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 [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil

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Simbad
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MessageSujet: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Dim 21 Sep - 19:29

Arrow Île inconnue

Le navire, après de longues journées à glisser sur le roulis timide des vagues, arriva enfin en vue de sa toute dernière escale. Accoudé au bastingage, Simbad regardait le long des docks les marins qui s'affairaient. Quand certains déchargeaient leurs poissons, d'autres accueillaient visiteurs étrangers et Grecs empruntant les navettes menant aux îles alentours. Une très large place avait été dégagée pour accueillir l'immense paquebot sur lequel il profitait encore du tangage régulier, du vent marin salé, frais et bienvenu en ce pays où la chaleur était une maîtresse appréciée. On entendit le monstre d'acier et de bois faire ronfler ses turbines, sa corne de brume annonçait son accostage imminent.

Avec une précision drastique, il s'avança patiemment mètre par mètre, les marins à bord lancèrent les amarres à leurs confrères au sol. Le gouvernail s'immobilisa, de même que le moteur et pendant quelques secondes, seul le courant poussa encore
L'Egéen sur son lit tumultueux. Quelques semonces plus tard, le célèbre port du Pirée avalait 2 500 passagers de tous âges et de toutes origines, chaleureusement remerciés par les mousses, les matelots, les capitaines et l'amiral de bord, alignés en rangs d'oignons stricts et impeccablement soignés.

Sans se presser, le jeune homme descendit les marches de sortie dans les rangs des derniers, désireux de se faire balloter encore un peu par les clapotis marins avant de se retrouver étrangement démuni par la stabilité de la terre ferme, consécutive à une semaine de navigation ininterrompue.

Les marins refermèrent le cordon de sécurité derrière lui, tandis qu'il déposait son sac à dos, renfermant ses maigres affaires, au sol, et qu'il rajustait sa casquette.



Tout en balayant les alentours du regard, il sortit d'une poche de son pantalon un portable dernier cri, le porta à son oreille en repérant un point d'informations proche où il pourrait demander les horaires et les trajets de bus.

"Allô, Mère ? Oui je viens juste d'arriver. Non aucun problème. Non je n'ai pas encore trouvé d'hôtel, je ne suis même pas encore au centre d'Athènes. Je pose pied à terre à l'instant, comme promis. Oui je ferai attention. Oui. Bon il faut que j'y aille, il y a un bus qui arrive, je vais demander son itinéraire. Embrasse Père et Julian pour moi. Je t'aime."

Un sourire tendre anima ses traits pendant qu'il rangeait son portable, un léger soupir aussi.

"Une nouvelle vie commence."
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Le chauffeur

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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Lun 22 Sep - 17:56

Songeant encore aux derniers événements survenus au sein de la cité du cosmos, le chauffeur, tout en recrachant d’épais nuages de fumée de cigare, jouait littéralement des coudes et du volant pour se frayer un chemin au cœur d’un port aussi bondé que mal fichu.

« Pardon, je suis pressé. »

Etre en retard n’était pas du tout dans ses habitudes, surtout quand celui qu’il avait été envoyé cherché était censé posséder de par son héritage le pouvoir d’un des trois seigneurs du monde.

« Mais dégagez enfin ! »

Quelques coups de klaxon plus tard, le camion chargé de poisson s’enleva enfin de la chaussé où il s’était auto-proclamé roi de droit divin.

*Tsssss… Entre les touristes et les chauffards, me voilà servis… Si seulement j’avais le droit d’user un peu plus du cosmos…*

Songeant que peut être la nouvelle dirigeante accéderait à cette requête qu’Hazama lui avait toujours fermement réprouvé, clamant que c’était une façon tellement vulgaire de faire usage de nos pouvoirs, le chauffeur nota dans un coin de son esprit de lui en faire la demande sitôt rentré à Sparte.

*En espérant qu’il reste encore une Sparte à mon retour…*

Une légère inquiétude avait envahis l’émissaire de Sparte depuis la disparition officielle d’Hazama. Ce n’était pas qu’il n’avait pas confiance dans le nouveau haut commandeur, c’était plutôt que l’actuel contexte politique entre la cité du cosmos et les principaux acteurs du jeu divin était des plus… Tendus, et que le moindre faux pas pourrait bien s’avérer être le dernier.

*Comme si l’Olympe, le Sanctuaire, les Enfers, Asgard et les Titans ne suffisaient pas, voilà maintenant que l’empire des flots semble s’éveiller à son tour…*

Un petit sourire apparut sur le visage sans âge du chauffeur alors qu’il arrivait enfin à bon port, prenant soin cette fois de se conduire comme un conducteur tout à fait ordinaire des suites du savon qu’il s’était pris des suites de sa dernière escapade à New-York.

*Y’a même pas eut de mort en plus… Les apparences, toujours les apparences…*

Faire semblant était parfaitement absurde pour l’émissaire de Sparte, mais même lui devait se plier aux ordres du haut commandeur de Sparte, même si son véritable maitre était tout autre que la blonde déesse actuellement en poste. Le lien qui unissait Hazama a son chauffeur était fort, si fort que personne ne pouvait soupçonner à quel point ils étaient liés, et c’était là sans nul doute un avantage significatif pour l’un comme pour l’autre.

*Et le voilà.*

Découvrant l’élu potentiel pour la première fois, le chauffeur se demanda quel âge ce tout jeune garçon pouvait bien avoir. A vue de nez, il n’avait certainement pas vu plus d’une vingtaine de printemps.

*Plus on les prend jeune, plus les possibilités sont grandes c’est ça ?*

Souriant de plus belle alors qu’il allumait le panneau d’affichage au-dessus de sa vitre avant, le nom de son futur passager apparut en lettre lumineuse juste avant que l’autobus ne se gare devant Simbad.

Comment le chauffeur et son maître pouvait-il savoir le nom de leur potentiel sans jamais leur avoir parlé ? Oh, c’était chose facile, et lorsque le chauffeur abordait l’élu potentiel, il savait tellement plus à son sujet qu’un simple nom. Une fois que le cosmos été détecté chez un individu, le plus souvent très tôt dans sa jeunesse, les informations courraient au travers du monde, dans les esprits de ses proches, sur les réseaux sociaux, dans son école ou dans tant de sources différentes que pour quelqu’un disposant de toute une équipe chargée d’enquêter, ce n’était en rien difficile.

En vérité, la seule chose qui posait problème, c’était de choisir le moment où apparaître à leurs yeux. Hazama avait toujours préféré attendre le bon moment, quand certains auraient préféré agir dès la découverte du potentiel. Il était vrai que nombre d’esprit, une fois acclimaté à leur existence profane, refusait le don qui leur avait été transmis, allant jusqu’à le combattre pour certains. Les partisans de l’enlèvement infantile clamaient alors qu’il fallait soustraire les élus le plus tôt possible à leur environnement païens, mais jusqu’à présent, le haut commandeur de Sparte avait toujours préféré guetter l’évolution des potentiels, observant et jaugeant jour après jour, rapport après rapport, et passer à l’action au moment que lui seul choisissait, ce qui jusqu’à présent n’avait pas eu de trop mauvaises conséquences.

*Mais avec la passation de pouvoir et la nomination d’Arwen, cela peut changer… Haaaaaaaaaaaaa, il va falloir qu’on ait une sérieuse discutions elle et moi…*

Maintenir les apparences maintenant qu’Hazama était parti, voilà l’enjeu.

Ouvrant alors les doubles portes à l’avant de son bus devant le jeune potentiel, le chauffeur se leva de son siège et ôta son cigare à moitié entamé de sa bouche avant de s’incliner respectueusement.

« Bien le bonsoir jeune Simbad, j’espère que vous avez fait bon voyage. »

Se redressant alors, son cigare entre les doigts et la moitié du visage encore dissimulée par l’ombre de sa casquette, le chauffeur reprit.

« Mille excuses pour mon retard, j’étais censé vous attendre sur place à votre descente du navire, mais j’ai eu… quelques contretemps en chemin… Mais je vous ennuis avec mes problèmes, je suis votre chauffeur, et j’ai été envoyé vous chercher mais aussi pour vous faire une proposition, le genre qui ne se présente qu’une fois dans une vie. Cela concerne ce quelque chose que vous avez peut-être déjà ressentit quand vous étiez effrayé, quand vous étiez en colère ou quand vous vous sentiez en harmonie avec… l’océan. Ces impressions que vous ne pouvez expliquer mais qui vous habitent. Comme un implant dans votre esprit. De quoi vous rendre malade… »

Laissant volontairement sa phrase en suspens, le chauffeur observait les réactions de Simbad alors que son étrange discours faisait son chemin dans l’esprit du jeune homme. Si celui-ci avait ne serait-ce que l’ombre d’une idée de quoi le chauffeur voulait parler, cela se lirait sur son visage, et surtout, cela irait beaucoup, beaucoup plus vite pour la suite.
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Simbad
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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Lun 22 Sep - 19:57


Pour une raison totalement inexplicable, le jeune héritier de la famille Solo ne fut pas surpris de voir débouler à toute vitesse un bus dans sa direction. Pas un bus de ville athénien, et pas vaguement vers le port. Le véhicule s'arrêta exactement devant lui, sous les injures d'une demi-douzaine de personnes qui avaient bien failli être renversées au passage, et avec un panneau lumineux indiquant précisément son prénom en lettres clignotantes.

En écoutant les premières explications d'un personnage aussi étrange que vraisemblablement dérangé, Simbad avait ressorti son portable, prêt à passer un nouveau coup de fil à sa mère pour confirmer les dires de l'inconnu, mais il se figea en entendant la fin de son monologue et leva ses yeux de braises droit dans ceux de son interlocuteur. Le clapet claqua sèchement en se refermant, il rangea l'appareil et rajusta son sac sur son épaule.


"Une nouvelle vie commence, c'est ce que je disais."

Plus par égard pour les pauvres passants et commerçants qui commençaient à vraiment se plaindre du stationnement plus que gênant du bus que pour honorer l'invitation de l'homme, Simbad s'engouffra dans le bus, en monta les quelques marches avant de voir les portes se refermer. Il ne put se priver d'un dernier regard vers le paquebot, puis la Méditerranée, avant de se rapprocher du chauffeur. Il s'apprêtait à lui serrer la main mais désigna d'abord son cigare.

"Si cela ne vous dérange pas, je préfèrerais que vous vous débarrassiez de ceci. Les bonnes choses de ce genre se savourent autour d'un bon verre de vin français, avec une musique d'ambiance détendue et non au volant d'un bus. En outre, je ne souhaite pas respirer la fumée nocive qu'il dégage, et j'estime avoir le droit de connaître le nom de la personne qui vous envoie et celui du lieu où vous m'emmener avant de coopérer pleinement avec vous."

A présent que le ton était donné, le jeune homme tendit la main au chauffeur avec un sourire amical, naturellement renforcé par son visage aux traits fins et joviaux. Il avait parlé d'un ton léger, sans exigences, mais toutefois incommodé par l'absence de précision dans son "offre" et le fait qu'il lui soit totalement inconnu. Après tout, vu de l'extérieur, on pourrait penser qu'un homme mûr enlevait tout bonnement un jeune damoiseau et pouvait le conduire n'importe où pour lui faire subir on ne savait quel sort. Simbad se pensait donc dans son bon droit en demandant des précisions supplémentaires.

Malgré son arrivée plus qu'incongrue, l'homme avait choisi des mots qui l'avaient intrigué. La colère, la peur, l'harmonie avec l'océan... C'était à peu près ainsi que Titis avait abordé les bases du cosmos avec lui aux premiers jours de son entraînement de fortune, et elle lui avait garanti que nul autre qu'elle et les dauphins ne connaissaient leur existence à ce jour, puisqu'ils avaient sombré lui et ses parents dans un naufrage. De plus, avec le matériel océanographique adapté récupéré chez les Solo, la très grande majorité des communications satellites étaient brouillées sur l'île de leur exil. L'homme qui employait ce fameux chauffeur devait donc être quelqu'un d'extrêmement puissant et renseigné, un être capable donc, de lui en apprendre plus sur Poséidon et peut-être aussi Athéna...
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Le chauffeur

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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Lun 22 Sep - 21:56

Et sous les injures et autres menaces des béotiens entourant à présent l’autobus incongru, garé céans d’une main de maître dans l’indifférence générale, le jeune Simbad, plus par nécessité que par choix, monta les marches qui se présentaient à lui, sans le moindre bagage à ses mains.

*Hihihi. Courageux ou téméraire ?*

La main que le jeune homme offrit à son nouveau chauffeur fut tempérée d’une demande en soit toute innocente, et si le chauffeur aurait été un vrai rustre de refusé, il avait plus d’un tour dans son sac.

« Connaisseur ? A votre âge ?  Pour ma part, le gout du vin masque au palais les arômes que seule une dégustation vierge de toute autre altération peut procurer. De plus, la vie n’est-elle pas bien assez courte pour que nos trop rares instants de plaisir, aussi innocents soient-ils, se voient cantonner à la stricte intimité ? »

Tout en disant cela, le chauffeur tirait la dernière longue bouffée de ce qui restait de son précieux Habanos, juste avant de la recracher par les narines dans un flot qui disparut sitôt expulsé comme par magie.

« Quant à la fumée, en voyez-vous seulement en mon bus ? Sentez-vous la moindre trace de mon péché mignon ? Allons allons, vous qui êtes entrez ici de votre plein gré, sachez que le monde des mortels est maintenant derrière vous, et que vous feriez mieux de vous y habituer. »

Refermant les portes du bus sans avoir même touché le moindre bouton de son tableau de bord étrangement simpliste, le sourire du chauffeur s’agrandit devant la main que lui avait offerte son passager avant qu’il ne la prenne lui-même d’une poigne ferme mais étrangement délicate.

« Chaque chose en son temps mon petit monsieur. Tout d’abords, veuillez prendre un siège et vous mettre à l’aise avant le démarrage du véhicule. Je vous assure qu’au moindre de vos signes, je stopperai votre voyage et vous ramènerez à votre vie d’autrefois. »

Sous l’ombre de sa visière, les yeux du chauffeur s’illuminèrent alors faiblement, en même temps qu’une étrange sensation autour de lui se faisait sentir.

« Mais nous savons tous deux que si vous aviez dut prendre peur et dire non, vous l’auriez fait à cet instant précis où vous aviez encore cet appareil à l’oreille. Le courage de plonger dans l'inconnu faisait parti de votre épreuve jeune monsieur Solo, et vous l'avez réussie. »

Visiblement le chauffeur avait l’habitude de ces adolescents en mal de réponses, quittant sans le savoir leurs vies passées pour une tellement plus fascinante que plus jamais l’idée saugrenue d’avoir un téléphone portable ne les prendrait.

« Et puis, vous avez désormais beaucoup trop de questions pour simplement faire machine arrière, et quoi qu’en cet instant vous puissiez penser à mon sujet, vous savez que je peux vous apporter au moins quelques réponses. Et en cela, vous n’avez pas tort. Voyez-vous, c’est mon travail que de parcourir le monde à la recherche de ceux qui comme vous dispose de dons exceptionnels, des dons qui peuvent selon la personne, créer, modifier, ou détruire. Des dons capable de remanier jusqu’à la réalité elles-mêmes. »

Le regard qu’avait fait Simbad alors que le chauffeur avait joué sur les cordes du vécu et des sentiments avait été des plus expressifs. Ce don, ce pouvoir, ne lui était au moins pas totalement inconnu.

« Mais je devine que vous en savez déjà quelques lignes. Sans doute votre entourage, malgré le fait qu’ils vous aient maintenu dans l’ignorance la plus totale quand à votre héritage, n’as pas été assez bête pour totalement vous priver de moyen de défense. Je pourrais vous demander ce que vous savez, ou croyez savoir, je pourrais le lire directement dans vos pensées, mais ça serait inutile. Pour vous, un petit test sera bien plus éducatif… »

La populace devenait de plus en plus entreprenante, et si le chauffeur ne voulait pas avoir à en révéler un peu trop pour le moment, il valait mieux partir sur le champ.

« Mettez votre ceinture jeune monsieur Solo, et bon voyage au pays des merveilles. »

Ce qui suivit dut paraître bien flou au jeune Simbad, car à peine le chauffeur avait-il fini sa phrase, que le monde autour d’eux changea pour devenir une myriade de lumière et de couleur. Sans crier gare, le bus venait de s’arrêter en pleine mer, flottant littéralement sur des eaux sans fond à la manière d’un bateau sans coque.

« Ici nous serons mieux pour que je vous fasse comprendre. Personne ne viendra nous déranger, et la meilleure manière pour vous de vous découvrir, c’est d’expérimenter par vous-même. »

Le chauffeur n’avait pas pour habitude d’être en retard, pas plus qu’il n’avait l’habitude de faire des digressions avec ses passagers, mais celui-ci n’était pas tout à fait un passager lambda. Tout comme la potentielle d’Héra avant elle, celui-ci méritait bien un petit traitement de faveur.

« Savez-vous où nous sommes ? Ne cherchez pas un repère à l’horizon ou du réseau sur votre cellulaire, ces choses ne sont pas fiables. Ne pensez pas, ressentez. Où sommes-nous Simbad Solo ? »

Ouvrant alors de nouveaux les doubles portes de son auto bus, les embruns marins infiltrèrent l’intérieur de l’appareil posé sur l’eau, chargés d’émotion et d’histoire à la manière d’une mélodie audible uniquement par quelques rares élus.

Simbad pouvait-il les déchiffrer ? En son for intérieur, pouvait-il sentir sous ses pieds, à des centaines et des centaines de mètres de profondeur sous les eaux, les vestiges de ce qui fut jadis le pilier de l’océan indien ? Lui seul pourrait répondre à cette question, et avec sa réponse, celles du chauffeur suivraient.
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Simbad
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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Lun 22 Sep - 23:10



Plus le temps passait, plus Simbad commençait à se sentir à l'étroit avec cet être qui en savait BEAUCOUP TROP à son goût. Il tiqua à plusieurs reprises, tout d'abord sur cette manière qu'il avait de parler des "mortels", comme s'il était un être divin à part entière, ensuite sur son nom qu'il était sûr de n'avoir mentionné à aucun moment et qui devait rester secret, et d'autres détails tels que cette soi-disant télépathie... Il fronça les sourcils et son regard se fit plus sanguin.

Si le changement brutal d'environnement l'avait déstabilisé un instant, rien ne transparut sur son visage. C'était un des enseignements de sa nourrice terrienne : les gentilshommes savaient rester eux-mêmes en toutes circonstances, faire croire aux autres les émotions qu'ils jugeaient bon de laisser voir. Ainsi le blondinet se contenta d'ôter sa casquette et de passer une main dans sa longue crinière, décontracté.


"Puisque vous semblez tout savoir de moi, pourquoi poser des questions auxquelles vous pourrez répondre ? Et pourquoi m'exposer à des dangers que seule la mention de mon nom attire déjà sur moi ? Vous parliez d'une offre, je ne vois qu'une épreuve. Vous parliez d'un commanditaire, je vois alors un sous-fifre, ou au mieux un gradé qui prend un peu trop ses aises. Si vous ne souhaitez pas devenir le lapin toujours en retard, Cheschire, dites-moi qui est la reine de cette histoire. Sans savoir quelle porte emprunter, je ne souhaite pas manger ni boire. Je préfère les échecs aux contes, au moins les chances de s'en sortir sont les mêmes de chaque côté de l'échiquier, jusqu'à ce que le meilleur stratège choisisse ses pièces."

Croisant les bras d'un air insatisfait, Simbad attendit des réponses avec insistance, même si ce n'était pas tout. Tant qu'à se laisser entraîner, autant connaître les détails de l'aventure. D'un geste délicat, il sortit une nouvelle fois son téléphone de son abri et l'agita dans le rétroviseur intérieur du bus.

"Vous méprisez cet appareil car vos capacités vous permettent bien plus à ce que je devine. Certaines très anciennes stèles perdues au fond de l'Atlantique mentionnent des êtres de légendes, dont les poings seraient capables de fendre le ciel et les coups de pieds d'ouvrir la terre en deux, des êtres bénis des dieux et des déesses, à leur service et dévoués à leur protection à la fois. On les appelle globalement Chevaliers, mais ils ont divers noms suivant ceux qu'ils servent. Athéna gouverne les Saints, Hadès les spectres, et ainsi de suite. Voilà ce à quoi vous essayez de me faire croire, vos mots reprennent ceux de ces stèles, qu'on date de l'ère antique dans ses premiers fondements. Bien que la perspective d'être l'un d'eux m'exalte et m'enthousiasme, il y a une chose à laquelle je ne pourrais pas renoncer dans ce que vous appelez ma "vie d'autrefois". Et cette chose, c'est ce téléphone qui m'y relie. Ma famille. Rendue au plus grand secret pour sa protection, et donc difficile à contacter."

Dans un instant de recueillement, Simbad baissa les yeux sur l'appareil au creux de sa main. Étanche, conçu avec les matériaux les plus rares de l'époque, cette simple petite boîte lui assurait de pouvoir parler à sa mère, son père, sa vieille nourrice, Julian et même parfois Titis partout où il se rendait. D'une valeur inestimable non par son coût élevé, mais bien par le lien qu'il lui permettait d'entretenir, il ne permettrait à personne de l'en priver sans passer par la force. Lançant un regard de défi en ce sens au chauffeur indiscret, il le rangea, rabattit sa casquette sur sa tête, puis vint s'asseoir sur les dernières marches du bus au sec.

"Mes repères ne sont pas à l'horizon... Le fait que je sois océanographe à mes heures perdues n'a pas dû vous échapper."

Lentement, les yeux clos, avec une attention presque trop marquée, le jeune Solo caressa la surface de l'eau, en jugea la température, en goûta la salinité. Sans difficulté, comme le lui avait enseigné la sirène dévouée à Poséidon, il fit s'élever un cosmos de couleur lapis-lazuli autour de lui et le diffusa vers le fond de l'eau comme un radar. Il évalua ainsi la profondeur et la nature du fond marin.

"Nos instruments ne sont pas encore assez puissants pour détecter les ruines là-dessous... mais l'eau ne trompe pas, nous sommes dans l'océan Indien."

Sans même attendre de réponse, Simbad se redressa et se tourna de nouveau vers cet allumé trop bien informé.

"Parlons affaires maintenant. Détaillez-moi votre offre ou bien je me verrais contraint de la refuser d'un bloc. Je ne conclus jamais de transaction sans en connaître toutes les petites lignes."
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Le chauffeur

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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Ven 26 Sep - 16:34

« Hihihihi. Parce que c'est la réponse que vous me dites qui m’intéresse. Voyez vous, la manière qu'à quelqu'un de narrer sa propre vérité est parfois bien plus instructive que la vérité elle même. »

Ne pouvant retenir un petit rire devant l’agacement de son passager totalement prit au dépourvus, le chauffeur agissait cependant comme à son habitude, sans prendre même acte ou presque de la frustration du jeune Simbad concernant des points qui lui échappaient totalement.

*Aime contrôler, mais pas être sous contrôle, quoi de plus normal pour un prétendu seigneur de la terre. Hihihihi. Enfin, tant que Zeus le veux bien.*

Si le chauffeur pouvait comprendre que Simbad n’aimait pas être mené en bateau, ou plutôt en bus flottant d’un point à un autre du globe, le regard sanguin qu’il avait depuis la mention de son nom avait de quoi surprendre, d’autant qu’elle était parfaitement absurde.

« En danger ? Vous avez peur ? Peur de quoi ? Peur de qui ? Certainement pas de moi, et certainement pas des autres passagers ou de la gente aquatique nous environnant. Donc soit vous en savez bien plus que vous ne voulez l’admettre au sujet de votre héritage, soit votre paranoïa est déjà bien avancée pour quelqu’un d’aussi jeune. »

Peut-être était-ce tout simplement l’idée d’être transparent aux yeux de quelque chose qu’il ne connaissait ni n’appréhendait complètement ? Peut-être oui, mais alors comment son esprit arrivait-il a assimiler le voyage quasi instantané entre la Grèce et l’océan indien, et ne pas arriver à accepter le fait que certains pouvoir en ce monde rendaient l’idée même de secret illusoire ?

Si même de simples humains bien entraînés disposant d'un peu d'argent et d'un ordinateur arrivaient à savoir ces choses, comment des élus du plus grand pouvoir jamais accordé à l’homme ne le pourraient-ils pas ?

Le chauffeur devait-il en faire mention à voix haute ? Non, Simbad n’avait aucunement fait mention de telles choses, le chauffeur en ferait donc de même.

« Hahahahahahaha ! »

Riant aux éclats devant la comparaison l’associant au chat possédant le don d’ubiquité du conte de Carol Lewis, le chauffeur se reprit tant bien que mal avant de répondre.

« Moi, être en retard ? Allons, je ne suis pas le protagoniste de cette histoire jeune monsieur Solo. Je ne suis que l’instrument qui vous amènera selon vos souhaits à un tournant de la vôtre. Un simple exécutant d’une cause supérieur, un chauffeur, rien de plus. Si quelqu’un ici doit rater son train, ça ne sera pas moi. »

Le chauffeur en avait vu d’autre, c’était son travail après tout. Des potentiels énervés, tapageur, dangereux, agressif même par moment, il en avait vu des dizaines. Dans son bus, des hôtes divins comme celle d’Athéna et d’Arès étaient monté, alors le moins que l’on pouvait dire était qu’il avait passé l’âge de se soucier de l’humeur de ses passagers.

« Nous en reparlerons peut être quand vous en saurez plus sur vous et sur vos capacités. L’avenir que je viens vous offrir ne saurait s’encombrer d’une famille qui au final n’est peut-être pas tant la vôtre que vous le croyez. Mais qu’est-ce que j’en sais moi ? Vous en serez seul juge, le moment venu. Quand vous aurez compris que le monde ne saurait être assimilé a un jeu d'échec, que jamais les adversaires ne se battent à armes égales, mais chacun avec celles que leur ont donné le destin. »

Et enfin, après moults rechignements lui ayant plus fait perdre du temps qu’autre chose, Simbad se prêta au jeu et dévoila aux yeux du chauffeur un cosmos lapis-lazulis encore endormis, mais bien présent.

« Hum hum… »

*Décevant, mais j’imagine que c’est déjà bien étant donné les circonstances.*

Rajustant sa casquette sur son front, le sourire du chauffeur disparut un bref instant avant de revenir, plus éclatant que jamais.

« Et maintenant, vos réponses jeune homme. »

Le chauffeur s’entoura alors lui-même d’une aura étincelante à la couleur de l’émeraude, et les doubles portes de son bus se refermèrent juste avant que l’autobus ne reprenne sa route sur les eaux à un rythme effréné.

« Vous avez déjà connaissance de cela n’est-ce pas ? Ce pouvoir qui coule en vous, ne le niez pas. Vous savez déjà son nom, et savez même partiellement l’utiliser. Sachez que j’ai été envoyé par le dirigeant du seul endroit au monde où ceux qui comme vous partagent ce pouvoir peuvent apprendre à l’utiliser sans risque. Je viens d’un endroit en dehors de votre monde moderne, à jamais invisible aux yeux de ceux qui ne possède pas le pouvoir du cosmos. Un monde bien au-delà des lois de la physique, un monde où la mythologie n’a pas cessé d’être la réalité, un monde où les dieux et les monstres coexistent. Je viens d’un monde où tout est possible, un monde dont la porte d’entrée s’appelle Sparte, cité du cosmos bâtit par quatre visionnaires à la fin de la dernière guerre divine ayant failli coûter la vie à l’humanité toute entière, et l’offre que je suis venu vous proposer est simplement de vous y emmener afin que vous puissiez découvrir par vous-même votre véritable potentiel, celui de rejoindre et même de surpasser peut être ces êtres de légendes que les antiques stèles de pierre décrivent. »

Ne regardant même pas la route aqueuse que le véhicule enchanté suivait, sachant pertinemment où il allait et ce qui se trouvait devant eux, le chauffeur, tourné vers son hôte, sorti de la poche de sa veste son étui a cigare, et après en avoir pris un, l’alluma du bout de son doigt avant d’en tirer une bonne bouffée.

« Sachez que je ne me présente qu’une fois au cour d’une existence mortelle. Il n’y aura pas de seconde chance. Choisissez de stopper ce bus, et tout s’arrêtera. Après vous pourrez retourner à votre vie insignifiante, faire de beaux rêves, et pensez ce que vous voulez. Mais si vous choisissez de venir à la cité du cosmos, vous restez avec ce bon vieux Cheshire, et ensemble nous descendons au fond du terrier du lapin blanc. Le choix vous appartient. »
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Simbad
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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Ven 26 Sep - 22:45



Un instant, le regard du jeune homme se voila sous les ricanements de son extravagant hôte. Non de colère ni de vexation, pourtant légitimes, mais d'une tristesse blessée. Il parlait de peur, semblait prendre le danger à la légère. Mais si ce danger qu'évoquait Simbad n'était pas réel, pourquoi avoir grandi des années durant à l'écart de toute présence humaine étrangère ? Pourquoi un jour Julian était-il parti, et pourquoi l'avait-on ramené plus tard, blessé, amnésique, au moment même où toutes les chaînes d'informations du monde annonçaient des tempêtes sans précédent rongeant peu à peu le monde terrestre au profit des océans ? Pourquoi l'éclipse solaire qui était survenue peu de mois après avait-elle duré si longtemps, au risque de plonger l'humanité entière dans l'obscurité et le froid ? Il ne se souvenait que trop bien de ce jour où Titis avait tout avoué...


***


"Allez dis-moi ! Dis-moi ! Titiiiiiiiiiis, s'il te plaîîîîîîît !"

Haut comme trois pommes, émerveillé une fois de plus, le tout jeune Simbad avait décidé que, cette fois, il ne se laisserait pas conter fleurette. Sitôt la sirène surgie hors des eaux, avec pour surprise des colliers de coquillages et plusieurs journaux serrés dans un étui étanche, il s'était jeté sur sa jambe, agrippé à elle et n'avait plus lâché, comme une huître attachée à son rocher.

"Où il est Julian ? Pourquoi il revient pas ? Pourquoi tu portes ses messages ? Tu es son amoureuse ? Il est malade ? Ou encore trop occupé...
-Combien de fois faudra-t-il que je le répète, je ne peux pas le dire ! Et lâche-moi tu vas finir par te faire mal !
-Non ! Non ! NON ! J'ai entendu Père et Mère ! Ils disent sans arrêt que Julian a pris une décision difficile mais qu'il a eu raison, qu'il faut préserver notre héritage, et que je comprendrai un jour même si c'est dur pour le moment. Mais je veux savoir tout de suite moi !
-Tu es trop jeune pour cela, tu n'as même pas atteint l'école primaire. Laisse-moi partir où je devrais user des grands moyens !
-Ah oui ! Essaie pour voir !"

Sans se démonter, la marina avait dirigé vers ses pas vers la mer, traînant son poids mort avec elle. Simbad n'avait pas desserré les dents en sentant l'eau froide inonder ses vêtements, ni lui monter progressivement jusqu'aux épaules. Titis le toisa avec agacement, certaine qu'il finirait par lâcher si elle lui faisait prendre un petit bain, comme ceux que parfois il subissait en essayant de la suivre. Borné, l'enfant inspira à fond, gonfla ses joues et lui lança un regard de défi. Alors, elle plongea. Retrouvant plus d'aisance sous les eaux, elle se mit à nager de plus en plus profondément, et même si le sel lui piquait les yeux, Simbad ne lâcha pas. Elle alla plus loin, plus profondément. Il consentit à la libérer d'un bras pour se plaquer une main sur la bouche, persuadé que cela retiendrait plus d'air. Il n'avait jamais pu s'expliquer cette capacité que semblait posséder la sirène à respirer si longtemps sous l'eau. Titis remonta alors, fit un court saut au-dessus de la surface pour qu'il respire, puis replongea sous l'eau et s'aventura auprès des poissons, des algues, allant jusqu'à lui désigner la fine silhouette d'un requin. Mais que diable faisait un requin si près de leur île ?!? La soudaine peur du prédateur, qu'il savait parfois mangeur d'Hommes, fit resserrer davantage sa prise à l'enfant, jusqu'à ce que ses forces finissent par l'abandonner et que la sirène soit contrainte de le remonter à l'air libre afin d'éviter la noyade.

"Sacré galopin ! Tu es un coriace, mais tout de même, tu te surestimes. Ça va ?"

Après avoir recraché la tasse salée, Simbad sourit.

"Je savais que... tu ne le ferais pas. Grand frère... ne le permettrait pas. Et tu es gentille..."

S'attendant à tout sauf à cette réponse, Titis le dévisagea un instant, qu'il mit à profit pour retrouver son air, se frotter les yeux et s'accrocher au bras qu'elle lui tendait comme une bouée.

"Grand frère est un héros pas vrai ? Il fait des choses bien. Il protège la mer. Il l'a écrit dans une lettre. Il a dit qu'il parcourait la mer et en cachait ses trésors... C'est un pirate ? Il attaque des navires et bat les méchants ? Tu crois que je pourrais l'aider ? Comme Peter Pan ? Tu crois que je pourrais trouver des trésors moi aussi ? Et quand on sera riches, on offrira un voyage à Père et Mère ! On engagera les meilleurs gardes du corps et... Non, en fait on a déjà les meilleurs. Les dauphins qui nous ont sauvés du naufrage.
-Tu aimes beaucoup ton frère, pas vrai ?
-Bien sûr ! C'est mon frère ! C'est normal de s'aimer !
-Eh bien, ce n'est pas un pirate. Il protège les océans et les mers du monde...
-Avec les dauphins ?
-...avec les dauphins oui, mais pas seulement. Il sait parler à touuus les poissons et les mammifères marins du monde. Et même... Tu sais garder un secret ?
-Oui ! Bien sûr !
-C'est leur roi. Leur dieu. Ils lui obéissent tous et ils l'aiment beaucoup."

Le cadet avait alors ouvert de grands yeux émerveillés. Titis tenta de lui expliquer la mythologie, les dieux, les guerres. Il ne comprit pas tout, trop jeune encore, mais promit de travailler très dur pour y arriver et aider son frère. Il aimait l'océan, il aimait les poissons, il aimait aussi Titis comme une grande sœur d'adoption et son acharnement à comprendre la mena un jour à lui parler du cosmos, des Chevaliers, et de la lignée des Solo au sein d'Atlantide et depuis. Cette lignée dont le nom, connu même des autres dieux, était le pilier de résurrection de Poséidon, et que l'on devait désormais enfermer au secret pour éviter qu'un de ses membres ne soit tué prématurément et empêche le retour de l'Ebranleur de terre.


***


"Ce n'est pas pour moi que j'ai peur en vérité... Les Solo sont garants d'une partie du monde par leur sang. Une partie non négligeable puisque l'un des trois grands régisseurs du monde s'y abreuve. Et cela a bien failli coûter la vie à mes parents, mon frère et moi-même. Ma famille. Et celle de notre dieu tutélaire..."

Simbad sentait bien que ses propos n'atteignaient pas le vide. Sous ses airs faussement concernés, "le simple exécutant" le jaugeait, attendait qu'il se dévoile lui-même. Il connaissait déjà tout du monde dans lequel il invitait son passager, mais pas l'inverse. Testait-il sa résistance à la colère ? Sa patience ? Sa ruse ? Puisqu'il était monté dans ce bus, le descendant Atlante décida de s'y jeter à pieds joints. Son identité connue, il n'avait pas plus de raison de se cacher.

"Le règne de mon frère s'est achevé dans le sang et la destruction. Poséidon s'en est allé dans un sommeil de deux cents ans, cependant, il n'est pas mort comme il aurait dû, terrassé par Athéna elle-même. Il n'est pas mort. Alors, si je le peux, je vais l'aider à redevenir celui que l'Empereur veut. Peut-être y a-t-il une chance que, tout comme le corps de mon frère, l'âme du dieu soit encore vivante, quelque part, prête à remonter sur son trône. Peut-être pourrais-je l'aider à comprendre ses erreurs et à les corriger. Peut-être..."



Simbad, persuadé que le chauffeur lui prêtait une oreille attentive, fut surpris tout à coup par la brusque embardée du bus. Le démarrage fut si vif qu'il en tomba à la renverse sur les fesses, le dos amorti par son sac, la casquette volant au sol. Le choc toutefois ne fut pas des plus ordinaires : le cosmos lapis-lazuli s'échappa de nouveau de lui, provoquant une secousse violente qui fit piler le véhicule un moment et exploser chacune de ses vitres en milliers d'éclats. Le vent s'engouffra alors pleinement dans l'habitacle alors que son chauffeur prenait une pose décontractée pour lui parler, sans même regarder devant lui. Ce fut au tour de Simbad d'écouter avec attention son récit comme s'il lui présentait un autre monde digne d'un film de science-fiction, comme s'il devenait l'élu d'une quelconque prophétie. L'enfant des mers tenta de maîtriser son imagination débordante, trop nourrie de littérature, pour se concentrer sur les faits qu'il pouvait véritablement accomplir. Son cosmos, son amour de la mer, Poséidon, les Chevaliers, tout lui sembla soudain possible à portée de main, là, dans ce bus surnaturel qui voguait à toute allure.

"Sparte, cité de la Guerre..."

Un sourire naquit peu à peu sur ses traits tandis qu'il se redressait en s'accrochant aux sièges autour de lui. Le vent éparpilla sa chevelure comme un sillon doré auréolant un saint. Avant même qu'il ne s'en rende compte, dauphins et poissons volants s'étaient mis à nager autour du bus comme une haie d'honneur. Il crut même voir au loin un banc de sirènes qui les suivaient, à distance respectable mais sans laisser l'écart se creuser, en nageuses numéro un des océans qu'elles étaient.

Il ne vit pas à cet instant que son propre cosmos se diffusait autour de lui en vagues amples. Il ne sut pas qu'avec ses espoirs, de vieilles légendes avaient revu le jour. Il ne comprit pas que son énergie ralentissait volontairement le véhicule pour permettre à l'océan de ne faire qu'un avec lui. Il ne fit qu'entendre tout au fond de lui comme un murmure qui l'appelait vers sa destinée.

Et lorsque le bus atteignit la cité sacrée, épuisé, il avait sombré dans un profond sommeil, sourire aux lèvres, non sans avoir profité du plus mystérieux des mondes, bien réels, que comptaient la Terre.
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MessageSujet: Re: [Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil   Mar 30 Sep - 15:26

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[Port du Pirée, Grèce] Le continent après l'exil
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