson

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Knights of Hope :: Sparte la Sacrée :: Palais du Haut-commandeur-
Sauter vers: